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Sécheresse en Gironde : pourquoi les restrictions d’eau ne pénalisent pas l’irrigation des agriculteurs

Дата публикации: 19-08-2026 04:00:00

Contre toute attente, durant cet été historiquement sec dans le département, les cultures vivrières n’ont pas souffert d’un manque d’alimentation en eau. La portée des mesures préfectorales sur les activités

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Tous ces paramètres ont conduit la préfecture à imposer des interdictions aux agriculteurs. Au Nord-Gironde, à l’est du Libournais et à la pointe du Médoc, « l...

Tous ces paramètres ont conduit la préfecture à imposer des interdictions aux agriculteurs. Au Nord-Gironde, à l’est du Libournais et à la pointe du Médoc, « l’irrigation agricole des cultures » a été interdite. Dans le nord du bassin d’Arcachon, l’Entre-deux-Mers et le Sud-Médoc, les prélèvements ont été réduits de moitié. Le secteur de Saucats a été mis en « seuil d’alerte » (prélèvements réduits de 30 %). Quant à la Garonne, « de l’entrée du département jusqu’à la commune de Casseuil », les prélèvements ont été interdits deux jours par semaine et les débits autorisés pour le système d’irrigation collectif réduits de 70 %.

1 Pas d’impact sur « l’efficacité des mesures »

Malgré cela, la préfecture, interrogée par « Sud Ouest », en convient : « La majorité des prélèvements destinés à l’irrigation agricole en Gironde sont réalisés dans les eaux souterraines qui ne sont actuellement pas concernées par des mesures de restriction. » Seuls « les prélèvements dans les cours d’eau et leurs nappes d’accompagnement » font l’objet de restrictions. Conclusion de la Direction départementale de l’environnement et de l’aménagement du territoire : « L’efficacité des mesures en Gironde ne peut donc être liée directement à l’impact sur l’irrigation agricole. »

L’Isle entre Libourne et Galgon photographiée le 4 août : la sécheresse sévit et le niveau d’eau est bas. Les prélèvements agricoles ont été interdits ou limités sur ce cours d’eau « en crise ». L’Isle entre Libourne et Galgon photographiée le 4 août : la sécheresse sévit et le niveau d’eau est bas. Les prélèvements agricoles ont été interdits ou limités sur ce cours d’eau « en crise ».

Linda Douifi / SO

Ce que confirme la Chambre d’agriculture de Gironde en soulignant le bon sens paysan : « Dans les secteurs où les cours d’eau sont en crise, les agriculteurs ne font pas de cultures ; ils ne pourraient pas se permettre de n’irriguer qu’une année sur deux… » En outre, ces zones (Libournais et Blayais) sont surtout occupées par de la vigne, une plante qui, cette année, est en souffrance mais dont l’impact sur la ressource en eau est nulle : dans la viticulture girondine, l’irrigation est interdite. Et concernant la pointe du Médoc identifiée aussi en situation de crise (notre infographie), celle-ci est utilisée pour le pâturage et l’élevage.

infog-33-secheressecoursdeau-web.jpg?v=1787126668 2 Juste une partie de la Garonne est concernée

La géologie du département de la Gironde est, de fait, complexe et disparate. La moitié des prélèvements pour l’agriculture proviennent de la Garonne et de ses nappes dites d’accompagnement (6,9 millions de mètres cubes autorisés au maximum pour les prélèvements). Mais ce fleuve, de son embouchure à la commune de Casseuil en Sud-Gironde, est alimenté par les marées océaniques ; son niveau n’est pas lié aux précipitations.

C’est pourquoi l’arrêté préfectoral girondin ne concerne qu’une petite partie de la Garonne : juste celle qui précède le Lot-et-Garonne. Car dans ce département, en revanche, le contexte environnemental est tout autre : les usages agricoles et l’alimentation en eau potable sont extrêmement dépendants du niveau du fleuve qu’il faut préserver coûte que coûte (y compris pour refroidir la centrale nucléaire de Golfech). Les Girondins, eux, ont une eau du robinet qui provient de nappes souterraines profondes formées au cours des millénaires. Son état n’est pas lié aux prélèvements des eaux de surface par les agriculteurs.

3 Les irrigations sont presque terminées

Quand bien même les restrictions d’irrigation ont-elles été durcies depuis le 12 août, les agriculteurs concernés n’ont pas eu trop à modifier leurs pratiques. « Les semis ont été faits de manière précoce, indique la Chambre d’agriculture de Gironde. Le maïs est arrivé à maturité, la période d’irrigation touche à sa fin, les besoins en eau ne sont plus là. »

Ceux-ci étaient nécessaires lors de ce mois de juillet complément sec. « Des réserves d’eau ont été lâchées dans la Garonne à ce moment, plus vite que d’habitude », explique Rémi Doux, maraîcher à Bazas et président d’un groupement d’une vingtaine d’irrigants. Ainsi, les stocks disponibles pour maintenir des débits acceptables jusqu’en octobre ont-ils été considérablement utilisés… Tous les départements traversés par le fleuve sont touchés à l’exception de la Gironde, après Casseuil.

Le maraîcher Rémi Doux dispose d’un système d’irrigation fonctionnant grâce à des lacs artificiels. Le maraîcher Rémi Doux dispose d’un système d’irrigation fonctionnant grâce à des lacs artificiels.

S. D. / SO

4 Des réserves d’eau déconnectées et non restreintes

Rémi Doux milite pour la création d’espaces de stockage. Lui n’a jamais manqué d’eau cet été. Avec ses confrères du Bazadais, il peut compter, à proximité, sur les réserves de deux lacs artificiels alimentés par le ruissellement des eaux de pluie. « Ils se sont bien rechargés cet hiver. Nous avons 1,4 million de mètres cubes avec un réseau d’irrigation de 90 kilomètres. Cette réserve est utilisée par une vingtaine d’exploitants et nous gérons ensemble son usage, on répartit la ressource entre nous. » Ce type de réserve d’eau dite « non connectée au milieu naturel » n’est pas concernée par les restrictions préfectorales.

Le maraîcher n’a aucune raison de se plaindre de ne pas disposer suffisamment d’eau en cet été. Mais l’avenir l’inquiète : « Il faut stocker l’eau qui tombe en hiver », répète-t-il… tout en regrettant ne pouvoir agir sur les températures caniculaires qui ont rudement réduit ses rendements. « Quand la plante a chaud, elle fait moins de fruits. » Et, biologiquement, la quantité d’eau qu’elle reçoit n’y change rien : la chaleur excessive fait tomber les fleurs.

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