Emmanuel Macron est à Marseille ce lundi, quand le Premier ministre Sébastien Lecornu doit rencontrer les organisations lycéennes dans l’après-midi avant de leur faire des annonces. Objectif : tenter de répondre à leurs revendications alors que de nouveaux appels à manifester ont déjà été lancés.
(De gauche à droite) Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron, Laurent Nuñez et Laurence Marion à une réunion interministérielle de crise, au palais de l’Élysée à Paris, le 18 octobre 2026 — au lendemain d’émeutes et de pillages survenus en marge de manifestations nationales contre la « vie chère ». LUDOVIC MARIN / AFP
Au lendemain du week-end de « l’acte II » du mouvement contre la vie chère et en soutien au mouvement lycéen, Emmanuel Macron, critiqué de toutes parts, est à Marseille pour une visite au débotté. Au programme : rencontres à la mairie de Marseille et discussions avec des commerçants « victimes des pilleurs et des casseurs ». « Il saluera et remerciera enfin les forces de sécurité intérieure qui ont permis le retour de l’ordre républicain », a ajouté l’Elysée. Un déplacement dans la cité phocéenne motivé par le fait que « c’est là d’où tout part le 17 octobre », avec une intrusion de manifestants dans la mairie « et le buste de Marianne brisé », selon un proche du président cité par l’AFP.
Contrairement à la mobilisation du 17 octobre émaillé par des scènes de violences et de pillages, la journée du 24 octobre, tant redoutée, s’est finalement passée sans incidents majeurs avec, cette fois-ci, des dispositifs policiers XXL ; 70 000 policiers et gendarmes, ainsi que les Militaires de la force Sentinelle, ont été mobilisés. De quoi ravir le gouvernement, sous le feu de critiques des oppositions, mais aussi des figures du camp présidentiel, après le fiasco du 17 octobre.
« La journée a été maîtrisée, il n’y a pas eu d’incidents graves », s’est félicité le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, sur RMC/BFMTV ce lundi 26 octobre au matin. Cette stratégie de maintien de l’ordre n’a pour autant pas entaché la détermination des manifestants : de nouveaux appels à mobilisation ont été lancés avec un « acte III » prévue samedi 31 octobre et surtout, d’une journée nationale de grèves et de manifestation le jeudi 5 novembre. Face à mouvement parti pour s’installer, l’exécutif promet ce lundi « des réponses très concrètes ».
Les ministres en première ligneVertement critiqué toute la semaine dernière, Emmanuel Macron est depuis monté en première ligne, notamment en présidant plusieurs réunions pour améliorer le maintien de l’ordre et en recevant vendredi 23 octobre les syndicats lycéens et en ouvrant la porte à une « refonte en profondeur » de Parcoursup, un des grands objets de litige.
Le chef de l’Etat a aussi promis que Sébastien Lecornu et ses ministres, qui doivent les rencontrer à leur tour ce lundi après-midi, apporteraient « des réponses très concrètes » aux revendications des lycéens. Le Premier ministre qui va recevoir à Matignon des représentants des lycéens pour espérer clore cinq semaines de crise entamées par des blocages d’établissements, a assuré qu’il allait « détailler un plan de réponses qui doit embarquer la question du nombre de professeurs, celle de l’état des bâtiments mais aussi du nombre d’élèves par classe au lycée ».
« Il y aura des annonces et il y aura des propositions importantes et fortes, y compris sur la question de Parcoursup et plus globalement de l’orientation », a de son côté annoncé Maud Bregeon, ce lundi matin sur RTL. La porte-parole du gouvernement a aussi souligné les conditions nécessaires, selon l’exécutif, à la reprise des discussions avec les manifestants : « Il y a des revendications qu’il faut entendre et auxquelles il faut évidemment répondre. Pour y répondre, il y a un préalable : c’est le retour au calme. On ne peut pas avoir un dialogue social qui fonctionne dans un cadre de violence tel que celui que nous avons pu connaître il y a une semaine ».
Les ministres de l’Education Edouard Geffray et de l’Enseignement supérieur et Philippe Baptiste doivent livrer les conclusions du gouvernement à l’occasion d’une conférence de presse prévue à 17h30. Mais ces réponses, qui devront se traduire en amendements dans le budget en cours d’examen, seront-elles suffisantes pour neutraliser la colère, qui a depuis gagné de nombreux corps sociaux ?
Par Service Actu (avec AFP)