Face à la journée de contestation prévue ce samedi 17 octobre, Sébastien Lecornu déclenche une cellule interministérielle de crise. Entre craintes de débordements et tensions autour du pouvoir d’achat, Matignon et...
Face à la journée de contestation prévue ce samedi 17 octobre, Sébastien Lecornu déclenche une cellule interministérielle de crise. Entre craintes de débordements et tensions autour du pouvoir d’achat, Matignon et Beauvau ajustent leur dispositif pour anticiper une mobilisation hétéroclite.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule interministérielle de crise (CIC) en vue de la mobilisation sociale de samedi 17 octobre, a appris l’AFP ce vendredi 16 octobre auprès de Matignon. La réunion se tiendra au niveau des directeurs de cabinet.
La CIC réunit les directeurs de cabinet du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur et des autres membres du gouvernement concernés.
Le Premier ministre a déjà activé ce dispositif à plusieurs reprises en 2026. Il a présidé une CIC au ministère de l’Intérieur le 20 juin pour l’épisode de canicule, puis en a réuni une autre le 1er octobre après la multiplication des incidents liés aux blocages de lycées. Contrairement à celle du 20 juin, la CIC convoquée pour le 17 octobre se tient au niveau des directeurs de cabinet, selon Matignon.
Qui appelle à manifester samedi 17 octobre ?Le 17 octobre agrège plusieurs colères. Des réseaux de gilets jaunes relaient depuis début septembre un appel centré sur le pouvoir d’achat, le prix des carburants et le coût de la vie. Les lycéens, mobilisés depuis la mi-septembre, espèrent y retrouver des agriculteurs et des soignants.
Toutes les organisations n’ont pas confirmé leur présence. La CGT a fait savoir qu’elle partageait les revendications et serait là où les conditions seraient réunies, tandis que d’autres syndicats n’ont pas officialisé leur venue. Samedi marque aussi le premier jour des vacances scolaires de la Toussaint, un calendrier qui pourrait peser sur la présence des lycéens.
"A ce stade, environ 500 actions sont envisagées et plus de 90 manifestations sont en cours de structuration" pour la journée de demain, annonce à franceinfo l'entourage de Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur. "Dans ce cadre, des débordements sont anticipés, dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes, que la mouvance d’ultra gauche constituée en bloc cherchera probablement à faire dégénérer par des actions habituelles de prise à partie des forces de l’ordre et de tentatives d’exactions sur les parcours", redoute encore encore l'entourage du ministre de l'Intérieur.
Selon Euronews, plus de 6 800 personnes, dont 86 % de mineurs, ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dans un article du 14 octobre qui n’en précise pas l’origine. Le 6 octobre, le ministère de l’Intérieur faisait état de plus de 6 000 personnes interpellées, dont plus de 5 000 mineurs. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert 36 enquêtes, selon le premier de ces articles.