Sept jours après la découverte d’un corps dans les vignes de Saint-Gilles, le parquet de Nîmes a confirmé l’identité de la victime. Il s’agit bien de Sonia B., influenceuse de 29 ans bien connue des réseaux sociaux....
Sept jours après la découverte d’un corps dans les vignes de Saint-Gilles, le parquet de Nîmes a confirmé l’identité de la victime. Il s’agit bien de Sonia B., influenceuse de 29 ans bien connue des réseaux sociaux. Récit d’une affaire hors-norme.
Sept jours et sept nuits pour identifier un cadavre et interpeller deux hommes suspectés d’être les auteurs d’un effroyable assassinat. “L’affaire Sonia B.” est celle du tragique destin d’une jeune influenceuse nîmoise qui partageait sa vie entre le Gard et Paris.
Il aura fallu une semaine aux gendarmes de la section de recherches de Nîmes pour arrêter, mercredi, deux individus suspectés d’avoir tué la jeune femme de 29 ans. Son corps a été retrouvé partiellement calciné, incendié avec un produit inflammable et abandonné dans les vignes de Saint-Gilles, dans un champ situé près du chemin d’Estagel, non loin de la base de la Sécurité civile.
Sonia B. influenceuse de 29 ans sauvagement assassinée près de Nîmes, en août 2026.
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C’est entre deux rangées de ceps que le corps a été retrouvé, par un ouvrier agricole qui démarrait sa journée à l’aube. Selon un témoin, des fumerolles voletaient encore au-dessus de la dépouille : « C’est un collègue qui a découvert le corps en allant travailler dans les vignes. Quand il est arrivé sur la parcelle, il a vu le cadavre, il y avait encore des fumerolles au-dessus du corps. Cela ne devait pas faire longtemps que le feu avait été mis, racontait-il à Midi Libre, mardi. Cela arrive régulièrement que l’on trouve des voitures volées dans les champs, il y a même une fois où un véhicule a été incendié, on avait eu peur que cela mette le feu aux cyprès. Mais ce cadavre, alors… c’est la première fois qu’on retrouve un corps. » L’ouvrier donnera l’alerte. Une quarantaine d’enquêteurs du groupement du Gard et de la section de recherches de Nîmes seront rapidement mobilisés.
Une sœur désespérée fait son apparitionL’enquête devait immédiatement résoudre une équation à double inconnue : identifier avec certitude la victime et retrouver le ou les auteurs de ce crime atroce. Et alors que le parquet de Nîmes attendait les analyses d’ADN, la sœur d’une jeune femme portée disparue se présentait à Midi Libre et assurait que le corps retrouvé à Saint-Gilles était celui de sa cadette, Sonia B. Une influenceuse qui rassemblait près de 300 000 abonnés sur ses différents réseaux sociaux (Instagram, TikTok ou encore Snapchat).
La famille a tenté d’obtenir des indices et aurait même récupéré le téléphone portable de la disparue sous un buisson, dans un village proche de Nîmes. « C’était grâce au partage de localisation de l’iPhone », précisait la sœur, qui tentait alors d’obtenir des informations à livrer aux gendarmes et de savoir désespérément si le corps était bien celui de Sonia B. Pour autant, les éléments fournis aux gendarmes laissaient peu de doutes sur les symétries morphologiques entre le cadavre et le signalement fourni par les proches. Une bague reconnaissable et des interventions de chirurgie ont permis de l’identifier.
Prélèvements à l’institut de médecine légalePendant que les gendarmes multipliaient les surveillances, les filatures, les vérifications, c’est sur la table d’autopsie que l’affaire s’est jouée, le 13 août, en partie avec des prélèvements de toutes sortes réalisés à l’institut de médecine légale, dirigé par le docteur Benslima. Des prélèvements ADN qui ont permis, mercredi, l’identification formelle de la disparue.
La veille, la procureure de Nîmes, Cécile Gensac, avait parlé de « la probabilité que le corps découvert calciné à Saint-Gilles la semaine dernière soit celui de l’influenceuse des réseaux sociaux évoquée ces dernières heures ». Avant d’ajouter que cette probabilité reposait « sur un faisceau d’indices concordants uniquement ». Entre-temps, le sort de la jeune influenceuse qui partageait son temps entre Paris et le sud de la France a ému tout le pays et agité les réseaux sociaux.
Auprès de Midi Libre, la sœur de la victime fustigeait les commentaires abjects, moquant la jeune femme, critiquant son physique voire, comble de l’horreur, ironisant sur son assassinat. « J’ai alerté TikTok pour qu’il ferme les comptes, mais, pour l’instant, rien n’y fait. Les gens vont trop loin, c’est affreux et ils racontent n’importe quoi. C’est du harcèlement, il y en a même qui disent qu’elle a mérité ce qui lui est arrivé », confiait-elle.
Après l’annonce de l’interpellation de deux suspects dans l’affaire de la mort atroce de la Gardoise Sonia B., l’avocat de la famille, Me Mourad Battikh s’est exprimé sur BFM, mercredi soir. S’il a expliqué que, dans le cadre de l’enquête préliminaire qui est en cours, il ne possédait aucune information relative aux deux suspects, il s’est dit toutefois « content de la façon dont les choses avancent ». « C’est une enquête qui s’accélère, avec deux personnes placées en garde pour des faits graves. Ce ne sont pas des faits de meurtre, ce sont des faits d’assassinat. Donc, il y a l’idée derrière d’une préméditation et, donc, nous attendons que l’enquête avance le plus rapidement et que l’on sache pourquoi est-ce que ces individus, s’ils se révèlent être les auteurs de ce crime odieux, ont participé à cette sauvagerie à l’endroit de Sonia. » Mourad Battikh a également estimé que l’hypothèse que la jeune tiktokeuse aurait pu être la cible de menaces sur les réseaux sociaux était à prendre en compte. « Je suis rentré dans le dossier il y a 24-48 heures et ce que je constate, effectivement, c’est que, alors que Sonia est décédée, il y a toujours un déferlement de haine à l’endroit de Sonia sur les réseaux sociaux. On vient parler de son corps, de son physique, de ses attributs et jamais de manière positive et, par conséquent, l’hypothèse d’une haine sur les réseaux sociaux n’est pas à exclure. »
Les investigations ? Elles ont tenu en alerte le parquet de Nîmes et notamment le procureur adjoint Frédéric Kocher, qui a suivi en temps réel, presque nuit et jour, l’évolution de l’enquête de la SR de Nîmes, depuis la découverte du corps calciné au placement en garde à vue, mercredi, des deux suspects. Ainsi, la course contre la montre connaissait son épilogue avec l’arrestation des deux individus. « Les enquêteurs de la section de recherches de Nîmes viennent de procéder ce jour à l’interpellation de deux hommes qui ont été placés en garde à vue en raison d’éléments laissant suspecter leur participation directe ou indirecte aux faits », indiquait Cécile Gensac. En d’autres termes, les deux individus sont entendus pour les nécessités de l’enquête et l’un d’eux pourrait faire figure de suspect numéro un.
Prochaine étape ? Une mise en examen est envisageable d’ici vendredi dans le bureau d’un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Nîmes. Si les enquêteurs semblent savoir comment Sonia B. a été tuée, en revanche, le mobile de ce crime terrifiant reste encore mystérieux.