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24 octobre : manifestations, interdictions, police et armée… Tout ce qu’il faut savoir sur l’« acte II »

Дата публикации: 24-10-2026 09:15:46

Après un 17 octobre chaotique, la mobilisation des gilets jaunes, syndicats et lycéens de ce samedi sera particulièrement scrutée. Avec plus de forces de l’ordre et de nombreuses manifestations interdites.

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France 22/10/2026 18:52 Actualisé le 24/10/2026 11:15

Après un 17 octobre chaotique, la mobilisation des gilets jaunes, syndicats et lycéens de ce samedi sera particulièrement scrutée. Avec plus de forces de l’ordre et de nombreuses manifestations interdites.

Par Vincent Gibert avec AFP

Un groupe de manifestants à Paris, le 17 octobre 2026.

ANTOINE JAUSSAUD / Hans Lucas via AFP

Un groupe de manifestants à Paris, le 17 octobre 2026.

EN BREF
• Les manifestations du 24 octobre, impliquant gilets jaunes, syndicats et lycéens, sont redoutées après le chaos du 17 octobre.
• Des interdictions de manifester sont en place dans plusieurs grandes villes, dont Marseille et Lyon.
• Le dispositif de sécurité est renforcé avec une mobilisation des forces de l’ordre supérieure de 20 % par rapport au week-end dernier.

L’IA au HuffPost.

Alors que l’exécutif a tenté toute la semaine de faire retomber la pression et les critiques après les scènes de chaos du 17 octobre, en tenant notamment plusieurs réunions avec les forces politiques et le renseignement, voici désormais venu le temps, ce samedi 24 octobre de l’« acte II » de la mobilisation des gilets jaunes, syndicats, lycéens et étudiants.

Une journée particulièrement redoutée par le gouvernement et les autorités, tout comme les commerçants, qui craignent casse et pillages comme le week-end dernier. Ci-dessous, Le HuffPost fait le point sur tous les éléments à connaître en amont.

· Les appels à manifester

La coordination de gilets jaunes à l’origine des manifestations du 17 octobre avait annoncé en début de semaine un « acte II » avec de nouvelles actions pour ce samedi. Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination affiche une carte des mobilisations prévues dans toute la France. Samedi 24 octobre à 9h, 823 « mobilisations » y étaient recensées.

La carte des mobilisations pour le samedi 24 octobre 2026 sur le site 17octobregiletjaune.net.

La carte des mobilisations pour le samedi 24 octobre 2026 sur le site 17octobregiletjaune.net.

« Nous, on va suivre cette poussée (du 17 octobre), évidemment. On garde l’élan pour le 5 novembre (date à laquelle une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU appelle à faire grève et manifester, ndlr) mais on va construire par étapes, c’est-à-dire qu’il y aura un 24, un 31, et après, un 5 novembre », a expliqué à l’AFP Benjamin Ball, représentant de la coordination et éditeur du site.

Les principales organisations étudiantes avaient aussi appelé dès lundi à manifester à nouveau ce samedi pour réclamer une amélioration de leurs conditions d’études.

Jeudi, Emmanuel Macron a pris la parole pour une annonce d’importance sur les défilés de ce samedi. « Pour (.) en particulier (...) samedi », « la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation. Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira », a indiqué le chef de l’État à l’issue d’une réunion avec les services de renseignement.

Selon une note des renseignements territoriaux obtenue par Le Parisien, il y aurait entre 400 000 à 500 000 manifestants dans tout le pays ce samedi. Les renseignements s’attendent, comme le 17 octobre, à des « atteintes aux bâtiments publics et aux symboles de l’État » avec « sans doute des pillages opportunistes ».

· La manifestation à Paris

Le bras de fer est intense entre syndicats et préfecture autour du parcours du cortège dans la capitale. La préfecture de police de Paris a finalement interdit vendredi après-midi l’itinéraire négocié la veille avec les syndicats pour ce samedi entre les places de la Bastille et de la Nation et a proposé un parcours alternatif, refusé par l’intersyndicale.

Selon l’arrêté publié dans la soirée, que les organisateurs entendent contester en justice, ce parcours négocié par des représentants de l’Union départementale (UD) de Paris de la CGT, « est interdit ». « Néanmoins, la manifestation pourra se tenir le 24 octobre de 13h à 19h de la Porte d’Italie jusqu’à la Porte de Vincennes en passant par les boulevards des Maréchaux », en lisière de la capitale, détaille le texte de la préfecture.

L’intersyndicale d’Île-de-France qui organise la manifestation, comprenant les branches Île-de-France de la CGT, la CFDT, FO, la FSU et Solidaires et les principales organisations de jeunesse (Fage, Union étudiante, Unef, USL) a indiqué dans un communiqué refuser cette demande « inacceptable ». L’itinéraire proposé par la préfecture est « impossible à sécuriser », affirme à l’AFP le co-secrétaire général de la CGT de Paris, Karl Ghazi.

Benjamin Ball a lui déclaré à l’AFP : « nous refusons de céder au gouvernement qui fait n’importe quoi ». Le gouvernement « perdra en référé au tribunal administratif », a-t-il estimé. Cela n’a pas été le cas puisque le tribunal administratif de Paris a rejeté ce samedi en fin de matinée le recours des organisateurs.

· La manifestation à Marseille

Une manifestation syndicale a été autorisée « à titre dérogatoire » dans la deuxième ville de France, a annoncé vendredi la préfecture. La manifestation a été autorisée « parce qu’un parcours a été identifié et partagé et qu’un service d’ordre est mis en place », précise la préfecture dans un communiqué.

La cité phocéenne était la seule a avoir obtenu le droit de manifester. Mais cela, c’était avant que le tribunal administratif de Marseille décide finalement d’autoriser des rassemblements dans quelques villes du départements ce samedi 24 octobre au matin. Saisie en urgence, la justice donne ainsi en partie raison aux requérants en autorisant des rassemblements sur les communes de Gardanne, Istres, Martigues, Miramas et Tarascon.

Une demande de la CGT avait été déposée pour cette manifestation intersyndicale qui rassemble aussi la FSU et Solidaires, a précisé à l’AFP le secrétaire général de l’Union départementale CGT dans les Bouches-du-Rhône, Marc Pietrosino. La préfecture avait pourtant annoncé jeudi que toutes les manifestations, déclarées ou non déclarées, seraient interdites samedi à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône « pour des raisons évidentes de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieure ».

· Les manifestations interdites et les couvre-feux

Dans plusieurs grandes villes, les manifestations seront tout simplement interdites ce samedi. Ce sera le cas à Lyon. « Dans le cadre de l’appel à mobilisation qui circule et au vu des évènements du 17 octobre dernier, le préfet a pris la décision d’interdire par arrêté toute manifestation dans la ville de Lyon ce samedi 24 octobre », a écrit la préfecture du Rhône. Vendredi, le périmètre d’interdiction de manifester a été affiné. Il concerne la Presqu’île, le 6e arrondissement et une partie du 3e arrondissement où se situent notamment la préfecture, le palais de justice ou encore la gare SNCF Part-Dieu.

À Toulon, une « interdiction des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements à caractère revendicatif » sera observée « dans un périmètre délimité du centre-ville » de 11 heures à 23 h 59, a indiqué dans un communiqué le préfet du Var Simon Babre. De même, un couvre-feu temporaire sera imposé aux mineurs non accompagnés, dès samedi soir à 18 heures, jusqu’à dimanche matin 6 heures.

Les manifestations seront aussi interdites dans les centres-villes de Rouen et du Havre, entre 9 heures et 20 heures, a annoncé la préfecture de la Seine-Maritime. Le préfet de la Sarthe a indiqué interdire pour sa part « toute manifestation jusqu’au mardi 27 octobre 8 heures » dans le centre-ville du Mans.

Les manifestations sont par ailleurs interdites dans le centre de Perpignan depuis jeudi et jusqu’à dimanche et « des consignes de très grande fermeté » ont été données à la police, dont les effectifs seront doublés ce samedi, a annoncé le préfet des Pyrénées-Orientales. Un couvre-feu pour les mineurs sera instauré du samedi à 19 h 30 au dimanche à 6 heures.

La préfète de l’Isère a décidé que « tout rassemblement, attroupement, manifestation ou cortège de personnes est interdit » à Grenoble depuis jeudi et jusqu’à dimanche 25 octobre 6 heures, dans un périmètre délimité afin de « préserver l’hypercentre ».

· Le dispositif policier et militaire prévu

Le dispositif policier prévu ce samedi « sera massif », avait annoncé Sébastien Lecornu mardi devant l’Assemblée nationale, reconnaissant un dispositif « trop statique et pas assez mobile » le 17 octobre. Au Total, 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés a détaillé vendredi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. « Une vingtaine de véhicules blindés Centaure » pour la gendarmerie « et 15 engins lanceurs d’eau » pour la police seront aussi déployés dans le pays.

« On est sur un niveau de mobilisation de 20 % supérieur à ce qu’il était la semaine dernière », a précisé jeudi le ministre délégué auprès du ministère de l’Intérieur Jean-Didier Berger, rappelant que le dispositif allait être renforcé par les militaires de la force Sentinelle, des unités d’élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid, le GIGN ou la BRI, ainsi que des hélicoptères et des blindés.

« Nous avons supprimé des vacances. Nous avons rappelé des personnes qui devaient être en vacances et qui ne le seront pas », a expliqué Jean-Didier Berger. Les militaires seront ainsi utilisés « pour soulager les forces de police traditionnelles » et se concentreront à Paris sur la défense des bâtiments publics, comme l’Assemblée nationale, le Sénat, Matignon ou des lieux touristiques comme les Champs-Élysées. Le RAID, la BRI et le GIGN « viendront là en plus, lorsque cela est nécessaire », a-t-il précisé. « On est dans un niveau de vigilance maximum, compte tenu de ce qu’il s’est passé la semaine dernière. »

Le ministre du Commerce Serge Papin avait lui assuré mercredi que les commerçants « peuvent avoir confiance dans le rétablissement de l’ordre » pour ce samedi. Malgré tout vendredi, Laurent Nuñez a fait état de « nombreux appels sur les réseaux sociaux à commettre des exactions » mais aussi des « pillages ».

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