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Les aides accordées à GSK ? "Ce ne sont pas des cadeaux, elles sont indispensables"

Дата публикации: 14-10-2026 13:18:25

Selon Frédéric Druck, secrétaire Général de bio.be de la fédération pharma essenscia, remettre en question les aides et incitants dont profitent les entreprises en Belgique serait une erreur fondamentale. ...

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Le vaste plan de licenciement chez GSK, fleuron de l'industrie pharma en Belgique, pouvant toucher jusqu'à 1 217 personnes, est un véritable choc. Le groupe emploie quelque 8 500 personnes sur ses sites de Wavre, Rixensart et Gembloux. Mais au-delà de l'émotion provoquée par le plan, cette restructuration ravive les inquiétudes sur l'attractivité industrielle de la Belgique, alors que les États-Unis multiplient les incitants et attirent une part croissante des nouveaux investissements pharmaceutiques. Pour Frédéric Druck, d'Essenscia, le signal doit être pris au sérieux : la Belgique conserve de solides atouts scientifiques, mais peine à transformer cette excellence en nouveaux investissements productifs. Et la remise en question des aides et incitants financiers - certains évoquent 481 millions d'euros pour GSK en 2025 - est pour lui une erreur. Il s'agirait d'une des meilleures cartes dont dispose notre pays. Entretien.

Avez-vous un commentaire sur le plan de licenciement chez GSK ?

Nous sommes évidemment choqués par cette annonce et par l'impact qu'elle va avoir localement sur les travailleurs. C'est un des piliers essentiels de l'écosystème biopharmaceutique belge. GSK Belgique est un acteur majeur et l'une des plateformes mondiales du groupe dans les vaccins. C'est un fleuron industriel. Mais la Belgique pêche depuis plusieurs années dans la rapidité de mise en œuvre d'une véritable politique industrielle. Nous avons une plateforme d'innovation très performante, une excellence scientifique reconnue, mais nous avons plus de mal à créer les meilleures conditions pour passer à l'échelle et développer ici les capacités de production.

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C'est donc essentiellement un problème de concurrence internationale ? On voit que GSK investit notamment en Pennsylvanie et à Boston. Est-ce lié à la guerre commerciale voulue par Donald Trump ?

La stratégie américaine d'attraction des investissements ne date pas de Donald Trump. Elle existait déjà sous Obama, elle a été poursuivie sous Trump, puis Biden, puis à nouveau Trump. Les États-Unis ont clairement envoyé le signal qu'ils voulaient rapatrier davantage d'activité industrielle. Il va donc y avoir un rééquilibrage des investissements.

"Depuis la période Covid, on ne voit plus vraiment arriver de grands projets industriels sur nos sites. C'est inquiétant."

La Belgique a bénéficié de nombreux investissements ces dernières années, mais depuis la période Covid, on ne voit plus vraiment arriver de grands projets industriels sur nos sites. C'est inquiétant. On a inauguré récemment des plateformes, mais elles sont issues de décisions prises il y a cinq ou sept ans. Il faut donc regarder très attentivement les signaux actuels. C'est notamment l'objectif de la relance de l'Observatoire de l'industrie pharmaceutique voulue par le ministre David Clarinval. Car l'emploi commence à se tasser, avec une légère érosion même, et les perspectives d'embauche sont passées d'environ 2 000 emplois par an à 1 500. En revanche, les investissements en R & D restent très élevés : environ 6 milliards d'euros l'année dernière dans le secteur biopharmaceutique. Mais il faut envoyer un message clair aux groupes internationaux qui peuvent choisir où installer leurs nouvelles technologies et leurs outils de production du futur.

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Qu'est-ce qui fait défaut en Belgique ?

Le coût salarial, dans une certaine mesure, mais surtout le coût de l'énergie. Ce sont des handicaps par rapport aux États-Unis ou à d'autres régions du monde. Mais il y a aussi des choses que nous pouvons améliorer nous-mêmes, notamment les autorisations pour les essais cliniques. Les procédures sont trop longues et trop complexes, surtout lorsqu'un essai clinique doit être organisé dans plusieurs pays européens.

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C'est ce qui explique aussi certains transferts vers d'autres régions du monde ?

Oui. Beaucoup de plateformes montent en puissance. La Chine, l'Australie, et demain l'Inde. L'Europe doit donc réagir rapidement. Une partie de la réponse se trouve dans le EU Biotech Act. C'est important parce qu'en Europe, on a parfois oublié à quel point développer une nouvelle thérapeutique est devenu long et coûteux. Dans ces conditions, les entreprises doivent pouvoir générer des revenus.

guillement

"C'est précisément là qu'il y a un problème en Europe, et notamment en Belgique"

Or c'est précisément là qu'il y a un problème en Europe, et notamment en Belgique : on hésite parfois à financer ou rembourser les nouveaux produits innovants. Mais si on ne boucle pas la boucle, l'investisseur finit par se demander : "Où est-ce qu'on achète mes produits ?"

Quels sont encore les avantages de l'Europe et de la Belgique face aux États-Unis ?

Nous avons une plateforme scientifique et d'innovation extrêmement avancée. La Chine est aujourd'hui très innovante, elle n'est plus dans une logique de simple copie. Mais elle avance aussi sur des technologies sur lesquelles nous avons été pionniers. En Belgique, au-delà des vaccins, nous avons une avance importante dans les thérapies cellulaires, la thérapie génique et la médecine régénérative. La R & D est excellente, mais nous devons aussi montrer que nous sommes capables d'attirer les capacités de production et la logistique spécialisée qui vont avec ces technologies.

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Il y a aussi la question des aides publiques. Certains dénoncent le fait que GSK aurait bénéficié de 481 millions d'euros en 2025. Est-ce problématique pour vous ?

Les incitants fiscaux, ce sont un peu "l'unique selling proposition" de la Belgique. C'est ce qui peut nous différencier. C'est indispensable. Ce ne sont pas des cadeaux aux entreprises. Leur objectif est d'inciter les groupes à investir dans la recherche, le développement et la production. Cela passe notamment par des réductions de charges sociales, des réductions d'impôts ou encore des dispositifs liés aux revenus issus de certains projets. C'est un ensemble de mesures qui peut faire la différence lorsqu'un groupe décide où investir. En contrepartie, on attend évidemment de l'activité, de l'emploi, le maintien de capacités industrielles et des retombées économiques.

guillement

"Ce que ces groupes rendent à l'économie et à la société est, à long terme, beaucoup plus large que les incitants dont ils ont bénéficié."

Une entreprise comme GSK paie des cotisations sociales, génère des revenus fiscaux et fait travailler énormément de services et de fournisseurs. Ce que ces groupes rendent à l'économie et à la société est, à long terme, beaucoup plus large que les incitants dont ils ont bénéficié. Nous ne souhaitons donc pas que l'on touche à ces dispositifs. Or ils reviennent régulièrement dans les discussions budgétaires comme variables d'ajustement. C'est une erreur. Les grands groupes internationaux suivent ces débats de très près. Lorsqu'ils voient que ces mécanismes risquent d'être modifiés, ils s'interrogent immédiatement sur la prévisibilité et la sécurité économique à long terme de la Belgique comme terre d'investissement industriel.

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