Depuis le 22 septembre, neuf salariés de l'Établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) de Cahors sont en grève, dénonçant un management agressif et des conditions de travail dégradées. Malgré une...
l'essentiel Depuis le 22 septembre, neuf salariés de l'Établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) de Cahors sont en grève, dénonçant un management agressif et des conditions de travail dégradées. Malgré une rencontre avec l'ARS du Lot, aucune solution n'a été trouvée. Un directeur a été missionné pour accompagner la résolution du conflit. Explications.
La mobilisation se poursuit à l’Établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP). Depuis le 22 septembre, neuf professionnels de l’EEAP de Cahors sont en grève devant la structure. Seuls trois salariés assurent l'accueil des enfants.
Les grévistes dénoncent un management qu’ils jugent agressif de la part de la directrice et des conditions de travail dégradées, qui, selon eux, affectent l’accompagnement des jeunes. Près de trois semaines après le début du mouvement, ils restent déterminés à faire entendre leurs revendications. Ils ont été reçus mardi 13 octobre par l’Agence régionale de santé (ARS) du Lot. Une rencontre destinée à exposer la situation et les difficultés dénoncées par le personnel.
"On voulait déjà les informer de toute la situation", explique Fanny, salariée gréviste. Les professionnels évoquent notamment des signalements visant la direction et regrettent que ceux-ci ne débouchent pas, à leurs yeux, sur une intervention concrète. "Ils nous ont dit de négocier avec l’association et qu’ils n’allaient pas intervenir", rapporte-t-elle.
De son côté, Quentin Delacour, directeur de l'ARS du Lot, rappelle le cadre de l’intervention de l’ARS : "C’est une structure de droit privé. On est en fait dans la négociation d’une sortie de grève." L’agence n’entend pas se substituer au dialogue social ni aux instances existantes. Elle privilégie le recours à un directeur missionné par la Fédération APAJH pour accompagner la résolution du conflit. Concernant les signalements et les réclamations, Quentin Delacour précise que les demandes ont été entendues et qu’elles seront traitées par les voies prévues, selon des temporalités distinctes.
Un directeur pour accompagner le conflitDepuis plusieurs semaines, Monsieur Amiach a été chargé d’accompagner la structure et de conseiller l’association dans cette période de crise. Sa mission doit durer trois mois. Les grévistes disent lui avoir transmis leurs revendications et les éléments permettant, selon eux, de comprendre l’origine du conflit. "Nous, on veut revenir au travail, mais pas dans n’importe quelle condition", insiste Marilou, une autre professionnelle mobilisée.
La présidente du bureau de l'association APAJH 46 (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés), Michèle Cubaynes, défend cette médiation et réfute toute rupture du dialogue avec les salariés. "On n’a jamais refusé la moindre rencontre. Ce sont toujours les salariés qui ont décliné", affirme-t-elle. Elle explique avoir elle-même demandé au président fédéral de mettre un directeur à disposition pour accompagner le conflit. "Ce qui nous intéresse, c’est que l’accompagnement des enfants reprenne [de manière normale - NDLR]."
La présidente assure que les revendications sont entendues et précise que Monsieur Amiach, en tant que médiateur, gère désormais l’accueil de jour, tandis que la directrice, Corinne Godde, continue de s’occuper du Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile), qui fonctionne toujours. "La directrice est écartée du conflit au niveau de l'accueil de jour."
Les familles mobilisées en soutienAu-delà du différend social, la question de l’accompagnement des enfants reste centrale. Selon les grévistes, 15 familles sur les 19 concernées soutiennent leur mouvement et ont constitué un collectif. Ils indiquent, également, que l’ARS cherche des solutions pour les enfants qui ne peuvent plus être accueillis, notamment en étudiant les possibilités d’accompagnement dans d’autres établissements.
Les salariés, eux, réclament des réponses sur le fond. Ils souhaitent notamment que les signalements soient pris en compte et que les difficultés qu’ils décrivent soient examinées. "On tient, on est hyper déterminés", assure Marilou, qui dénonce des accusations qu’elle estime infondées et réclame que la situation soit clarifiée. Malgré les échanges et la mise en place d’un accompagnement, aucune issue au conflit n’est annoncée à ce stade.