Certains ont fait plus de huit heures de route pour venir jusqu’à la Fête de la Soupe à Florac (Lozère) malgré l’interdiction de la tenue de l’évènement sur la journée du samedi 24 octobre 2026. Les commerçants ne...
Certains ont fait plus de huit heures de route pour venir jusqu’à la Fête de la Soupe à Florac (Lozère) malgré l’interdiction de la tenue de l’évènement sur la journée du samedi 24 octobre 2026. Les commerçants ne cachent pas leur colère et leur incompréhension face à cette mesure jugée "sévère".
Sur la place de la mairie de Florac, ce samedi 24 octobre 2026, malgré l’interdiction de la Fête de la Soupe mise en place par la préfecture de la Lozère pour risque de "manifestation non déclarée" et "risques de troubles à l’ordre public", c’est l’effervescence.
Résister en musiqueVenus en soutien ou simplement pour les étals du marché, la place est comble et l’ambiance est festive. Quelques irréductibles donnent les restes de soupe qu’ils avaient confectionnés spécialement pour l’occasion, profitant du tumulte pour se fondre dans la masse.
Sur la place, un violoncelliste joue quelques morceaux sous le regard passif des gendarmes. Il est remplacé par la fanfare PLOF venant tout droit de Saint-Amant-Roche-Savine, dans le département du Puy-de-Dôme.
Une fanfare s’est tenue à l’improviste.
Luna Guttierez
Pour ce groupe, faire de la musique est une manière de résister contre l’interdiction de la Fête de la Soupe. "Nous avons fait une assemblée générale entre nous et avons demandé aux stands avant de nous produire", explique Boubou, une musicienne. Elle regrette qu’à cause de l’interdiction elle et sa fanfare n’aient pas pu jouer à la maison d’accueil spécialisée (MAS) Les Bancels.
Nous sommes là pour faire de la prévention avant de faire de la répression
Rapidement, la place de la mairie prend des airs de bal populaire, où les sourires et la danse donnent le rythme. Questionnés sur l’illégalité de la manœuvre, les gendarmes assurent que tant que le concert ne prend pas des airs revendicatifs rien ne sera empêché. "Nous sommes là pour faire de la prévention avant de faire de la répression", explique calmement l’un d’entre eux.
L’ambiance était conviviale et festive à Florac.
Luna Guttierez
En revanche, il est strictement interdit de donner de la soupe, si une habitante souhaite le faire elle sera "prévenue avant d’être verbalisée pour non-respect de l’arrêté", précise un autre lors d’un échange avec un participant.
La veille, plusieurs personnes ont été fouillées par les gendarmes qui étaient à la recherche de produits illicites : "C’était plutôt du matériel de manifestation qu’ils recherchaient", précise un musicien.
Jusqu’à 60 % de perte de chiffre d’affairesSi les participants ont pu être déçus par l’annulation du samedi de la Fête de la Soupe, les commerçants, eux, ne cachent pas leur mécontentement. "À la Fête de la Soupe on fait plus de monde sur trois jours qu’un 14 juillet ! Déjà qu’on sort d’une mauvaise saison où on a fait – 50 % de chiffre d’affaires, nous enlever ça c’est une catastrophe", témoigne Mylene Delfortrie, artisane qui n’a pas vendu une seule veste.
Mylene Delfortrie, artisane à Florac a créé des panneaux pour éviter les tags.
Luna Guttierez
Elle promet de respecter l’arrêté tout en continuant de servir sa "soupe anti-gaspi" dans son magasin. "J’ai le droit de recevoir des gens et de partager quelque chose avec eux, ils ne peuvent pas nous enlever ça", sourit-elle.
Mylene est persuadée que la fête a été annulée en raison des profils qui y participent : "On dit que c’est militant alors que c’est une fête conviviale et populaire qui rassemble tout type de personnes. Y’a pas de casseurs qui viennent ici, c’est une fête de partage. Ils veulent diviser les gens alors qu’on veut se rassembler", déplore-t-elle.
Des pancartes ont fleuri autour de la place de la mairie.
Luna Guttierez
Si les terrasses des cafés et des restaurants sont remplies, Graziella Mallia, co-gérante du PMU assure "que ça n’a rien à voir avec le monde qu’il y a d’habitude". "Nous encore on n’a pas de denrées périssables, mais on va enregistrer une perte de 60 à 70 %", déplore-t-elle. Pour Graziella, l’interdiction de la journée du samedi était bien trop sévère pour un festival attirant un public "aussi sympathique".
Si peu de soupes ont été servies ce samedi, les participants ont contribué à garder cette journée festive et joyeuse tout en respectant les consignes de la préfecture. Malgré le monde présent, aucun incident n’est à déplorer selon la gendarmerie.