Tout communicateur ne peut que s’interroger sur son rôle et les atouts qui lui permettraient de continuer à exercer son métier à l’ère de l’IA. La difficulté d’un tel questionnement réside dans le fait que l’évolution de l’IA ...
Tout communicateur ne peut que s’interroger sur son rôle et les atouts qui lui permettraient de continuer à exercer son métier à l’ère de l’IA. La difficulté d’un tel questionnement réside dans le fait que l’évolution de l’IA elle-même n’est pas un paramètre stable et connu. Personne ne sait jusqu’où les technologies vont avancer et personne ne sait jusqu’à quel point vont-elles affecter les métiers dits intellectuels…
Face à l’IA nous ne sommes pas égaux !Bien sûr, les prévisions sont nombreuses et contradictoires : certains pensent que l’IA sera en capacité de tout faire aussi bien, voire mieux que l’humain. D’autres pensent au contraire que l’intelligence humaine sera toujours en meilleure posture pour réaliser certaines tâches cognitives. Pour notre part, le lecteur se doute bien que si nous croyions à une supériorité absolue de l’IA sur l’être humain, nous serions en train d’écrire un autre article qui aborderait peut-être des pistes de reconversion pour les communicateurs. Cela dit, c’est une erreur de penser que les êtres humains sont égaux face à l’IA. La technologie est déjà en train de remplacer le travail d’énormément de personnes, car elle le fait d’une meilleure manière et plus rapidement. A quoi s’attendre lorsqu’on fait ce métier et qu’on n’a pas pris la peine d’apprendre à rédiger, à structurer des idées, à analyser des situations, à appliquer une théorie… durant des années et surtout depuis l’avènement des TIC, beaucoup ont constaté et mis en garde contre la standardisation de la communication : quand la communication devient une simple technique, quand la stratégie devient une simple tendance et quand la réflexion devient un simple recyclage.
Au-delà de la capacité ou non des humains à s’imposer face à l’IA, il existe un problème très ancien qui continuera à se poser : beaucoup de clients ont des difficultés ou sont dans l’incapacité de distinguer la bonne communication de la mauvaise communication. On ne peut pas leur en vouloir, puisque c’est un domaine très parasité où les visions et les divergences sont nombreuses entre les praticiens eux-mêmes. De nos jours, l’IA arrive déjà à produire des recommandations, des textes ou des visuels de qualité suffisante pour séduire les non-spécialistes. Et nul doute que cette qualité continuera à s’améliorer jusqu’à ce que la différence se joue sur de petits détails qui constitueront la valeur ajoutée de l’être humain.
Sur un autre plan, avant la profusion des outils IA, les problèmes de la communication en tant que fonction étaient nombreux et persistants ; à leur tête : la perte de sens, la perte de confiance envers les organisations, la difficulté de plus en plus grande à se faire entendre au milieu des bruits ambiants, le rôle négatif et polluant des Fake News… Est-ce que tout cela a changé aujourd’hui ?
Quatre types de théories…Afin de pouvoir imaginer objectivement le rôle du communicateur à l’ère de l’IA, il nous semble opportun de revenir à la relation qu’entretient ce dernier avec l’usage de la théorie de la communication. Car si l’IA est si performante, c’est avant tout grâce à sa formidable capacité à assimiler et à traiter les connaissances humaines. Pour comprendre cette relation, nous nous appuierons sur le cadre défini par Dénis Macquail dans son ouvrage de référence « Mass Communication Theory ». Selon l’auteur*, tout communicateur utilise dans sa pratique une théorie de communication. Cela est possible car il n’y a pas qu’un seul type de théorie mais quatre : la théorie sociale scientifique, la théorie normative, la théorie pragmatique et la théorie du sens commun.
Il est clair que les quatre types de théories s’influencent et s’entremêlent. Regardons-les à présent selon leur relation avec l’IA :
Le communicateur humain continuera à être indispensable pour l’organisation. Il devra s’adapter et se renforcer avec les outils IA. Mais sans pour autant abandonner l’apprentissage : il prendrait d’énormes risques en déléguant à l’IA ce que lui-même ne maîtrise pas !
(*) Cité par Sven Windahl et AL dans : « Utilisation des théories de la communication ».
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