Cela leur en coûtait d'importer le soja comestible du Brésil, alors ils ont voulu le produire eux-mêmes. Au moyen d'une machine encore très rare en France, des éleveurs d'Ariège et des départements alentour s'offrent...
l'essentiel Cela leur en coûtait d'importer le soja comestible du Brésil, alors ils ont voulu le produire eux-mêmes. Au moyen d'une machine encore très rare en France, des éleveurs d'Ariège et des départements alentour s'offrent désormais le luxe de faire fonctionner le circuit court. À la fin de la boucle, l'environnement et le porte-monnaie des agriculteurs s'en retrouvent assainis. Ils nous ont présenté leur bijou tout neuf.
Après leur journée de travail au sein de l'Ehpad de la résidence Les Belissens à Foix, en Ariège, une toute autre journée commence pour Solène Pelcat, Stéphanie Belair et Cyril Sauniere. En dehors de leurs fonctions d'aides-soignants, ils occupent désormais les postes de secrétaire, trésorière et président de l'association "Plus de vie à Belissens".
Créée en 2019, l'association permet d'organiser des activités au sein de la structure de santé. Année après année, l'association s'essouffle. "Les bénévoles étaient surtout des membres des familles. Avec le Covid, beaucoup d'entre eux ont perdu leur femme, leur mère, leur sœur... Ils faisaient ça pour leurs proches."
Jusqu'au mois dernier. L'ancien bureau dévoile l'ordre du jour de sa dernière assemblée générale, prévue le 24 septembre, durant laquelle la dissolution de l'association serait abordée et réalisée, faute de reprise. Pour Cyril, c'est le déclic. Anciennement employé au sein de l'Ehpad de Massat en tant que coordinateur des soins et de l'animation, et plus anciennement animateur chez les Francas, il ne pouvait pas concevoir la disparition de l'organisation. "C'était l'occasion de retrouver le petit peps qui me manquait. Je voulais être bénévole actif."
La reprise vécue comme une courseLe projet en tête, il en parle à sa collègue Solène et l'embarque avec lui. Mais pour reprendre le bureau, il fallait un minimum de trois personnes. "Nous avons appelé Stéphanie et, la pauvre, nous ne lui avons pas laissé le choix", dépeint Solène. Le jour J, la passation se fait. En une heure, l'ancien bureau a présenté sa démission pour laisser place à la nomination de Solène, Stéphanie et Cyril.
Cette relance n'a toutefois rien d'une promenade de santé : elle s'est vite apparentée à une course contre la montre. "Nous ne savions pas dans quoi on s'embarquait et nous avons tout de suite été mis dans le bain. J'ai fait le compte-rendu de la réunion alors que je n'en avais jamais fait. Nous nous sommes replongés dans les comptes puis dans les préparatifs du marché de Noël. C'est une tradition et il n'était pas question de faire l'impasse dessus", assure la secrétaire.
Entre-temps, ils organisent une réunion avec les familles des résidents pour prendre la température et connaître leurs attentes. "Les familles sont très contentes mais elles nous attendent au tournant. Elles en attendent beaucoup globalement. Elles portent aussi l'espoir que la reprise marche et que personne ne soit lésé."
Une future place du village au sein de l'Ehpad ?Car c'est l'objectif. En étant aides-soignants et bénévoles, les trois compères détiennent un avantage : celui de connaître déjà près de 120 résidents et personnes âgées accueillis à la journée, tout en maîtrisant la spécificité de leurs pathologies, leur permettant d'espérer créer des activités spécialement pour chacun. "Certains sont plus ou moins touchés cognitivement, ne peuvent pas rester en place pour écouter de la musique par exemple. L'idée est qu'à la fin de l'année chaque résident soit intégré dans un atelier qui lui correspond."
Pour le nouveau bureau, c'est une année de test à mener à bien. Et ils ne manquent pas d'idées. Aidés par une douzaine de familles, leurs collègues et d'anciennes bénévoles, ils préparent en ce moment les créations pour le marché de Noël. Il se tiendra du 2 au 9 décembre. Des sapins et des chocolats sont actuellement en vente. Leur seule crainte pour l'événement ? Le déclenchement d'un cluster. "C'est arrivé une année. Il n'y a pas eu de marché de Noël."
Ils projettent également d'ouvrir une boutique de vêtements gratuite afin de préserver l'autonomie des résidents au quotidien, tout en reprenant les anciennes activités de l'association comme le vide-greniers, les lotos, les tombolas, le goûter et la galette des rois.
Le plus gros projet restera la création d'un espace comptoir, comme un véritable bar où ils pourront proposer des cocktails, des sodas. "Les familles pourront s'y retrouver, faire des jeux. Nous l'imaginons comme une place du village. Avec l'association, nous avons doublé nos heures de présence, notre mental, mais nous voulons juste que les résidents se sentent bien. C'est pour eux que nous le faisons", conclut Solène.