Les Phénix de Libourne ont été mobilisés au premier jour de l’incendie de Saumos. Un détachement revient de Luglon, dans les Landes, où ils ont lutté au côté des pompiers pour empêcher le feu d’atteindre
Les Phénix de Libourne ont été mobilisés au premier jour de l’incendie de Saumos. Un détachement revient de Luglon, dans les Landes, où ils ont lutté au côté des pompiers pour empêcher le feu d’atteindre les habitations
« C’est usant pour les corps. Nous ne nous en rendons pas compte tout de suite. Nous tenions grâce à l’adrénaline… » Nous sommes lundi 17 août. Le capitaine Godefroy (1) était encore, le matin même, sur le site de Luglon, dans les Landes, à faire le point avec l’équipe de relève sur l’incendie tout juste fixé. « Nous avons à peine dormi, ou juste fermé les yeux, sur des lits de camp à côté du...
« C’est usant pour les corps. Nous ne nous en rendons pas compte tout de suite. Nous tenions grâce à l’adrénaline… » Nous sommes lundi 17 août. Le capitaine Godefroy (1) était encore, le matin même, sur le site de Luglon, dans les Landes, à faire le point avec l’équipe de relève sur l’incendie tout juste fixé. « Nous avons à peine dormi, ou juste fermé les yeux, sur des lits de camp à côté du hameau que nous défendions, près d’Argelas. Mais nous étions dans l’action. » Les missions se succèdent pour les sapeurs-sauveteurs du 4e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile de Libourne, pleinement mobilisés durant une saison des feux particulièrement précoce et brutale.
Des images impressionnantes du feu dans les Landes
4e Riisc
Les Détachements d’intervention retardant, prépositionné en début de saison à base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, avaient déjà été engagés début juillet sur les feux en Lot-et-Garonne. L’ensemble du détachement, 55 personnels renforcés par des militaires du Génie dans le cadre du plan Héphaïstos, spécialisés dans la pose de produit retardant au sol, a été projeté en urgence vers Saumos dès les premiers départs de feu, le 22 juillet, pour épauler les sapeurs-pompiers de Gironde.
Outre le détachement d’intervention, on y retrouvait un groupe appui avec des bulldozers, une cellule « feux tactiques » et des moyens de soutiens.
Travail de fourmiLe capitaine Godefroy a fait partie de la relève de la première équipe à Saumos. Il n’était pas présent lors de la formation du fameux pyrocumulonimbus, observé pour la première fois en France. Mais l’incendie a marqué l’officier. « La première équipe a mis en place des lignes d’appui en formant des barrières avec les camions et en projetant de l’eau. Nous avons ensuite travaillé avec du retardant. Cela était efficace sur le front des flammes. Malheureusement, cela n’a pas empêché les sautes… Notre équipe, à leur suite, a été impliquée dans la lutte contre les reprises de feu. » Les Phénix ont traqué les flammes et fumées, travail de fourmi en relation avec le PC du Sdis de Gironde, notamment dans le secteur de la Jenny, « en faisant des patrouilles, en communiquant avec la DFCI mais aussi avec les agriculteurs. »
Le détachement d’intervention est formé à la pose de produit retardant au sol.
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L’incendie dans les Landes lui a laissé une impression tout aussi durable. « Nous étions présents 45 minutes après l’appel. Nous pensions avoir affaire à un feu habituel. Mais les vents n’ont pas cessé de changer de sens, forçant les secours à s’adapter en permanence, pour protéger au maximum les habitations. » Des retournements de situation à même de surprendre les soldats du feu. « En début de soirée, le vent s’est retourné plein Est, nous nous sommes appliqués à protéger les maisons. Vers 22 heures, le vent repartait au Nord, alors que nous allions vers Menon. Nous nous sommes positionnés pour une barrière avec du retardant puis attaquer le feu. »
Hommage aux disparusL’officier conserve des images impressionnantes d’un feu complexe, dans une forêt de pins travaillée en sylviculture, les flammes dévorant les cimes. Il garde également le souvenir des animaux fuyant leur habitat devant le feu. Et des journées à travailler auprès des sapeurs-pompiers des deux départements. « Et aussi des nombreux bénévoles qui nous accueillaient sur place. Ceux du gymnase du Porge ont mis en place logistique extraordinaire. » Le capitaine Godefroy, bien que revenu à Libourne, reste mobilisé, comme tous les autres Phénix. « La saison des feux n’est malheureusement pas terminée ». Elle a déjà fait deux victimes en Gironde, les caporaux Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, pompiers morts dans l’incendie de Mérignac, auxquels l’officier tient à rendre hommage.
(1) seul le prénom est cité.