Ce mardi 22 septembre, jusqu'à dix ans de prison ferme ont été requis contre les 14 passeurs jugés dans l'affaire du naufrage au large de Calais en 2021 ayant fait au moins 31 morts.
Publié le 22/09 à 17h37 Mis à jour le 22/09 à 18h44
Lire dans l'appDes personnes à bord d'une embarcation de fortune tentent la traversée de la Manche au large de la plage d'Hardelot, le 13 août 2025 - Sameer Al-DOUMY
Ce mardi 22 septembre, jusqu'à dix ans de prison ferme ont été requis contre les 14 passeurs jugés dans l'affaire du naufrage au large de Calais en 2021 ayant fait au moins 31 morts.
Des peines allant de six mois de prison avec sursis à dix ans de prison avec mandat d'arrêt, ont été réclamées mardi 22 septembre au tribunal correctionnel de Paris contre 14 passeurs jugés pour leur responsabilité dans le naufrage le plus meurtrier de migrants survenu dans la Manche, au large de Calais, il y a près de cinq ans.
Au moins 31 personnes, dont une fillette de 7 ans, se sont noyées ou ont disparu dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021 entre la France et l'Angleterre, dans le naufrage de leur embarcation de fortune partie de Loon-Plage (Nord). Seulement deux exilés ont survécu.
"La responsabilité des secours" ne doit "pas diminuer celle des passeurs"Les peines les plus lourdes, dix ans de prison avec mandat d'arrêt ou incarcération immédiate, ont été réclamées à l'encontre de l'Afghan Obaidullah M., dit Obaïd, actuellement en fuite, et de l'Irakien Harem A., seul prévenu sans avocat, qui s'est agacé à voix haute à l'énoncé des réquisitions. L'une des têtes présumées du réseau, "Bashdar", arrêté en Irak sera "possiblement" jugé en octobre dans ce pays, selon le procureur.
Originaires majoritairement d'Afghanistan et du Kurdistan irakien, les 14 prévenus sont notamment poursuivis pour homicide involontaire, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs.
Depuis le début du procès, le 8 septembre, tous ou presque se sont présentés comme des candidats à l'exil. Parmi eux, deux prévenus, Shahed M. et Zar S. contre lesquels les plus petites peines - six mois avec sursis - ont été réclamées, occupent une place "à part", a estimé le procureur: ils ont cherché à aider par "tradition communautaire", sans en tirer de profit, en hébergeant des exilés qui cherchaient à rejoindre l'Angleterre.
La question de "la responsabilité des secours" ne doit "pas diminuer celle des passeurs" qui exploitent "la misère", a estimé le procureur en référence aux sept militaires mis en examen depuis 2023 pour ne pas avoir porté assistance aux naufragés. Les passagers du "small boat" en détresse avaient multiplié les appels à l'aide sans que les secours français ne leur portent assistance.
La maire en colère face aux passeursPeu avant les réquisitions, Natacha Bouchart, la maire LR de la ville de Calais (Pas-de-Calais), point de passage des candidats à l'exil vers l'Angleterre, a exprimé sa "colère face aux passeurs: ces bourreaux, ces criminels pour lesquels un passage vaut plus que la vie d'un enfant". La municipalité est partie civile au procès.
L'avocat Matthieu Chirez a lu les mots de celui qu'il défend, Issa Omar, l'un des deux survivants. Hanté par le drame, celui qui s'est "accroché aux corps flottants" pour ne pas sombrer, n'a pas eu la force d'assister au procès, qui doit se terminer le 30 septembre.
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