Un édito de François Mathieu ...
Depuis quelques années, et avec une acuité particulière ces derniers mois, une petite musique monte : la dette belge approcherait d'un point de non-retour. C'est vrai, la hausse lancinante des taux d'intérêt a de quoi inquiéter, surtout dans le contexte budgétaire belge. L'effet boule de neige guette. Emprunter coûte de plus en plus cher pour financer nos besoins : la dette grimpe, la charge d'intérêts s'alourdit, le déficit se creuse, et la spirale s'accélère. Difficile à inverser.
C'est, pourtant, une "bonne nouvelle". Non que la situation ne soit pas préoccupante — elle l'est. Et pas un peu. Mais elle l'est à un point tel qu'elle contraint nos exécutifs, celui de l'Arizona en particulier, à remettre les finances publiques sur les rails. On peut gloser sur les raisons de cette dette, et l'incurie des précédents gouvernements. En matière de dépenses publiques ces vingt dernières années, le moteur principal de notre dette reste l'incapacité à absorber la hausse "naturelle" des dépenses de pensions et de soins de santé liée au vieillissement. Il n'en reste pas moins que la situation budgétaire est alarmante. Et, comme en 2010, le déclic pourrait venir des marchés. Souvenons-nous, à la fin des années 2010, la flambée des taux au-delà de 6 % avait poussé les élus à former un gouvernement après plus de 500 (!) jours de crise. Nous ne sommes plus très loin de provoquer l'ire des marchés, aujourd'hui. Et c'est une bonne nouvelle, disions-nous. Elle forcera nos responsables à conclure des accords politiques, aussi sensibles soient-ils. Personne ne comprendrait qu'ils se dérobent. La situation est telle que l'accord devra briser quelques tabous, notamment en matière de dépenses. Depuis des années, on nous assure qu'il n'y aurait aucun tabou pour résoudre l'équation budgétaire. On y a cru. À tort. Les partenaires de la coalition Arizona n'auront plus le choix, sauf à reporter l'essentiel de l'effort sur le prochain exécutif. Les marchés ne sont pas stupides : cela se verrait. Les décisions ne pourront donc pas constituer de simples mesures de bricolage. D'autant plus que la période des taux très bas, qui a aussi favorisé cette hausse des dernières années des dépenses publiques, n'est pas près de repointer le bout du nez.
La dette de l'État fédéral a atteint plus de 550 milliards fin décembreLes mots "bonne nouvelle" sont évidemment teintés d'ironie. Le revers de la médaille, c'est une douleur budgétaire vive. On nous y prépare depuis longtemps. Le tout est que l'effort soit équitablement réparti.
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