En 2022, les Red Lions ne sont passés qu’à un shoot-out du deuxième titre mondial. Pourtant, les critiques se sont abattues sur l’équipe. ...
Plus personne ne parle de la qualification des Red Lions pour la Coupe du monde. Elle tombe sous le sens. Les Belges sortent d'un triplé historique : Mondial 2018, Euro 2019 et JO 2021. Ils surfent sur le toit du monde. La génération dorée fait clairement peur au reste du monde.
En janvier 2023, les protégés de Michel Van den Heuvel défendaient pour la première fois un grand titre. "Nous étions dans l'état d'esprit de prolonger notre titre de 2018, rappelle Loïck Luypaert. Les attentes étaient colossales. Les médias voulaient qu'on assure le spectacle à chaque match en décrochant un nouveau titre de champion du monde. Vu le niveau de nos adversaires, cette attente n'était pas réaliste. Nous découvrions la pression liée à la défense d'un titre. En Inde, nous avons été reçus avec tous les honneurs."
Tout avait bien commencé. Les Reds ont achevé la phase de poules après des cartons face au Japon (7-1) et à la Corée du Sud (5-0) ainsi qu'un partage contre l'Allemagne (2-2). "Lors de la phase de poule, nous avons perdu Alexander Hendrickx (genou), notre atout n° 1 sur pc. Les gens nous critiquaient à cause de notre système de jeu. Ils oublient que tout le monde commençait à jouer en bloc très bas. Ces personnes voulaient voir un full press très haut durant 60 minutes. Les médias commençaient à parler du niveau des vieux dans le noyau. Le climat était assez négatif alors que nous jouions mieux que lors de la phase de poule du Mondial 2018."
En quarts de finale, la Nouvelle-Zélande n'a pas existé (2-0). "Notre adversaire n'avait pas eu une occasion", poursuit le défenseur emblématique. "Nous avions la certitude que notre cadenas défensif ne craquerait pas. Nous mettons le 2-0 en fin de match."
Il fut un temps où se qualifier était la victoireVient alors le Clasico en demi-finale face aux Pays-Bas. Le partage (2-2) s'est poursuivi par une séance de shoot-out (succès 3-2). La performance était d'autant plus remarquable que les Pays-Bas de Jeroen Delmee sortaient d'une reconstruction de deux ans. "D'ailleurs, cette équipe a été championne olympique un an et demi plus tard. Les Néerlandais étaient clairement prêts pour être champions du monde à Bhubaneswar en 2023. Les jeunes avaient amené une grosse énergie avec leur jeu en men to men. Au final, Vanasch nous sort trois shoot-out."
Il ne restait plus que l'Allemagne en finale. Le doublé semblait à portée de leur stick. Les Belges ont mené (2-0) avant de prendre un but avant la pause. Ce goal a déréglé leur organisation en deuxième période. Tom Boon a dû inscrire le 3-3 à une minute du terme pour provoquer une nouvelle session de shoot-out. Les regards étaient alors braqués sur Vincent Vanasch. Il avait déjà fait le coup en finale de Coupe du monde en 2018 et des Jeux olympiques en 2021, mais les Allemands avaient bien étudié le jeu du gardien belge. "En plus, Vanasch avait joué quelques saisons à Rot-Weiss Koln. Les Allemands le connaissaient. Il faut reconnaître qu'ils avaient bien analysé notre gardien."
La déception avait été intense. Les bilans sportifs étaient impitoyables. Pourtant, les Reds n'avaient été qu'à un shoot-out d'un deuxième titre mondial. "Nous avions montré que nous avions encore le niveau. Nous sortions d'un bon tournoi. En quittant le terrain, nous étions un peu déprimés. Avec le recul, ce tournoi avait été vraiment très bon. Quand vous disputez deux sessions de shoot-out lors des deux derniers matchs du Mondial, vous ne pouvez pas toujours gagner. Tous les joueurs avaient conscience que ce tournoi en Inde pouvait être mythique. Si nous avions prolongé notre sacre, l'histoire aurait été encore plus incroyable."
Et Loïck Luypaert de conclure en comparant le hockey avec d'autres sports : "Après les grands titres de Kim Clijsters et de Justine Henin, les journalistes ont été plus durs avec la génération suivante. Il en fut certainement de même après l'ère Merckx. En 2023, il était normal que le hockey gagne des grands titres. À ce niveau, aucun succès n'est facile."
Le jour où ils sont devenus champions du mondePar la suite, les Red Lions n'ont pas reconduit leur titre au championnat d'Europe et aux Jeux olympiques. D'ailleurs, ils n'ont plus disputé la moindre finale depuis ce 29 janvier 2023. "Notre finale à ce Mondial est sans aucun doute notre performance la plus sous-cotée. Je me souviens avoir regardé un match où les commentateurs nous allumaient alors que notre niveau était bon. La différence se situait juste au niveau des attentes."
"Nous travaillons comme des sauvages sans être bien payés et sans résultats"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.