Vahe Hovhannissian, ancien peintre aéronautique chez Airbus, a ouvert l'Épicerie du Château à Foix le 17 octobre. Lassé de sa carrière, il a choisi de proposer une alternative alimentaire nocturne, inspirée par son...
l'essentiel Vahe Hovhannissian, ancien peintre aéronautique chez Airbus, a ouvert l'Épicerie du Château à Foix le 17 octobre. Lassé de sa carrière, il a choisi de proposer une alternative alimentaire nocturne, inspirée par son expérience personnelle. L'épicerie offre des produits du monde entier, répondant à une demande locale. La Dépêche du Midi vous raconte.
"Est-ce que vous avez des chocolats de Dubaï ? J'en avais rapporté, mais je les ai mangés dans l'avion", plaisante une cliente en passant la porte de l'épicerie du château. Derrière la caisse, le comptoir frais et la vitrine de sucreries, Vahe Hovhannissian est désolé de ne pas pouvoir accéder tout de suite à la demande de sa cliente.
À 26 ans, ce Toulousain, installé depuis quatre ans à Foix après avoir travaillé en tant que peintre aéronautique chez Airbus, a changé complètement de vie. "J'ai quitté la métropole pour m'installer ici. J'ai été attiré par le calme, la tranquillité et le paysage du département." Mais lassé par son activité de mécanicien, qu'il qualifie de "répétitive", il franchit un second cap : entreprendre une reconversion pour s'orienter vers un métier au contact du public. Un changement drastique. Mais pas simple de se lancer, et surtout, dans quoi ?
Pour lui, le projet était tout trouvé : "Je me suis inspiré de ma carrière. Je finissais tard, vers 20 heures ou 21 heures." Affamé de sa journée, il n'espérait qu'une chose : trouver un endroit pour acheter de quoi manger. "Au final, je me retrouvais souvent au kebab du coin ou au McDo. Quand on est sportif comme je l'étais, ce n'était pas bon, et on se lasse à force."
Sa femme est commerçante à FoixFrustré de ne pas trouver une alternative pour manger plus sainement tard le soir, il décide de la proposer lui-même et se penche sur la création d'une épicerie ouverte en journée, mais aussi une partie de la nuit. Il trouve son local, rue des Chapeliers, il y a deux mois et y connaît une première désillusion : la charge des travaux. "Je suis du genre bricoleur, mais je n'imaginais pas dans quoi je me lançais. Ce n'était pas juste un coup de peinture ou installer une climatisation. Il y avait tellement de choses à refaire."
Pourtant, le monde du commerce ne lui est pas inconnu : son épouse, avec qui il a un garçon d'un an et attend une fille, évolue déjà dans le secteur. Quelques mètres plus loin, place Lazéma, elle gère depuis plusieurs mois le salon de thé Hay Juice, ouvert il y a cinq mois, dans lequel elle propose de découvrir des plats arméniens. "Même si nous sommes déjà passés par là, nous ne savons jamais ce qui va se passer. C'est un flou monstre."
Mais Vahe Hovhannissian tient à son projet et ne se laisse pas décourager. Il fait face aux imprévus et se retrouve vite sans autre choix que d'ouvrir en urgence, bien avant la date qu'il avait prévue. "J'y ai mis toutes mes économies et je ne pouvais plus tenir. En faisant mes calculs, j'avais prévu bien 70 % de frais en moins." Finalement, l'Épicerie du château a ouvert ses portes il y a huit jours, le samedi 17 octobre.
"Des personnes âgées m'ont assuré que je ne vendrais pas tel ou tel produit"Pour le moment, le tout nouveau commerçant semble heureux de ses premiers jours. "J'ai pas mal de monde le soir, après la fermeture des autres magasins. J'ai eu un chauffeur de taxi venu pour prendre un café, ou un homme qui s'est mis à genoux tellement il était heureux de trouver quelque chose d'ouvert." Vahe est convaincu : il y avait une demande à laquelle répondre.
Au-delà de cette attente, le gérant tenait à exprimer sa passion pour les produits du monde. "À Toulouse, nous bénéficions de nombreux grossistes proposant des articles venus des États-Unis, du Japon ou du Mexique... Cela me manquait aussi." Alors, dans ses vitrines, les références viennent des quatre coins du globe. "J'ai eu des personnes âgées qui m'ont assuré que je ne vendrais pas tel ou tel produit, que ça ne servait à rien. Mais ça m'a donné encore plus envie de persévérer. Pour le moment, une grande partie de mes commandes n'est pas arrivée et je commande ce que les clients cherchent."
Car pour lui, l'épicerie dépasse le simple cadre des achats : c'est un véritable vecteur de lien social. Un aspect qu'il trouve important et qu'il tient à maintenir.