Un homme de 39 ans a tué un homme de 26 ans et blessé cinq autres personnes vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Qualifiée d’attaque « terroriste raciste » par Emmanuel Macron, la fusillade fait l’objet d’une enquête du Parquet national antiterroriste. La garde à vue du suspect a été levée dimanche après une expertise psychiatrique. Des armes, des produits stupéfiants et un exemplaire de Mein Kampf ont notamment été retrouvés lors des investigations.
Un homme de 39 ans a tué un homme de 26 ans et blessé cinq autres personnes vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Qualifiée d’attaque « terroriste raciste » par Emmanuel Macron, la fusillade fait l’objet d’une enquête du Parquet national antiterroriste. La garde à vue du suspect a été levée dimanche après une expertise psychiatrique. Des armes, des produits stupéfiants et un exemplaire de Mein Kampf ont notamment été retrouvés lors des investigations.
La garde à vue de Kévin T., soupçonné d’avoir tué un homme et blessé cinq personnes à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, a été levée dimanche pour raisons psychiatriques. À l’issue d’un examen réalisé samedi soir, le suspect de 39 ans a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris pour une période d’observation susceptible de durer 48 heures, a annoncé le Parquet national antiterroriste (PNAT).
Un homme en garde à vue pour avoir qualifié le tireur de « héros »Cette mesure doit permettre de déterminer si son état de santé est compatible avec la poursuite de ses auditions. Les gardes à vue de quatre membres de son entourage familial et amical, dont ses parents, se poursuivent. L’analyse toxicologique du suspect a par ailleurs révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang.
Un homme de 64 ans a également été placé en garde à vue samedi à Évry, dans l’Essonne, pour « apologie du terrorisme », après avoir qualifié de « héros » l’auteur présumé de la fusillade sur le réseau social TikTok, selon des sources policières.
L’homme a été interpellé à la suite d’un signalement effectué sur Pharos, la plateforme du ministère de l’Intérieur dédiée aux contenus illicites en ligne. Selon une source policière, il est connu du fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) pour des faits de droit commun, mais pas des services du renseignement territorial. Sollicité par l’AFP, le parquet d’Évry n’avait pas commenté dans l’immédiat.
Le PNAT s’est saisi de l’enquête sur la fusillade, qualifiée d’« attentat terroriste raciste » par Emmanuel Macron.
Un mort et cinq blessés dans un périple meurtrierVendredi, à 10 heures, le suspect aurait tiré en rafales depuis sa voiture dans les rues de Trappes, puis de la commune voisine de La Verrière. Le bilan est d’un mort et de cinq blessés. La victime, Pengo Bossio Wangi, était un Français de 26 ans d’origine africaine, passionné de MMA, les arts martiaux mixtes.
Une enfant de 12 ans, grièvement touchée par huit impacts de balle, se trouvait toujours en urgence absolue samedi, selon le PNAT.
Les enquêteurs ont découvert plusieurs éléments lors de la perquisition du domicile du suspect, situé à Plaisir. Selon une source policière, l’appartement était piégé avec des bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur. Un exemplaire de Mein Kampf, le livre d’Adolf Hitler, ainsi qu’une Bible et un Coran ont également été retrouvés, selon une source proche du dossier.
Dans sa Renault Clio, les enquêteurs ont découvert un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène, a indiqué le PNAT. Le casier judiciaire du suspect mentionne quatre anciennes condamnations.
La famille de la victime s’interrogeLa levée de la garde à vue pour raisons psychiatriques a suscité des interrogations chez l’avocat de la famille de la victime, Me Yassine Bouzrou. « Cette décision ne manque pas de nous étonner car en pratique » ces situations sont « très rares », a-t-il réagi.
L’avocat a dénoncé une « récurrence préoccupante » dans le traitement des affaires où l’auteur présumé est associé à l’extrême droite, estimant que la question psychiatrique s’impose alors rapidement. Il a toutefois rappelé que les expertises psychiatriques et l’irresponsabilité pénale sont des principes fondamentaux du droit, réclamant que les mêmes règles s’appliquent quel que soit le profil idéologique du suspect.
La famille de Pengo Bossio Wangi s’interroge également sur un éventuel suivi du tireur par les autorités. Elle se réserve la possibilité de rechercher une responsabilité administrative si une défaillance venait à être établie.
Samedi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Trappes pour rendre hommage aux victimes. Une banderole réclamait « Justice pour Pengo Bossio Wangi et toutes les victimes de Trappes », avec ce message : « Les mots tuent. » Une marche blanche organisée par le club de MMA de la victime devait également se tenir dimanche à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.
Vendredi soir, Emmanuel Macron avait dénoncé un acte planifié visant des personnes en raison de leur couleur de peau ou de la religion qui leur était attribuée. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, avait lui aussi évoqué un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe. L’enquête doit désormais préciser les motivations du suspect et les circonstances exactes de l’attaque.