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Un deuxième suspect interpellé après l’incendie de la mairie de Limoges

Дата публикации: 23-10-2026 08:45:38

L’hôtel de ville de Limoges a été incendié lors des manifestations du 17 octobre. Jeudi, un homme de 66 ans a été interpellé et placé en garde à vue, deux jours après le premier suspect : un écologiste de 34 ans, déjà connu des services de police.

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La mairie de Limoges en flammes, le 17 octobre 2026.  PASCAL LACHENAUD / AFP

Un deuxième mis en cause. L’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, le 17 octobre, s’est accélérée. Jeudi 22 octobre, un deuxième suspect, âgé de 66 ans, a été interpellé par le RAID dans la Creuse. Il a été placé en garde à vue pour « dégradation d’un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes », a précisé le parquet.

Mardi 20 octobre, un premier suspect âgé de 34 ans avait été interpellé. L’enquête judiciaire visait jusqu’à présent des faits de « dégradation d’un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes » et de « menaces de mort » sur les personnes alors présentes dans la mairie. Mais l’analyse de la chronologie, l’exploitation des images de surveillance et l’audition des treize policiers municipaux qui se trouvaient sur les lieux ont conduit à mettre en cause le trentenaire pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique », selon la procureure de la République à Limoges, Emilie Abrantes. Sa garde à vue a été prolongée de quarante-huit heures.

L’homme arrêté jeudi est, quant à lui, suspecté d’avoir participé à la destruction de la mairie historique de la ville.

« Proche des gens du plateau de Millevaches »

Environ 5 000 personnes, dont 700 individus « extrêmement violents » selon les autorités, ont défilé samedi 17 octobre à Limoges, où de premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l’ordre aux abords de l’autoroute A20 (Vierzon-Montauban). Dans l’après-midi, la police étant à court de grenades de désencerclement selon le maire de la ville, Guillaume Guérin (LR), le cortège s’est disloqué et ses éléments les plus radicaux ont attaqué la mairie, brisant des vitres et enfonçant la porte pour pénétrer à l’intérieur et mettre le feu.

Mardi, aussitôt après l’interpellation du premier suspect, Hodei D.C., l’élu en a fait le probable « cerveau » de l’opération, tout en mettant en cause l’« ultragauche ». Intérimaire dans le bâtiment, le trentenaire est fiché S pour son appartenance présumée à l’ultragauche et connu pour des violences sur un policier lors d’une manifestation passée dans la Creuse, selon les autorités. Son avocat, Me Henri Braun, le décrivait auprès du « Nouvel Obs » comme un « écologiste engagé, proche des gens du plateau [de Millevaches] », à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Limoges.

Guillaume Guérin avait également pointé du doigt ce territoire rural, où la présence d’une population réputée radicale nourrit méfiances et tensions entre la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne. Cette zone, après avoir été un bastion communiste, a attiré de longue date une population alternative. En 2019, un Syndicat de la Montagne limousine y a été créé par des habitants pour « défendre et mettre en œuvre » leur vision du territoire, qui prône notamment de relocaliser l’usage des ressources ou de mettre en œuvre un « droit d’asile local ».

Jeudi, sur son site internet, ce syndicat a dit avoir été présent à Limoges lors du « réveil salutaire » de la journée du 17 octobre, qualifiant « le spectre de l’ultragauche » de « manipulation » et défendant le plateau de Millevaches comme « une terre d’accueil, de solidarité, de résistance ».

Dans la région, des actions ont été revendiquées par l’ultragauche dans le passé, comme l’incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis d’une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021. En avril dernier, la justice a condamné pour ces faits un septuagénaire domicilié à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), connu « pour ses liens avec le milieu anarchiste » et comme autonomiste basque dans les années 1980, d’après le journal « Le Monde ». Le trentenaire arrêté mardi dans ce même village est son fils. Ces affaires avaient aussi conduit à des interpellations à Gentioux-Pigerolles (Creuse), où a été arrêté jeudi le deuxième suspect dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges.

Par  Le Nouvel Obs

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