L’incendie qui ravage les Hautes Fagnes touche un écosystème très particulier. ...
L'incendie qui ravage les Hautes Fagnes touche un écosystème très particulier qu'on appelle les tourbières et qui se caractérise par un sol gorgé d'eau. Comment expliquer que les flammes aient vu le jour dans ce milieu caractérisé par son humidité ? "C'est bien là tout le paradoxe des Fagnes", résume Johann Delcourt, scientifique rattaché à l'Université de Liège, spécialiste du Tétras lyre, oiseau emblématique des Hautes Fagnes.
"Les femelles sont les plus importantes" : 35 nouveaux Tétras-lyres suédois relâchés dans les Hautes Fagnes"Les Fagnes sont un réservoir d'eau qui fonctionne un peu comme une éponge. Si vous mettez une éponge humide au soleil, elle séchera en surface mais restera humide au milieu. Le problème, c'est que cette humidité ne parvient pas toujours à compenser la sécheresse extérieure. En fait, ce n'est pas uniquement une question de sol. À cause de la sécheresse, les plantes qui poussent dans les tourbières sont complètement desséchées et se transforment en une sorte de paille très propice à la propagation des flammes. L'humidité du sol n'arrive pas à compenser toute cette végétation sèche et donc la surface se transforme en une poudrière. Et quand vous avez une surface qui est aussi grande que les Fagnes et où il n'y a pas de coupe-feu, le potentiel de progression tous azimuts de l'incendie est énorme", souligne le scientifique.
"Entre la sécheresse et les fortes chaleurs de ces derniers mois, les conditions n'étaient clairement pas réunies pour permettre aux tourbières de résister. Or, avec le réchauffement climatique, les étés comme celui-ci risquent de se répéter, cela soulève des questions sur l'avenir de ces écosystèmes", précise de son côté le biologiste Marc Dufrène (ULiège).
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.