Chaque dimanche d’été, Midi Libre Nîmes sort des sentiers battus et vous propose un itinéraire de randonnée dans un lieu habité d’Histoire ou de légendes. Direction les Cévennes et le lac des Pises.
Chaque dimanche d’été, Midi Libre Nîmes sort des sentiers battus et vous propose un itinéraire de randonnée dans un lieu habité d’Histoire ou de légendes. Direction les Cévennes et le lac des Pises.
Attention, ici, pas de baignade ou de bivouac autorisé. Vous êtes en plein cœur du Parc national des Cévennes, ce qui impose le plus grand respect de la faune et de la flore. Mais la beauté du site, sa quiétude et la magnificence de son ciel étoilé la nuit suffisent à en faire l’un des plus doux paradis du Gard. L’un des plus beaux spots de randonnée aussi, au cœur de la belle et pourtant méconnue vallée du Lingas.
Le lac de Pises a pourtant failli avoir une autre destinée. Ce plan d’eau artificiel de 13 hectares, c’est d’abord une histoire folle, celle d’un homme, Michel Azémard, qui au début des années 60, entreprend, seul, la construction d’un barrage sur le Lingas, petit ruisseau qui serpente sur ses terres familiales. "Un travail de titan", rappelait Midi Libre en 1997, au lendemain de la mort de cet homme à la vie romanesque. Il lui aura fallu 18 mois pour façonner ce paysage de grand lac, destiné à faire de la vallée du Lingas un joyau… touristique. Michel Azémard projetait d’y implanter une base de loisirs et un vaste complexe résidentiel. Il y aurait encore les vestiges d’un aérodrome où Azémard lui-même s’est posé à maintes reprises.
Mais en 1970, le Parc National des Cévennes (PNC) a été créé, interdisant toute construction dans cet espace protégé. "Ne restait plus alors à Michel Azémard qu’à vendre au Parc le domaine familial, en y laissant le barrage et son superbe plan d’eau", lit-on encore dans ce même Midi Libre de 1997.
Propriété du Département depuis 2018Depuis, le PNC a protégé le site, des travaux de rénovation du barrage ont même été menés en 2012… mais d’autres s’imposaient et, plutôt que de détruire l’ouvrage ou de raboter sa hauteur – ce qui aurait abaissé la surface en eau d’au moins 30 % –, faute de moyens, les 72 hectares d’espaces naturels avoisinant le lac ainsi que le barrage ont été vendus en 2018 au Département du Gard qui a pu œuvrer à sa survie.
C’est ainsi que l’on peut encore venir, à la fraîcheur des 1 300 mètres d’altitude, se promener autour du lac, posé entre forêt cévenole et grandes étendues semblables aux steppes eurasiennes. La balade se mérite d’abord… pour accéder au point de départ. Depuis le col du Minier, sur la RD48 qui mène de Bréau-Mars à L’Espérou (ou l’inverse), il faut suivre une petite route forestière sur 5 km.
On peut aller jusqu’au parking du lac des Pises, qui permet de suivre un sentier sous les arbres, sur 1,5 km, et d’accéder directement au plan d’eau sans aucune difficulté. Mais on a préféré, ce jour-là, se garer quelques centaines de mètres en amont, pour entamer une boucle de 6,5 km* qui permet de faire un plus grand tour du lac, en empruntant d’abord un agréable sentier forestier balisé qui mène, grâce aux balises de couleur jaune, jusqu’à la rive nord.
Des chemins mènent au bord du lac.
L.T.
En contournant le plan d’eau par sa droite, on rejoint le parking pour prendre, non pas le chemin le plus direct, mais un petit sentier qui monte en pente douce et offre au 3e kilomètre un point de vue splendide sur le lac. On peut se poser là, avec le pique-nique tiré du sac, en profitant du paysage mais aussi des papillons qui virevoltent, de la stridulation des criquets et sauterelles. Ou garder la pause déjeuner pour plus tard, en redescendant par un chemin qui, un peu plus loin sur la gauche, amène jusqu’à l’observatoire, connu dans le monde (entier) de l’astronomie pour avoir découvert une centaine d’astéroïdes.
De là, un sentier amène au bord du lac puis au barrage. Un dernier œil sur le plan d’eau – voire une pause plus longue sous les hêtres qui offrent une ombre salutaire, autant en profiter – et on replonge dans la forêt après être passé sous le barrage, ce qui permet au passage d’admirer le travail de Michel Azémard.
On peut faire le tour du lac et redescendre dans la forêt, sous le barrage.
L.T.
Pour revenir au point de départ, on suit un chemin dans une zone de tourbière, aménagée avec des petits ponts, à la fois pour cheminer sans difficulté et, là aussi, pour protéger la faune et la flore. Interdit de sortir du sentier.
Le parcours, sans trop de difficulté – à peine une centaine de mètres de dénivelé –, peut se faire rapidement, pour les traileurs ou les randonneurs les plus rapides, mais en ces lieux où le temps semble s’être arrêté, il est conseillé de profiter pleinement de cet océan de quiétude.