Emmanuel Macron s’est adressé aux Français lors d’une interview diffusée au JT de France 2 et TF1. Il a rappelé la situation internationale à Ormuz et en Ukraine, mais aussi évoqué la crise des carburants et le risque de menaces russes sur le sol français.
Emmanuel Macron lors d’une interview conjointe de TF1 et France 2, à Paris le 24 septembre 2026. LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron a pris à nouveau la parole ce jeudi 24 septembre pour s’adresser aux Français, lors d’une interview diffusée conjointement par France 2 et TF1. « La Russie multiplie les actes hostiles et parfois criminels à l’égard des pays européens », a assuré le chef de l’Etat, qui a notamment fait un point sur la menace russe. « Le Nouvel Obs » fait le point.
• Une alerte de la CIA démentieDès le début de l’interview, Emmanuel Macron a démenti que la CIA a informé les services français d’une possible attaque russe dans le sud de la France. « Mais oui, il y a une situation qui monte en tension » en Ukraine, en guerre « depuis 2014 », et en Europe, où les actes de provocations se sont « multipliés ». Le chef de l’Etat n’a ainsi pas exclu que la France puisse être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, et que l’Allemagne a attribuée à la Russie. La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question “est ce que ça peut arriver ?” ma réponse est oui », a dit le président français, ajoutant que la Russie considère que « l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine ».
Les attaques, fréquentes sur le plan de l’information depuis 2017, « se sont intensifiées ces dernières années et ces dernières semaines ». « Ce que cherche la Russie, c’est que nous soyons belliqueux dans les mots pour justifier leur mobilisation et leur posture », a-t-il assuré.
• Une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes « crédible »Alors que l’hypothèse d’une nouvelle mobilisation de 300 000 hommes Russie dans sa guerre contre l’Ukraine a pris de l’épaisseur cette semaine, Macron a jugé ce scénario « crédible », ajoutant : « En effet, le scénario crédible aujourd’hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes ». « Le signal qu’est en train d’envoyer aujourd’hui la Russie est : on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass », a ajouté Emmanuel Macron, précisant que depuis l’invasion de l’Ukraine, cette guerre a déjà coûté à la Russie « 1,2 million d’hommes », blessés ou tués.
• Des moyens militaires envoyés en Arabie saouditeContrairement à Donald Trump, qui avait pointé la responsabilité des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes sur la montée des prix du carburant, Emmanuel Macron a refusé d’accuser Kiev : « Les Ukrainiens font ça parce que la Russie détruit leurs capacités énergétiques. Ils ont passé l’hiver dans le noir et dans le froid », a-t-il assuré. Le chef de l’Etat a annoncé l’envoi de « moyens militaires », dont des soldats, des radars et des systèmes de défense, pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite. Principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge, cet oléoduc a joué un rôle crucial au fil de la guerre au Moyen-Orient, permettant à l’Arabie saoudite de contourner le détroit d’Ormuz pour exporter son pétrole.
• Sur les carburants, « baisser les prix » plutôt que « baisser les taxes »Exprimant sa sympathie aux Français durement touchés par la flambée des prix, Emmanuel Macron a assuré « tout faire pour éviter les pénuries de carburant ». « On a reconstitué nos stocks de gaz à 80 », a-t-il encore précisé. Le président français a rappelé que sa priorité était de « baisser les prix ».
Sur la baisse des taxes, Emmanuel Macron a botté en touche, assurant que ce n’est « pas possible ». « Notre intérêt est de baisser les prix, avant de baisser les taxes, parce que sinon on ferait payer au contribuable français les conséquences de la géopolitique », a estimé le chef d’État qui a sans surprise assuré le service après-vente des annonces du gouvernement cette semaine. Emmanuel Macron n’a cependant pas exclu une baisse des taxes si les prix devaient encore plus s’envoler.
• Pas de nouvelle dissolutionInterrogé sur une éventuelle dissolution dans les prochains mois, le président a assuré que « ce ne serait pas bon pour le pays » à huit mois de l’élection présidentielle. Emmanuel Macron a écarté cette hypothèse, qui circulait ces derniers jours, en appelant « les forces politiques » à « l’esprit de responsabilité » avant l’examen des textes budgétaires. « Une dissolution ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique », a-t-il justifié, arguant également que cela « bloquerait » le prochain président pour « reconstruire une majorité ». « Ce n’est pas souhaitable », a conclu le chef de l’État.
Prendra-t-il position pour l’élection présidentielle ? « Je ferai en responsabilité et en fonction de l’évolution de notre situation géopolitique, financière et politique, ce que je dois faire », a-t-il répondu lors de l’interview de France 2 et TF1. A peine a-t-il consenti à dire que ça attendra « la dernière ligne droite ».
Par Service Actu