Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues en Italie et en Espagne samedi en même temps que les manifestations en France. À Rome, les Italiens dénonçaient la hausse du coût de la vie et à Madrid les Espagnols défendaient leur système des retraites.
Des manifestants à Rome, en Italie, le 24 octobre 2026. ANDREA RONCHINI / NURPHOTO VIA AFP
Comme samedi dernier, les manifestations contre la vie chère ne se sont pas arrêtées aux frontières françaises samedi 24 octobre. Belgique, Italie, Espagne... Nos voisins européens ont également fait part de leurs mécontentements dans la rue, avec parfois quelques heurts dans les cortèges.
• De faibles manifestations en Italie et un important dispositif de sécuritéLes forces de sécurité ont été massivement déployées par le gouvernement d’extrême droite italien face à des manifestations samedi qui se sont révélées finalement modestes et en grande partie pacifiques, après une vaste opération de répression consécutive à de violents affrontements le week-end dernier. Neuf personnes ont été arrêtées et 371 brièvement détenues lors de ces rassemblements, a annoncé la police, précisant que 110 d’entre elles étaient mineures.
Quelques milliers de personnes ont manifesté à Rome et à Milan malgré le dispositif de sécurité renforcé, scandant des slogans contre le gouvernement et la police. Des hélicoptères survolaient samedi la Piazza del Duomo au centre de Milan (nord). Des soldats en treillis circulaient par groupes, cinq véhicules militaires et un canon à eau étant garés à proximité. À Milan, certains magasins ont fermé plus tôt et d’autres ont barricadé leurs vitrines après des épisodes de pillage survenus le week-end dernier dans la capitale de la mode.
Ces manifestations sont organisées alors que les étudiants, les camionneurs et les agriculteurs protestent contre les coupes budgétaires et la hausse du coût de la vie, notamment du logement et du carburant. Les organisations étudiantes ont vivement critiqué la réponse sécuritaire du gouvernement, l’exhortant à répondre aux revendications des manifestants.
• Des milliers de manifestants à Madrid, pillages à BarcelonePlus de 25 000 manifestants ont défilé samedi dans le centre de Madrid pour défendre les retraites publiques, à un mois des élections législatives, alors que la gauche accuse la droite de vouloir ouvrir la voie à une privatisation partielle du système.
Sous un grand soleil, le cortège a parcouru dans le calme près de deux kilomètres entre la gare d’Atocha et la rue Alcalá, en passant notamment devant le célèbre musée du Prado et par la place de Cibeles, sous le regard intrigué de nombreux touristes, a constaté un journaliste de l’AFP.
À Barcelone, 128 personnes, dont des mineurs, ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche pour des dégradations et le pillage d’une vingtaine de magasins. Des vidéos abondamment relayées sur les réseaux sociaux montrent des groupes d’individus, dont beaucoup habillés tout en noir, courir dans les rues de Barcelone et s’attaquer à des commerces après s’être réunis sur une grande place du centre-ville, dans le cadre d’un rassemblement non déclaré en amont aux autorités.
• Quelques centaines de personnes dans la rue à BruxellesDes rassemblements ont eu lieu samedi en Belgique pour contre les coupes budgétaires dans l’enseignement et le gouvernement de coalition menée par Bart De Wever. Selon la RTBF, 400 personnes ont manifesté à Bruxelles où la police a fait usage de gaz lacrymogènes. A Liège, les manifestants étaient environ 200, rapporte la radio télévision belge. D’après RTL, les manifestants ont lancé un appel à bloquer le pays pendant dix jours, du 17 au 27 novembre pour soutenir l’enseignement.
• De nouveaux heurts en AlbanieTirs de balles en caoutchouc de la police contre mortiers d’artifices de manifestants, le son des détonations a secoué plusieurs heures durant le coeur de la capitale albanaise samedi lors d’une nouvelle escalade dans la contestation contre la corruption et les conditions d’études.
Samedi pendant plus de quatre heures, la police a tenté, notamment par des canons à eau, de disperser des groupes de manifestants qui, pour certains, voulaient s’en prendre, munis d’engins incendiaires, à des édifices ministériels ou au siège du parti socialiste du Premier ministre Edi Rama. Depuis la mi-octobre avec la rentrée scolaire et l’arrivée de lycéens et étudiants dans la rue, la contestation née contre un projet de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump a pris une autre dimension.
Aux cortèges pacifiques essentiellement non violents ont fait place des manifestations émaillées de violences qui ont fait, selon les autorités, plus de 300 blessés. Dimanche, un nouvel appel à manifester circulait sur les réseaux sociaux.
Par Service Actu (avec AFP)
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