Grève des pompiers ce jeudi 13 août 2026 : épuisés par les mégafeux et un modèle à bout de souffle, les soldats du feu haussent le ton. Derrière l’alerte, ils visent bien davantage qu’une simple journée de mobilisation.
Face à une multiplication des feux de forêt et à des effectifs qu’ils jugent épuisés, les sapeurs-pompiers de France se mettent en grève des pompiers ce jeudi 13 août 2026. "Il y a un ras-le-bol. On répète la même chose depuis plus de dix ans", lâche Ludovic Goblet, lieutenant au Sdis de la Somme, qui résume la colère par cette formule : "On est dans un système qu'il faut réviser." Ce mouvement, lancé par une intersyndicale rassemblant neuf organisations des services départementaux d’incendie et de secours, vise trois priorités : des moyens matériels adaptés aux mégafeux, plus de professionnels pour épauler des volontaires majoritaires mais moins disponibles, et une protection de la santé. Derrière la journée de grève, les syndicats préviennent qu’un modèle entier de sécurité civile peut décrocher si rien ne change.
Grève des pompiers ce jeudi : ce qui va se passerJeudi, l’intersyndicale appelle "tous les personnels" des SDIS à se mobiliser "par tous les moyens légaux dont ils disposent", grève, brassards ou rassemblements locaux. Les interventions d’urgence resteront assurées : "Je ne connais pas un pompier qui n'ira pas sur le terrain s'il y a l'alarme qui retentit", assure Ludovic Goblet, mais des formations et missions non vitales pourront être reportées.
Un modèle de sécurité civile sous pressionLe modèle français de sécurité civile repose sur les services départementaux d’incendie et de secours, chargés du 18 et du 112. En 2025, les sapeurs-pompiers ont géré près de 20 millions d’appels pour 4,89 millions d’opérations, soit une intervention toutes les quelques secondes, et le délai moyen d’arrivée est passé à 15 minutes 9 secondes, selon le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace.
Dans ce volume, 79 % des interventions portent sur le secours aux personnes, 6 % seulement sur les incendies. La France comptait en 2025 environ 256 600 sapeurs-pompiers, dont 44 300 professionnels et plus de 200 000 volontaires, soit près de 80 % des effectifs ; "Il n'y a pas eu à ma connaissance d'augmentation des effectifs de sapeurs-pompiers professionnels depuis une dizaine d'années", déplore Ludovic Goblet, inquiet d’un modèle trop dépendant de volontaires qui travaillent ailleurs en journée, repris par le quotidien franceinfo.
Des feux plus violents et une loi de sécurité civile attendueL’été 2026 illustre ce basculement. Plus de 42 000 hectares ont déjà brûlé entre janvier et mi-juillet, avec des feux plus précoces et plus violents, décrit le quotidien régional Le Télégramme. Sur le terrain, "il nous faut davantage de moyens en termes d'engins et d'équipements, car pour le moment ce n'est pas à la hauteur", insiste le lieutenant, qui regrette que les nouveaux camions aient surtout remplacé les anciens sans accroître les capacités.
Pour Ludovic Goblet, cité dans les colonnes d'Ouest-France, la grève vise les flammes et l’architecture de la sécurité civile. L’intersyndicale veut une loi de sécurité civile, plus de vingt ans après celle du 13 août 2004 ; le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez annonce un projet à l’automne 2026, dans le sillage du Beauvau de la sécurité civile. "Nous attendons désormais que le gouvernement dépose un projet de loi au plus vite", insiste l’officier, qui avertit : "Si cela n'avance pas après notre concertation avec le ministre de l'Intérieur, la première des conséquences est que l'état de la sécurité civile va s'aggraver."
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