Et si, le temps d’une soirée, le droit quittait ses codes et son jargon pour se mettre à la portée de tous ? Ce lundi 5 octobre 2026, le tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne) accueille une nouvelle...
l'essentiel Et si, le temps d’une soirée, le droit quittait ses codes et son jargon pour se mettre à la portée de tous ? Ce lundi 5 octobre 2026, le tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne) accueille une nouvelle édition de la Nuit du droit, un rendez-vous gratuit pour rencontrer magistrats, avocats et autres professionnels de la justice.
Pouvoir échanger en toute simplicité avec la procureure de la République ou des juges. Interroger sans filtre les avocats, notaires, commissaires de justice et autres universitaires sur leur parcours. C’est en substance ce que propose la Nuit du droit qui se déroule ce lundi 5 octobre 2026, à partir de 19 heures, au tribunal judiciaire de Montauban*. Lancée en 2017 par le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius pour célébrer ce texte fondateur qui régit le fonctionnement des institutions, l’opération vise à rendre plus accessible un milieu parfois opaque pour le citoyen profane.
Maître de conférences à l’université Toulouse-Capitole et directrice de l’école de droit de Montauban, Anne-Laure Fabas-Serlooten explicite les enjeux de cet événement gratuit et ouvert à tous.
S’installer au cœur du tribunal judiciaire, c’est une première à Montauban…
D’habitude on l’organisait à la faculté mais le tribunal judiciaire, c’est quand même le lieu qui appartient aux citoyens. Cela a d’autant plus de sens que l’objectif de cet événement est de permettre à tous de s’emparer du droit. Ce n’est pas le moment où on se prend au sérieux en tant que professionnels, on se rend ultra-disponibles pour échanger simplement. J’adore le droit mais j’ai aussi conscience qu’il peut souffrir d’une réputation un peu austère. Mais il est présent dans le quotidien de chacun, même si on vit en ermite. C’est le bail, le contrat téléphonique, etc.
Maîtriser le droit même à un petit niveau, n’est-ce pas être plus libre ?
Oui d’une certaine façon car c’est aussi une manière de respecter son propre chemin. Les gens informés et éclairés ont un temps d’avance. Pour tous les autres, il existe tous ces professionnels qui ont le sens du service public. Même si on a parfois l’impression que le droit jargonne, lorsqu’on l’exerce, on rend justice au nom du peuple.
Ce lundi, les présidents des trois tribunaux (prud’hommes, commerce et judiciaire) seront présents. Incarner, est-ce une manière de démystifier ?
Oui car en définitive, le droit est vivant et incarné au quotidien par tous ces professionnels qui le font vivre. Chaque intervenant portera à la connaissance du grand public leur parcours ainsi que les enjeux et défis qui sont les leurs.
Est-ce que l’intelligence artificielle n’est pas, dans le cas présent, un bon moyen de vulgariser l’accès au droit ?
Je compte en effet aborder ce sujet même si nous disposons chacun de 6 minutes de temps de parole. À titre personnel, je pense qu’il faut prendre le train en marche, c’est une évidence. Mais je suis de ceux qui pensent que l’IA ne remplacera jamais le contact humain.
Est-ce que vous nourrissez l’espoir non dissimulé de susciter des vocations ?
Les lycéens et les étudiants sont bien sûr les bienvenus. Ils doivent se sentir concernés par ce genre d’événements car ce sont eux les décisionnaires de demain. Moi, si j’avais eu la possibilité de rencontrer une juge des enfants à 16 ans, je n’aurais peut-être pas fait le même métier [rires]. C’est mon grand combat : la formation des jeunes, c’est l’avenir du pays.
*5 place du Coq, à Montauban. Plus de renseignements : cdad2.tarn-et-garonne@justice.fr