Le secrétaire général de la FFBTP Aude, Stéphane Sansinena, donne une photographie – chiffres officiels à l’appui – de la situation du secteur sur le département et en France.
Le secrétaire général de la FFBTP Aude, Stéphane Sansinena, donne une photographie – chiffres officiels à l’appui – de la situation du secteur sur le département et en France.
Depuis le Covid, les crises se succèdent. D’abord, il y a eu celle de la guerre en Ukraine avec l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie, suivie par toutes les autres jusqu’à encore aujourd’hui. Pour le BTP, les chiffres sont alarmants. En termes de constructions neuves, Stéphane Sansinena analyse le résultat : "Sur 12 mois glissants en juillet 2026, la bonne nouvelle concerne les logements commencés, soit + 5 % (1 844 logements contre 1 761 pour la période précédente). Mais, cela reste un leurre éphémère, dû au redressement des permis de construire de fin 2024. Depuis ils sont repartis à la baisse. La mauvaise nouvelle, ce sont les – 6 % sur les logements autorisés : 2 166 unités (contre 2 296). Même constat pour le non résidentiel, avec une chute vertigineuse de l’investissement privé non agricole : – 60 % pour les mises en chantiers, – 21 % pour les permis de construire. Et encore, dans l’agricole, ce ne sont que des investissements en panneaux photovoltaïques, donc pas vraiment du bâtiment".
20 000 salariés en moins en FranceConcernant l’entretien et la rénovation, là encore les chiffres sont à la baisse : "À la fin du 2e trimestre 2026, on est dans l’ensemble à – 3,8 % pour le logement (contre – 3,7 % par rapport à 2025) et à – 4,4 % pour les locaux non résidentiels. Pour la seule rénovation énergétique, c’est – 4,2 %". Qu’en est-il alors de la masse salariale ? : "On enregistre une baisse de 2 %, soit environ 6 600 salariés déclarés et une tension sur l’apprentissage et par conséquent sur l’emploi des jeunes. Quant aux intérimaires, on note une baisse de 8 %". Une conjoncture qui touche de plein fouet des entreprises historiques, comme il y a deux avec la fermeture de la société Escourrou de Carcassonne : "Cela a concerné 18 salariés au moment de la liquidation judiciaire, mais plus de 50 salariés avec les intérimaires. Aujourd’hui, trois autres entreprises de plus de 30 salariés sont en sursis, récemment placées en redressement judiciaire avec de fortes craintes de liquidation d’ici la fin de l’année". De quoi s’inquiéter donc pour l’avenir du secteur : "Il y a une augmentation de la défaillance de 11 % sur 91 entreprises, sachant que l’indice des coûts de production dans la construction (ration prix et marge) est de + 3 % depuis un an (+ 32 % depuis 10 ans) avec des variations très importantes sur le bitume, le gazole non routier, le PVC, les plastiques… L’indice BT augmente 3,3 fois plus vite que l’inflation générale (+ 4,3 % entre février et juin). Tout cela fragilise les entreprises et pèse sur les marges. C’est un réel problème à répercuter sur les prix de vente dans un contexte d’activité défavorable et donc de concurrence exacerbée. Les marges des entreprises et leur rentabilité globale en pâtissent". Qu’en est-il au niveau national ? : "Il y a un repli généralisé, tous segments de marché confondus (privé, publics, neuf, rénovation, logement, non résidentiel). La FFB prévoit une baisse de 1 % de l’activité hors effet prix en 2026. Sur 4 ans, c’est – 12 %. On retombe au niveau du début des années 1990, soit 20 000 salariés en moins".