Cet ingénieur, venu à la recherche après des études de philosophie, est l’incarnation de l’écologie décoloniale en France, grâce à la minutie de ses travaux, à la qualité de sa plume ainsi qu’à son lien intime avec cette histoire.
Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS, en 2020. MANUEL OBADIA-WILLS
Pour aller plus loin
Quand Malcom Ferdinand publie « Une écologie décoloniale » (Seuil, 2019), il a 34 ans, et sa formule suscite la perplexité. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? C’est l’époque où, en France, l’histoire coloniale est en train de redevenir un enjeu politique et polémique majeur, prélude à la dénonciation du wokisme des années post-Covid. En accouplant « écologie » et « colonialisme », le jeune chercheur ouvre un nouveau front : oui, même en matière d’écologie, l’Occident doit regarder son passé colonial.
En réalité, dès que l’on creuse un peu, on comprend vite que le rapprochement est une évidence et que les méfaits écologiques du capitalisme sont reliés à ses crimes coloniaux. Si les matières premières ont pu être extraites à si grande échelle, c’est bien grâce à la colonisation ! Et si l’agricultu…

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