Spécialiste en intelligence artificielle, Benoît Raphaël avait lu « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien (Grasset) avant la polémique sur l’éventuel recours à l’IA par son auteur. Il dit y avoir alors décelé la marque de l’IA. Il s’en explique.
Thélyson Orélien, le 1ᵉʳ juin 2026. JEAN-FRANCOIS PAGA/OPALE.PHOTO
Pour avoir collaboré plusieurs fois avec « le Nouvel Obs » sur l’IA, en écrivant avec Claude le dernier chapitre de « Bouvard et Pécuchet » de Flaubert par exemple ou en se livrant à un défi littéraire avec Hervé Le Tellier, via l’intelligence artificielle, Benoît Raphaël s’est beaucoup interrogé sur les rapports entre IA et création littéraire. Il a donc naturellement suivi la polémique lancée à propos du livre de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, « C’était ça ou mourir » (Grasset, prix du roman Fnac 2026) : celui-ci a été soumis à un logiciel d’analyse de textes, Pangram, qui a détecté la présence de l’IA dans le style de l’auteur. Que faut-il en penser ? Selon Benoît Raphaël, qui anime la newsletter « Génération IA », il est peu probable que l’IA se trompe. Raphaël a refait les tests lui-même, en y ajoutant d’autres textes d’Orélien, tests que l’on peut découvrir en ligne. Voici ses explications.
Que pensez-vous de cette affaire ?Benoît Raphaël. D’abord, je l’avais lu, ce livre, à la fin de l’été. Il m’est tombé des mains parce que j’y trouvais trop de marqueurs de l’IA. J’avais d’ailleurs envoyé le texte à une amie, le 24 août – je peux vous montrer les captures d’écran. Je lui ai demandé :…
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