Sur la petite île caribéenne de Nevis, l’investisseur belge Olivier Janssens veut construire Destiny, une enclave futuriste presque autonome, avec sa propre monnaie et ses propres tribunaux.
Sur la petite île caribéenne de Nevis, l’investisseur belge Olivier Janssens veut construire Destiny, une enclave futuriste presque autonome, avec sa propre monnaie et ses propres tribunaux.
Radio France
Publié le 01/09/2026 07:41
Temps de lecture : 2min
Sur la petite île caribéenne de Nevis, l’investisseur belge Olivier Janssens ambitionne de bâtir Destiny, une enclave futuriste quasi autonome (photo d'illustration) (Westend61 / Westend61)
Direction les Caraïbes, mardi 1er septembre, où un milliardaire veut construire une ville presque autonome, avec sa propre monnaie et ses propres tribunaux sur une île. Cette île, c’est Nevis, ou Nièves en français : un petit caillou volcanique au nord-ouest de la Guadeloupe, pas plus grand que l’île de Ré. Imaginez ces plages de sable blanc, ces palmiers et ses 13 000 habitants seulement… et bientôt peut-être 10 000 nouveaux résidents.
Un investisseur belge qui a fait fortune dans les cryptomonnaies, Olivier Janssens, veut y construire une immense enclave futuriste. Son nom : Destiny. Olivier Janssens, libertarien assumé et propriétaire notamment d’actions de sociétés d’Elon Musk, rêve d’en faire le "Monaco-Dubaï des Caraïbes", selon ses propres mots. La promesse : créer une ville avec une liberté totale, y compris pour les entreprises qui viendraient s’y installer.
Peut-il vraiment créer une ville privée comme ça ? Il lui faut encore le feu vert définitif des autorités, car l’île possède son gouvernement et son propre Parlement. Des associations de résidents se sont constituées pour s’opposer au projet et dénoncer un "état dans l’État". Mais l’investisseur a un soutien de poids : celui du Premier ministre de l’île, Mark Brantley. "Le projet doit s’installer sur la côte sud de Nevis, dans une zone aujourd’hui encore vierge, sans infrastructures, insiste le Premier ministre. Il pourrait représenter plus d’un milliard de dollars d’investissements dans notre économie au cours des prochaines décennies. Sa construction prendra du temps, mais le gouvernement le soutient pour sa capacité à transformer notre économie, à créer des emplois."
Mark Brantley omet juste un détail : selon The Economist, la personne qui gère les achats de terrains pour Destiny n’est autre que… son épouse.
Le projet de Nevis n’est d’ailleurs pas complètement isolé. Les Caraïbes sont devenues un laboratoire pour ces entrepreneurs libertariens qui rêvent de territoires avec moins d’État, moins d’impôts et moins de réglementation.
Au Honduras, sur l’île de Roatán, l’expérience existe déjà. Elle s’appelle Próspera : une enclave privée avec ses propres règles, où se sont notamment installées des entreprises de biotechnologies. Des laboratoires peuvent y expérimenter de nouveaux traitements dans un cadre beaucoup moins contraignant qu’aux États-Unis.
Derrière les palmiers de Nevis se joue donc un débat beaucoup plus proche de nous qu’il n’y paraît : jusqu’à quelle part de nos règles collectives sommes-nous prêts à renoncer pour attirer les technologies, les emplois et les milliards ?
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