À l’occasion de ses dix ans de présence en Belgique, Getaround, anciennement Drivy, affiche de nouvelles ambitions sur le marché belge. Une offensive qui intervient alors que d’autres acteurs de la mobilité partagée traversent une période difficile marquée par le vandalisme. ...
La crise énergétique que nous vivons actuellement fait les affaires de certains acteurs de la mobilité. C'est le cas de Getaround, anciennement Drivy, qui voit ses demandes en hausse dans notre pays. "La Belgique est notre deuxième marché européen à la plus forte croissance, nous explique Marie Reboul, directrice générale de Getaround Europe. On recherche des voitures à louer, tout autant des citadines que des utilitaires. On voit beaucoup de signaux verts pour nous, notamment à Bruxelles".
Pour rappel, Getaround est une plateforme qui met en relation des personnes possédant des véhicules et des candidats loueurs. "L'idée est de proposer à des propriétaires de louer leur voiture lorsqu'ils ne l'utilisent pas, tout en permettant à d'autres automobilistes de disposer d'un véhicule sans en posséder un", résume Marie Reboul.
"Mon rêve ? Un monde où chaque voiture est partagée"Première plateforme en EuropeDepuis sa récente fusion avec le Danois GoMore, Getaround, aujourd'hui présent dans 11 pays européens est la première plateforme d'autopartage du Vieux Continent. En Belgique, l'entreprise est présente depuis dix ans….
guillement"Tout le monde sait qu'on peut louer un appartement à un particulier mais trop peu savent qu'on peut aussi louer sa voiture."
Si elle connaît une croissance régulière, avec 63 000 utilisateurs uniques et 171 000 réservations depuis ses débuts dans notre pays, la plateforme reste encore peu connue du grand public. "On n'a pas beaucoup investi en marketing, reconnaît la directrice. Mais cela va changer. Nous allons investir dans une équipe spécifique pour la Belgique. Tout le monde sait qu'on peut louer un appartement à un particulier mais trop peu savent qu'on peut aussi louer sa voiture".
Marie Reboul, directrice Europe de Getaround. ©D.R.Sorte d'Airbnb du véhicule, le business de Getaround est donc avant tout celui d'être un intermédiaire. Contrairement à d'autres acteurs de la mobilité partagée, comme Poppy en Belgique, la plateforme ne dispose ainsi d'aucune voiture propre. Ce qui aurait ses avantages. Notamment sur l'un des aspects qui a fait fuir de Bruxelles beaucoup d'acteurs ces dernières années, à savoir les actes de vandalisme. Getaround est ainsi la seule société d'autopartage présente à Bruxelles en continu depuis dix ans.
Moins vandalisées"Les gens respectent davantage les voitures quand ils savent qu'elles appartiennent à un particulier, constate Marie Reboul. Les véhicules que nous mettons en location sont moins reconnaissables que ceux de nos concurrents et donc moins sujets aux actes de vandalisme."
Des actes de vandalisme qui se sont multipliés pour différents acteurs de la mobilité partagée ces derniers jours lors des manifestations et émeutes en Belgique ou en France.
Autre différence de l'entreprise : ce sont les particuliers qui fixent les prix de la location. "Nous leur suggérons des tarifs, mais ce sont eux qui choisissent finalement. Ce système nous permet d'être la majorité du temps 20 % moins chers que nos concurrents."
Louer ses propres voitures est un businessUne IA précieuseMais un propriétaire doit aussi pouvoir s'y retrouver. Sur un montant de location de 100 euros, ce dernier toucherait environ 60 euros, "le reste étant réparti entre les assurances et nos commissions". Des assurances qui sont fondamentales, notamment en cas de dégâts causés par un loueur. "Les litiges ne représentent que moins de 1 % des locations. L'IA nous aide beaucoup : l'état des lieux se fait très rapidement via dix photos et nous avons un système qui permet de louer une voiture en quelques minutes sans être en contact avec le propriétaire."
Getaround a fait ses comptes. Chaque voiture partagée sur la plateforme a permis d'économiser entre 5 et 7 véhicules individuels, jusqu'à 48 000km par an et plusieurs places de stationnement. "Ce sont des mètres carrés qui peuvent redevenir des pistes cyclables, des espaces verts, des terrasses", indique Getaround
". "Ce sont des mètres carrés qui peuvent redevenir des pistes cyclables, des espaces verts, des terrasses", indique Getaround.
Entre 100 et 150 euros par week-endL'entreprise aurait aussi fait gagner plus de 11 millions d'euros aux propriétaires belges. "En louant votre voiture un week-end, vous pouvez gagner entre 100 et 150 euros", insiste Marie Reboul. Un propriétaire belge gagne en moyenne "entre 250 et 480 euros par mois en louant son véhicule de façon occasionnelle".
"Partager ma voiture privée me rapporte 300 euros par mois"Notons que les voitures louées doivent remplir certaines conditions (moins de 150 000 km au compteur, etc.). ""Nous contrôlons la qualité régulièrement, indique la directrice. Nous sommes encore petits, mais on chatouille les locateurs traditionnels de voitures, avec qui l'expérience peut être poussiéreuse. Avec nous, pas de mauvaise surprise : la voiture obtenue est toujours celle que vous avez réservée."
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