Présent lundi 12 octobre à Limoux pour la mise en service du premier car 100 % électrique sur la ligne Carcassonne/Axat, le vice-président de la Région en charge des mobilités est revenu sur la dernière réponse du...
Présent lundi 12 octobre à Limoux pour la mise en service du premier car 100 % électrique sur la ligne Carcassonne/Axat, le vice-président de la Région en charge des mobilités est revenu sur la dernière réponse du ministère des Transports, sollicité par le député audois RN, sur la question des responsabilités pour les travaux sur le tronçon Limoux/Quillan.
En lançant lundi 12 octobre 2026 le 1er car 100 % électrique sur la ligne 402, qui relie Carcassonne à Axat, la Région Occitanie soulignait sa volonté de "verdir" sa flotte. Mais c’est aussi l’intermodalité que Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des mobilités, a vantée. Avec, sur le prospectus listant les mérites du car "zéro émission", un rappel : "La ligne 402 Express est une offre complémentaire à la ligne ferroviaire Carcassonne-Quillan." Pas de faute de frappe, ni de hasard.
Mais bien une occasion de rappeler que, malgré la fermeture de la circulation ferroviaire depuis 2018, la régénération du tronçon Limoux/Quillan n’est pas enterrée. Un sujet suffisamment d’actualité pour que le député Rassemblement national de la 3e circo, Julien Rancoule, s’en saisisse avec une précision horlogère. Le 29 juillet 2025, sa question écrite n° 9 172, "Suspension du projet de réouverture de la ligne TER Limoux-Quillan", interpellait le ministre des Transports afin de savoir, "dans un souci de clarté et de transparence, […] si l’État s’est effectivement désengagé de ce projet, ou si la région Occitanie reste seule décisionnaire quant à la poursuite des travaux de réouverture […]". Bis repetita le 11 août 2026, avec la question n° 17 722, pour demander à l’État de "confirmer" qu’il "a bien respecté l’ensemble de ses engagements financiers contractualisés concernant la ligne Limoux-Quillan".
À lire aussi : 10 ans de politique ferroviaire en Occitanie : le succès du sauvetage du Train jaune, l'échec de la ligne Limoux-Quillan
Dans ses réponses, le gouvernement a le mérite de la constance. D’abord le 9 septembre 2025, pour assurer que la Région "a suspendu le projet pour des raisons budgétaires". Ensuite le 29 septembre 2026, sur la mobilisation de 5 M€ pour la poursuite des travaux de régénération sur Carcassonne-Limoux, et de 2 M€ pour le financement d’études sur la section Limoux-Quillan : "En raison de la suspension du projet par la région Occitanie, ces crédits n’ont, à ce jour, pas été programmés, faute de pouvoir réunir l’ensemble des financements prévus par le volet mobilités du CPER (contrat de plan Etat-Région, Ndlr). Il ne s’agit en aucun cas d’une suppression des financements que l’État s’est engagé à consacrer à ce projet, qui pourront être mobilisés dès que la région Occitanie, cofinanceur principal de ces travaux, aura confirmé sa participation financière."
J’ai trop de cheveux blancs pour ne pas comprendre son petit jeu
De quoi, on s’en doute, satisfaire l’élu RN. Qui relayait, dès le lendemain de la publication de la réponse du ministre des Transports, le sujet sur ses réseaux : "La réponse est claire : les crédits de l’État sont toujours disponibles. Ils n’ont été ni supprimés, ni abandonnés. […] La Région doit maintenant répondre à une question très simple : a-t-elle, vraiment l’intention de réouvrir ce tronçon ou n’est-ce qu’une posture politique pour plaire à ses alliés communistes ?" Dans sa quête de vérité, le député a "oublié" de solliciter la Région. Lundi, à Limoux, Jean-Luc Gibelin découvrait, à mi-chemin de la lassitude et du dépit, la réponse du gouvernement. Passant très vite sur les inquiétudes du député : "J’ai trop de cheveux blancs pour ne pas comprendre son petit jeu."
Avant de poser une réalité : "Les frais d’étude n’ont tout simplement pas été activés par l’État, ils n’ont pas ouvert de ligne budgétaire pour ça." Un préalable aux travaux alors que, souligne le vice-président, "SNCF Voyageurs est en capacité de faire des propositions concrètes pour circuler sur la ligne Limoux/Quillan". Un tronçon en amont duquel, rappelle l’élu, "nous continuons à expérimenter des solutions comme la Draisy", train léger alimenté par batteries électriques : "Si on ne considérait pas ce territoire comme d’intérêt, et que nous n’avions pas l’ambition de réouvrir Limoux/Quillan, on ne ferait pas ces expérimentations ici."