Quelques jours après le 17 octobre et ce fameux samedi de violences dans le centre-ville de Toulouse, beaucoup de commerçants et de particuliers se sont munis d'armes défensives, en vente libre dans les armureries ou...
l'essentiel Quelques jours après le 17 octobre et ce fameux samedi de violences dans le centre-ville de Toulouse, beaucoup de commerçants et de particuliers se sont munis d'armes défensives, en vente libre dans les armureries ou les magasins de surplus militaire. Un commerçant rencontré au moment des achats confirme sa volonté de se "défendre lui-même". Une situation que certains jugent inquiétante. "L'ambiance n'est pas sereine" reconnaît un vendeur. Voici les témoignages recueillis.
Les artères commerçantes de Toulouse se barricadaient ce vendredi en prévision de la manifestation de samedi. Les commerçants sont encore sous le choc des pillages du 17 octobre. Il se disait qu'une armurerie du centre-ville a été prise d'assaut, son stock d'articles d'autodéfense écoulé en quelques jours. Le responsable, un peu bourru, ne souhaite pas en dire plus. "On a beaucoup vendu. Davantage que d'habitude", se contente-t-il d'expliquer.
Non loin de là, dans la boutique de surplus militaire de l'hypercentre, les langues se délient. Dans un méli-mélo de vêtements, de treillis et de cagoules, des armes sont aussi exposées en vitrine. Le jeune vendeur confirme l'augmentation des ventes depuis le début de la semaine et leur diversité. Un équipement acquis par des commerçants, mais également par d'autres profils de citoyens : "À chaque épisode politique ou économique un peu anxiogène comme la guerre en Ukraine, les Gilets jaunes, on vend davantage d'armes de défense, estime-t-il. Mais cette fois c'est plus important. On a vendu beaucoup de bombes lacrymos à des commerçants avec marquage, ce qui permet à la police de détecter facilement les assaillants. Mais on a aussi vendu les autres bombes lacrymos, plus simples, à des femmes, des seniors pas rassurés dans les rues en cette période de grosses manifestations. Rien que ce matin, dix bombes lacrymos ont été achetées. Ce qui est beaucoup."
"Un climat de peur s'est installé un peu partout"Cet employé nous apprend aussi qu'il a vendu des matraques télescopiques et des pistolets avec billes en caoutchouc. "Des armes de catégorie D, en vente libre aux majeurs mais dont le port et le transport dans la rue restent strictement interdits, pouvant causer de graves blessures en cas de mauvaise utilisation." Il ajoute : "Quoi qu'il en soit, nous sommes très vigilants sur l'identité et les intentions de nos acheteurs. Je comprends que l'on se défende et que l'on protège ses biens mais certains profils laissent comprendre autre chose. Je reconnais aux propos, à l'attitude, un client qui veut défendre son bien et un autre qui achète cela pour d'autres raisons moins avouables". Il ajoute un peu inquiet : "l'ambiance n'est pas sereine, loin de là. La peur s'est installée un peu partout".
Près de lui, un commerçant fait son shopping. "J'ai deux affaires en ville, témoigne-t-il. Alors oui, je suis ici pour acheter des armes de défense. On paye des impôts pour que l'État nous défende mais comme il peine à le faire, on le fait soi-même", déplore-t-il, illustrant l'exaspération croissante de certains riverains.