Le poète québécois d’origine haïtienne est accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour son roman « C’était ça ou mourir », une rumeur immédiatement relayée par la fachosphère. Ce n’est malheureusement pas la première fois que des accusations de cet ordre visent des auteurs étrangers noirs.
Il y a décidément un fond de l’air très, très inquiétant… A peine le prix du roman Fnac attribué au magnifique « C’était ça ou mourir » (Grasset), qui raconte l’odyssée dantesque d’un migrant, voilà son auteur Thélyson Orélien attaqué, et ce, de la plus vile manière. Ce lundi 21 septembre, le compte X « Balance ton Claude », anonyme et ne comptant jusqu’alors pas plus d’une centaine d’abonnés, affirmait avoir passé le livre à la moulinette de Pangram, un outil de détection de l’intelligence artificielle (IA), et découvert qu’il était « 100 % IA ». Une affirmation qui a enflammé les réseaux sociaux, a été relayée par plusieurs comptes réactionnaires, a fait l’objet d’un article du magazine « Valeurs actuelles » titré « Littérature artificielle » et est aujourd’hui reprise partout dans les médias, avec une espèce de fascination pour les chiffres, les statistiques et les probabilités d’erreurs des algorithmes.
La victime était trop belle ! Thélyson Orélien est un écrivain noir, québécois d’origine haïtienne… Derrière les accusations de tous ces nouveaux inquisiteurs, on revoit affleurer les bons vieux réflexes essentialistes et racistes : comment, les « indigènes » sauraient donc écrire ? L’écrivain, vict…
Article réservé aux abonnés.
Se connecter
OFFRE DE RENTRÉE
À partir de 2,99€/mois
S’abonner