Lors du congrès du Rassemblement national qui s’est tenu samedi à Orléans, des journalistes de Mediapart ont été expulsés de la salle par le service de sécurité du parti d’extrême droite, avant de pouvoir de nouveau y entrer. Des journalistes ont également rapporté des vérifications du port d’un soutien-gorge lors des fouilles.
Les journalistes du site d’investigation Mediapart ont violemment été chassés du congrès du RN par le service d’ordre du parti d’extrême droite, avant de pouvoir finalement revenir dans la salle, le 24 octobre 2026 à Orléans. BASTIEN OHIER / HANS LUCAS VIA AFP
Mediapart pris à partie par des militants et sorti sans ménagement de la salle, des palpations pour vérifier le port de soutien-gorge selon certaines journalistes : le service d’ordre du Rassemblement national s’est illustré par son zèle le 24 octobre, en marge du congrès du parti d’extrême droite à Orléans.
La scène s’est produite juste avant l’ouverture officielle du congrès, dans un Zénith de 5 000 places rempli aux trois quarts. Du haut des gradins descendent des huées, puis un « Mediapart dehors ! » scandé par quelques militants remontés contre le site d’investigation qui a révélé des écrits antisémites de jeunesse de Jordan Bardella, que ce dernier conteste.
Très vite, le slogan hostile est repris par les milliers de participants. Au point que le Département protection sécurité (DPS), service d’ordre interne du parti à la flamme, décide de faire sortir les journalistes de Mediapart de la salle. De manière musclée, selon plusieurs vidéos de journalistes postées sur les réseaux sociaux et le témoignage d’un reporter du « Nouvel Obs » présent sur place.
« L’une a été ceinturée, portée de force dans un escalier et empêchée de filmer, un autre, pris par le col, à moitié étranglé, a été violemment repoussé et deux d’entre eux ont été plaqués contre un mur une fois sortis de la salle », précise la directrice de la publication de Mediapart, Carine Fouteau, dans un article paru sur le site d’investigation samedi soir. « Un meeting politique n’est pas un club privé, encore moins à six mois d’une élection présidentielle », poursuit-elle.
Ce n’est qu’une fois dehors que l’équipe de communication du RN a repris les choses en main, permettant à Mediapart de regagner quasi immédiatement la salle. « Des excuses leur ont été présentées », a indiqué sur X le fondateur du site d’investigation, Edwy Plenel, « mais cette brutalité du service d’ordre du RN et les cris “Mediapart dehors” disent ce qu’est l’extrême droite ».
Vérification du port d’un soutien-gorgeAuparavant, une journaliste de « l’Express » avait fait état sur le même réseau social de palpations de sécurité inhabituelles à l’entrée de l’enceinte du Zénith. Des agents du DPS cherchaient à savoir si elle portait un soutien-gorge, afin d’empêcher une éventuelle intrusion de Femen, ces activistes féministes célèbres pour leurs actions seins nus recouverts de slogans.
Une autre journaliste du média européen Rapporteur a fait part de la « même expérience ». Le parti a démenti toute consigne en ce sens. La journaliste de « l’Express » « raconte n’importe quoi. C’est d’ailleurs l’essentiel de son activité », a vilipendé la députée RN Laure Lavalette sur le réseau social X.
Selon les informations du « Parisien », le service de sécurité a bien reçu cette consigne. Le quotidien francilien affirme cependant que les femmes sans soutien-gorge ont pu être autorisées à rentrer « après une fouille plus poussée ».
Entre 11 000 et 26 000 manifestants à OrléansQuelque 11 000 personnes selon les autorités, 26 000 selon les organisateurs, ont manifesté contre le congrès du RN. Le cortège s’est dispersé dans le calme en début d’après-midi pour se rendre dans un « village antifasciste », où étaient installés des stands associatifs et des ateliers.
Pour encadrer les manifestants et sécuriser le congrès du parti d’extrême droite, tous les effectifs de police locaux ont été mobilisés, renforcés par quinze compagnies de CRS et de gendarmes mobiles, dont la CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines.
Par Service Actu
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