Logiquement battu par Soyaux-Angoulême ce vendredi (36-22), le SUA est 15e de Pro D2 à la fin du premier bloc de la saison. Son manager Mauricio Reggiardo reste malgré tout optimiste.
l'essentiel Logiquement battu par Soyaux-Angoulême ce vendredi (36-22), le SUA est 15e de Pro D2 à la fin du premier bloc de la saison. Son manager Mauricio Reggiardo reste malgré tout optimiste.
Mauricio, quel est votre ressenti après cette défaite ?
Il y a la première mi-temps où on n'est pas dominateurs, mais hyper réalistes. On a marqué deux essais sur deux turnovers, deux essais de cent mètres. Cela nous permet de tourner à la mi-temps à 15-12. On attaque la deuxième mi-temps comme il faut. Il y a 22-12, et il y a un ballon important à cinq mètres pour faire mal à la tête. On perd ce ballon-là, et on enchaîne des erreurs, des pénalités... On manque de maîtrise. Tu peux te retrouver à 27-12 et tu te retrouves à 22-19. Pendant vingt minutes, les dieux du rugby étaient avec nous, parce qu'on s'en sort bien. On est dominés en mêlée, parce qu'il y a la sortie de William Demotte à la mi-temps pour une béquille. Il était prêt à faire 80 minutes. Romain Delemarle sort pour un coup à la crête iliaque, et on finit avec un huit en mêlée avec lequel on n'avait pas travaillé. Ils ont été forts à partir de la mêlée. On était malgré tout cela dans le match...
Comment expliquez-vous cette fin de rencontre où vous perdez ce bonus ?
Les quinze dernières minutes me dérangent parce qu'ils ont plus faim que nous. Ils ont plus d'énergie, plus d'envie. C'est facile d'analyser le match. Ce n'est pas compliqué. Il y a le tournant du match avec cette touche à cinq mètres, où ils ne sautent même pas. Cela leur a donné de l'énergie. Malgré tout, on est encore dans le match. Jusqu'à la 66e, on est dans les clous. On prend dix points sur les deux dernières minutes du match, mais c'est anecdotique. Je ne sais pas si on méritait le bonus. Voilà le résumé.
Encore une fois, il y a eu beaucoup d'erreurs...
Depuis le début, j'ai dit qu'on acceptait l'erreur, à partir du moment où on produit, et où on essaye de jouer. Mais on a jeté trop de ballons. On a fait beaucoup de paris. On a tenté des passes impossibles. Ce n'est pas respecter le rugby, ça. Je répète. J'accepte l'erreur, le déchet. Mais là, aujourd'hui, on n'a pas respecté le rugby. On a balancé je ne sais combien de ballons...
C'est la quatrième défaite en cinq matchs. Vous êtes quinzièmes. Le premier bloc est-il raté ?
On est à - 3 au classement britannique. Il y a des équipes à - 4. Par rapport à notre objectif, qui est d'aller chercher le top 6, on a cinq points de retard. C'est clair et évident. Il n'y a pas beaucoup de manière d'aller chercher ces cinq points de retard. Soit vous gagnez à l'extérieur, soit vous faites des bonus. À partir du moment où on a cinq points de retard, c'est un bloc pas réussi. On savait qu'on avait un calendrier dur, que c'était compliqué... Mais ce qui me dérange surtout, c'est qu'on n'a pas progressé par rapport à la semaine dernière. On peut commettre des erreurs, mais ces erreurs doivent servir à progresser, à s'améliorer. Quand on commet les mêmes erreurs, cela me dérange.
La rencontre de ce vendredi n'est-elle finalement pas un résumé du bloc, avec un état d'esprit accrocheur mais de gros passages à vide ?
En première mi-temps, on s'énervait avec l'arbitre, on sortait un peu du match... Je ne peux pas maîtriser cela. Je vais revoir le match, et je ferai un retour à l'arbitre, comme je le fais d'habitude. On tourne à 15-12 à la mi-temps, et je crois qu'on ne le méritait pas. Après, on méritait de gagner la semaine dernière, et on ne gagne pas. Les constats sont simples. On a cinq points de retard par rapport à notre objectif du premier bloc, par rapport à une équipe qui parle de top 6. On n'a pas été assez affamés à mon goût. On va dire qu'on était aussi affamés que Soyaux-Angoulême. Mais Soyaux-Angoulême a mis plus de férocité dans les quinze dernières minutes. Et comme je dis toujours, quand il y a affamé contre affamé, avec un morceau de viande au milieu, il n'y en a qu'un qui le prend. Eux avaient plus envie de manger que nous.
Cette baisse de régime en fin de match est-elle aussi due à un faible apport du banc ?
Non, je ne pense pas. Il y a aussi deux ou trois coachings que l'on fait liés à des coups qu'on prend...
Allez-vous désormais réduire le groupe après avoir vu tout le monde en action sur ce premier bloc ?
C'est sûr. Après, si vous vous rappelez, la saison dernière, on a fait cela. On gagne à Carcassonne avec quatorze changements. On avait eu un peu de réussite, chose qu'on a eue pendant soixante minutes aujourd'hui, mais qui nous a manqué par la suite. Je ne sais pas si on fera un 15 type, mais on le fera certainement à des postes clés. On va donner une certaine continuité. On est conscients qu'on a fait cinq charnières différentes en cinq matchs. Cela nous a permis de vraiment donner de la joie à tout le monde et de faire une vraie hiérarchie. Nous, on va assumer nos responsabilités à la reprise. On va couper cinq jours. Cela me fera du bien de ne pas les voir pendant cinq jours. Je crois qu'eux aussi, c'est réciproque. Je demande à chacun de son côté qu'il profite de ces cinq jours pour faire ce qu'il veut. Moi, cela ne me dérange pas. Je sais ce que je vais faire. Je sais ce que va faire mon staff. Après, on va se reprendre et on va jouer au rugby. Je suis conscient qu'on n'a pas fait le démarrage qu'on voulait. Mais, si on fait, à un moment donné, une petite série, on revient dans les clous. Mais une petite série, c'est gagner trois matchs d'affilée. Cela va être l'objectif à la reprise : gagner trois matchs d'affilée. Je ne sais pas à quel moment, mais il faut qu'on les gagne. La saison dernière, on l'a fait deux fois dans l'année. Cela nous a permis de lutter pour la sixième place. Après, comment on va le faire ? Ça, c'est le boulot du coach.
Vous n'êtes pas épargnés par les bobos...
Je ne me cache pas derrière les blessés. Je ne me cache derrière rien. On a un groupe homogène. Je suis convaincu qu'il est meilleur que la saison dernière, mais il faut le montrer sur le terrain.