Dans « K comme Komplot », notre collègue Caroline Michel-Aguirre dissèque une fake news fabriquée par l’extrême droite antisémite avant la guerre de 14-18. Un exemple à méditer
Bouillon Kub , vers 1911. HERITAGE IMAGES/FINE ART IMAGES/AKG-IMAGES
L’affaire exhale une odeur de cuisine. Celle du célèbre bouillon Kub devenu la cible d’une improbable théorie du complot à la veille de la guerre de 1914. A l’époque, la florissante société Maggi-Kub, premier distributeur de lait pasteurisé dans l’Hexagone et promotrice du fameux assaisonnement déshydraté, fut accusée sans relâche et sans preuve par le journal d’extrême droite « l’Action française » de dissimuler des activités d’espionnage au service de l’ennemi allemand. Un bourrage de crâne qui aboutit, le jour de la déclaration de guerre, au saccage de ses établissements, au pillage de ses boutiques et à la réquisition de ses installations par l’intendance militaire. « Exiger le K », disait la pub du bouillon à l’emballage jaune et rouge. Pendant plus de sept ans, hélas, nombre de Français se sont laissé convaincre qu’il fallait entendre « K » comme « Kaiser ».
Dans « K comme Komplot » (Stock), notre collègue et amie Caroline Michel-Aguirre dissèque au scalpel ce cas clinique de manipulation médiatique et de psychose collective. Toute ressemblance avec notre présent n’est pas fortuite. Lubies des antivax, fake news de Donald Trump, hantise du « grand rempl…
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