L’écrivain reconnaît avoir plagié des textes d’auteurs reconnus il y a une dizaine d’années, et évoque « des erreurs inacceptables ». Il dément en revanche avoir écrit son dernier livre à l’aide de l’IA.
Culture 13/10/2026 15:54 Actualisé le 13/10/2026 19:37
L’écrivain reconnaît avoir plagié des textes d’auteurs reconnus il y a une dizaine d’années, et évoque « des erreurs inacceptables ». Il dément en revanche avoir écrit son dernier livre à l’aide de l’IA.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

JOEL SAGET / AFP
L’écrivain, poète et romancier Thelyson Orelien pose lors d’une séance photo à Paris, le 8 septembre 2026.
Un vif démenti, accompagné d’un mea culpa. Dans un texte transmis à l’AFP, l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a reconnu ce mardi 13 octobre avoir plagié des auteurs reconnus, après son arrivée au Canada en 2010. Il admet avoir « commis des erreurs inacceptables » qu’il « regrette profondément », et présente ses excuses.
Depuis la fin du mois de septembre, l’écrivain de 38 ans est accusé de plagiat pour des textes qu’il avait écrits il y a plus de dix ans. Sont notamment concernés sa nouvelle « Où va le monde », publiée en 2014 et qui avait reçu le prix du public de Radio Canada, et une chronique dans le quotidien québécois La Presse, publiée en 2013.
Ces plagiats ont été révélés alors que des médias canadiens enquêtaient sur d’autres accusations visant le dernier livre de l’écrivain, « C’était ça ou mourir », initialement sélectionné pour le prix Goncourt. Thélyson Orélien est en effet accusé, notamment par le compte X « Balance ton Claude », d’avoir recouru massivement à l’intelligence artificielle (IA) pour écrire cet ouvrage.
Jusqu’à présent, le romancier n’avait pas répondu explicitement à ces accusations. Il affirme désormais avec force qu’« aucune phrase » de son dernier roman « n’a été créée » par une IA.
« Ce roman, je l’ai écrit moi-même »« On dit que “C’était ça ou mourir” a été rédigé par une intelligence artificielle. C’est une calomnie et une hérésie. J’ai eu recours çà et là à des outils pour des recherches (...) Mais aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine », écrit Thélyson Orélien.
« Ce roman, je l’ai écrit moi-même. Il vient de mes blessures et de celles des autres migrants. Cette blessure de l’exil dont on ne guérit pas. Ce roman en est le fruit, c’est le fruit de mon travail, c’est ma création », ajoute-t-il.
L’auteur indique avoir commencé à l’écrire « à l’automne 2017, sur un coin de table » au Québec, où il vit depuis 2010 après avoir quitté Haïti. « J’ai terminé un premier jet de ce texte en 2019 », précise-t-il, sans toutefois apporter d’éléments pouvant le prouver.
Ces accusations ont porté un sérieux coup à la carrière du romancier. Son dernier livre, initialement sélectionné pour le prestigieux prix Goncourt a été retiré de la liste. Son éditeur canadien, Les éditions du Boréal, a annulé la tournée promotionnelle du roman. Sa tournée en France a aussi été interrompue. L’écrivain avait depuis regagné le Québec, où il était resté silencieux.