Les prix des carburants atteignent des records en moyenne en France avec 2,41 euros en moyenne pour le gazole et 2,20 environ pour l’essence. Face à la crise énergétique qui se dessine, le gouvernement est sur le front toute cette semaine.
Une pancarte annonce une rupture de stock de carburants à Balma près de Toulouse, le 18 septembre 2026. FREDERIC SCHEIBER / HANS LUCAS VIA AFP
Des files d’attente à perte de vue dans les stations-service proposant les prix les moins chers, des déplacements calculés au mètre près… Les prix à la pompe flambent ces derniers jours atteignant des niveaux exceptionnels. Dimanche 20 septembre, le gazole avoisinait les 2,41 euros en moyenne contre 2,18 euros pour le SP95-E10 et 2,28 euros pour le SP98. Tous les regards se tournent alors vers le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le couple exécutif se déploie cette semaine pour tenter de calmer la grogne sociale sur les carburants.
• BlocagesLa flambée des prix alimente une grogne sociale qui s’est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée.
Plusieurs candidats à l’Elysée ou responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type Gilets jaunes, qui protestaient à l’époque contre la hausse d’une taxe sur les carburants. Cette fois-ci, la hausse des prix tient à une guerre lointaine, assure pourtant l’exécutif.
• Difficultés d’approvisionnementLe nombre de stations-service connaissant des difficultés sur le gazole où l’essence a augmenté ces derniers jours, selon un site du gouvernement dédié. L’exécutif pointe notamment des risques pour le jet-fuel (kérosène) utilisé par les compagnies aériennes, ou le gazole, très consommé en France, tandis que la question du gaz pourrait se poser à l’approche de l’hiver.
Le Premier ministre « réfléchit à une séquence énergétique sur l’ensemble de l’hiver qui soit soutenable budgétairement » et « s’inscrit dans le temps long », souligne son entourage.
Emmanuel Macron multiplie pour sa part les contacts diplomatiques pour trouver des routes alternatives aux hydrocarbures qui transitaient par des détroits (Ormuz et Bab el-Mandeb) désormais affectés par la guerre. Il a ainsi rencontré dimanche à Saint-Pierre-et-Miquelon le Premier ministre canadien Mark Carney, gros producteur de pétrole et de gaz.
« Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié […] sont importants pour notre Europe et contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays », a souligné Emmanuel Macron.
• Réunions à Matignon, interview de MacronCette semaine le couple exécutif s’active sur le sujet. Le Premier ministre ouvre le bal. Sébastien Lecornu tiendra ce lundi 21 septembre deux réunions à Matignon avec des ministres. La première aura lieu le matin avec les directeurs d’administrations centrales sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, perturbés par une guerre au Moyen-Orient qui s’éternise. La seconde, l’après-midi, sera dédiée à « l’accompagnement à court et moyen terme » des Français face à l’envolée des prix à la pompe.
Emmanuel Macron sera, lui, interviewé jeudi à 20 heures par TF1 et France 2, dans un contexte où le chef de l’Etat multiplie les alertes sur les tensions géopolitiques, qu’il s’agisse de la Russie ou du Moyen-Orient.
Il a déjà réuni vendredi les chefs de parti ou candidats à la présidentielle à l’Elysée puis tenu dans la foulée une conférence de presse, dressant un tableau durable de la menace « hybride » russe et de la crise des prix du carburant.
• Vers de nouvelles aides ?Dans cet environnement international très contraint, le gouvernement étudie les modalités de nouvelles aides pour compenser les prix à la pompe. Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques, avec un endettement qui s’annonce record l’an prochain et des taux d’intérêt qui grimpent.
Le gouvernement a déjà prolongé jusqu’à la fin de l’année les aides aux secteurs les plus exposés, notamment l’agriculture, le BTP et les pêcheurs. Mais il n’a rien dit encore sur le devenir de l’aide aux « gros rouleurs », à laquelle seule une petite moitié des trois millions de Français éligibles ont eu recours.
Plusieurs ministres ont garanti que ce soutien ne disparaîtrait pas le 30 septembre, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon évoquant un « nouveau dispositif d’aide pour les Français qui travaillent » à compter du 1ᵉʳ octobre.
Mais il ne s’agit que d’une des pistes étudiées, alors que l’exécutif insiste sur les problèmes d’approvisionnements à venir, exposant au passage les dépendances de la France toujours très grandes aux énergies fossiles importées.
Par Service Actu (avec AFP)