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Zelensky a de bonnes raisons de se méfier de la rencontre entre Witkoff et Poutine en Russie

Дата публикации: 21-10-2026 11:50:09

Les discussions « constructives » avec les émissaires américains à Oslo ce mardi ne suffisent pas à rassurer le président ukrainien, dont le bras de fer diplomatique avec Trump est loin d’être terminé.

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International 21/10/2026 13:25 Actualisé le 21/10/2026 13:50

Les discussions « constructives » avec les émissaires américains à Oslo ce mardi ne suffisent pas à rassurer le président ukrainien, dont le bras de fer diplomatique avec Trump est loin d’être terminé.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué un dialogue « constructif » après une rencontre avec l’émissaire américain Steve Witkoff, à Oslo, le 20 octobre 2026. (Photo d’illustration)

HANDOUT / AFP

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué un dialogue « constructif » après une rencontre avec l’émissaire américain Steve Witkoff, à Oslo, le 20 octobre 2026. (Photo d’illustration)

À écouter les propos après la rencontre entre Volodymyr Zelensky et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Oslo ce mardi 20 octobre, on pourrait croire que tout va mieux entre Kiev et Washington. Le président ukrainien a mis en avant un dialogue « constructif », tandis que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, en déplacement en Inde, a évoqué des pourparlers « positifs ».

Steve Witkoff a enchaîné avec une rencontre avec Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg ce mercredi 21 octobre - sa dixième visite en Russie depuis 2025 -, affirmant au début de l’entrevue avoir apporté « des idées » pour un « accord de paix » en Ukraine. Mais ces éléments de langage diplomatiques ne suffisent pas à faire oublier ces derniers jours de haute tension entre Kiev et Washington, Donald Trump paraissant toujours aussi disposé à imputer à Volodymyr Zelensky la responsabilité du conflit.

« Il faut que M. Zelensky ait la volonté de mettre fin à cette guerre et si ce n’est pas le cas, cela se passera très mal », a-t-il d’ailleurs encore répété ce mardi, quand le président ukrainien s’évertue à rappeler que ce ne sont pas ses forces armées qui ont subitement transgressé les frontières de leur voisin, une nuit de février 2022.

« La Russie a été bien sur l’Ukraine. Ils n’ont pas fait grand-chose récemment », a encore dit le président américain en début de semaine, alors que Moscou a encore frappé des sites énergétiques ukrainiens cette nuit.

« Ça a déjà été pire »

Entre l’accord signé par Donald Trump avec Vladimir Poutine sur l’achat de diesel russe, ses critiques contre Volodymyr Zelensky pour les attaques ukrainiennes contre des raffineries en Russie, et son affirmation selon laquelle il serait « plus difficile de travailler » avec le dirigeant ukrainien plutôt que son homologue russe, Washington a remis une forte pression sur Kiev.

Mais alors qu’il choisissait de faire le dos rond lors des précédents pics de tensions, Volodymyr Zelensky a cette fois-ci choisi la voie de la confrontation diplomatique, n’hésitant pas à qualifier l’attitude de Donald Trump de « faible » et à déplorer la « trahison » américaine.

Dans ce contexte, certains propos de la diplomatie américaine paraissent encore plus incongrus. Un responsable américain a ainsi déclaré à CNN que les États-Unis et l’Ukraine avaient réalisé des « progrès significatifs » à Oslo, affirmant que l’Ukraine « a présenté de nouvelles idées et propositions, qui ont été examinées en détail », et les deux parties sont désormais « en parfaite adéquation » quant aux prochaines étapes à suivre.

« C’est un peu difficile. Ça a déjà été pire, ça a déjà été mieux, on verra comment ça se passe ensuite », s’est montré beaucoup plus mesuré un haut responsable ukrainien à l’AFP au sujet des négociations. « Nous verrons ce que nous réserve demain », a également tempéré Volodymyr Zelensky ce mardi depuis Oslo, qui a néanmoins salué le rétablissement du partage du renseignement américain.

Une rencontre États-Unis - Russie - Chine ?

Qu’attendre de cette visite de Steve Witkoff à Vladimir Poutine ? Une première annonce a été faite, mais elle n’a pas grand-chose à voir avec l’Ukraine : le dirigeant russe a annoncé ce mercredi la libération de Stephen Hubbard, un Américain détenu en Russie pour « mercenariat » au profit de Kiev. Donald Trump a confirmé que l’homme de 75 ans était « en route » pour les États-Unis, et qu’il a été libéré sans « contrepartie »

Steve Witkoff a aussi caressé le maître du Kremlin dans le sens du poil : « Vous parlez beaucoup du fait que mon président, le président Trump, est un humaniste. Vous êtes vous-même un humaniste, monsieur, et je tiens à le saluer. »

« Nous avons apporté quelques documents, ce sont en fait quelques idées concernant les différents éléments d’une sorte d’accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, et vous pourrez les lire à votre convenance », a par ailleurs assuré Steve Witkoff lors de propos liminaires transmis à la télévision publique russe.

L’émissaire américain a également estimé que la coopération économique entre Moscou et Washington « illustre les possibilités qui s’offrent à nous pour l’avenir », sans plus de détails. Un peu plus tôt, le vice-ministre russe en charge de l’Energie, Alexandre Novak, a annoncé, cité par les agences russes, le départ ce jeudi du premier pétrolier transportant du diesel russe vers les Etats-Unis.

Un autre sujet était également sur la table : la tenue d’une rencontre entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping en Chine en novembre évoquée par le président américain… sans Volodymyr Zelensky. « Si le président Xi (Jinping) le veut, je le ferai », a dit ce lundi le président américain, assurant que si la réunion tripartite avait lieu, elle ne se tiendrait « pas pour l’Ukraine ».

Pourtant, selon le Wall Street Journal, si Vladimir Poutine a bel et bien proposé à Donald Trump et à Xi Jinping une rencontre à l’occasion d’un sommet économique Asie-Pacifique les 18 et 19 novembre à Shenzhe, c’est bel et bien pour discuter d’une fin de conflit en Ukraine.

« S’il s’agit de questions concernant l’Ukraine et notre avenir, cela ne peut être acceptable que si nous sommes présents à la table des négociations », a d’ailleurs réagi Volodymyr Zelensky ce mardi, comme il s’évertue à le répéter depuis près de deux ans. La fin de la guerre n’est pas encore pour demain.

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