Brest s'est réveillé abasourdi, ce dimanche 18 octobre 2026, au lendemain des violences survenues en marge de la manifestation du samedi. Habitants, commerçants, manifestants et élus témoignent de leur sidération.
Diffusé le lundi 19 octobre 2026 à 7h32
Publié le lundi 19 octobre 2026 à 7h32
Brest s'est réveillé abasourdi, ce dimanche 18 octobre 2026, au lendemain des violences survenues en marge de la manifestation du samedi. Habitants, commerçants, manifestants et élus témoignent de leur sidération.
Des bris de verre, des poubelles renversées à moitié brûlées et des pavés dans les rues. Ce dimanche 18 octobre 2026, au lendemain des violences survenues en marge de la manifestation, Brest offre un paysage de désolation. Les stigmates d'une "guérilla urbaine", selon des élus sur place.
Depuis tôt le matin, une quarantaine d'agents de propreté sont sur le terrain. "On ramasse des poubelles et beaucoup de cailloux", témoignent deux hommes dans leur camion. Ils vont poursuivre leurs rondes jusqu'au début d'après-midi. Le long de la rue de Siam, Patrick descend une grande poubelle à la main, son gilet d'agent d'entretien sur les épaules. "C'est le bordel. C'est le bordel", répète-t-il.
Avec son bâton, il pointe la place de la Liberté, un peu plus haut. "Là, on va devoir ramasser tous les pavés." Les morceaux de pierre sont ensuite déposés dans des grandes cages bleues, présentes dans les rues adjacentes. Anne-Marie observe le spectacle désabusé. "Ça me fait mal au cœur, confie la Brestoise, le regard baissé vers la terre qui a remplacé les pavés, en bas du monument aux morts. Quand je vois mon père là, qui est mort pendant la guerre, et que des gens cassent tout. Ça me fait mal au cœur", réprime-t-elle dans un sanglot.
Les pavés sont déposés dans des cages bleues à Brest. © Radio France - Louis Emeriau"Ça ne me rendra pas ma boutique"À une cinquantaine de mètres d'elle, un grand panneau de bois contreplaqué recouvre la vitrine détruite de la boutique de chaussures Diane et Paul. "On a du verre partout dans le magasin, des vitrines étoilées par les chocs. Et des chaussures dont le cuir a été abîmé", constate amèrement Fanny Paul. Sa sœur et collègue Solen ne peut pas s'empêcher de pleurer lorsqu'elle observe les dégâts. La cinquantaine de messages de soutien et de proposition d'aide pour nettoyer le magasin n'y feront rien. "C'est beau cette solidarité, mais ça ne me rendra pas ma boutique", confie Solen.
Un peu plus loin, à l'angle de la rue Colbert, le musée des Mômes est encore plus dégradé. Les vitrines ont été explosées. "Quand j'ai appris que les casseurs étaient rentrés, j'ai pleuré", livre Jane Garo-Meunier, la présidente. "Ils n'ont pas volé les ordinateurs, ils les ont cassés. Ça fout encore plus la rage", explique-t-elle.
"On a tout annulé"Elle va devoir baisser le rideau, deux jours avant le début de sa meilleure saison. "On avait beaucoup de réservations des quartiers alentours. On devait recevoir des enfants hospitalisés prochainement. On avait prévu un escape-game et des ateliers." Mais rien ne pourra se faire. "On a tout annulé", explique douloureusement la présidente. Elle ne sait pas quand elle pourra rouvrir. Après avoir nettoyé les jouets cassés, les bris de glace et le sol, souillé de boissons sucrées.
Le musée des Mômes a été saccagé en marge de la manifestation du 17 octobre 2026. - Le Musée des Mômes"Les commerçants sont choqués, confirme Stéphane Baot, élu aux commerces de Brest. Certains n'ont pas dormi de la nuit de peur de se faire à nouveau piller. Eux aussi vivent la crise économique, une des revendications des manifestants tout à fait audible, et là, ils subissent ces évènements qui ne font qu'aggraver leur situation."
Il s'est rendu au chevet des commerçants et au marché pour évoquer ces scènes de violences survenues à Brest. Anne-Marie y fait quelques courses. Elle fait partie des 10.000 manifestants brestois de la veille. Elle regrette ces violences "qui arrangent le gouvernement" pour éviter "de parler des revendications". "Parce que c'est la galère pour tout le monde, reconnaît cette retraitée. Je pense à mes petits-enfants, à mes enfants. Aux salaires qui diminuent et au coût de la vie qui n'arrête pas d'augmenter."
Tous les vendredis, recevez le meilleur de la semaine d’ICI Breizh Izel : certifié 100% local !
Adresse e-mail (obligatoire)
Exemple : nom@email.com
En cliquant sur “s’abonner”, j’accepte que Radio France puisse m’adresser des emails (en fonction de mes abonnements) ainsi que suivre les ouvertures des messages à des fins de personnalisation des services, étant informé(e) que je peux refuser ce suivi à tout moment via un lien dans chaque message reçu. Le cas échéant, les choix déjà enregistrés par Radio France continueront de s’appliquer.
Des rassemblements ont été organisés devant plusieurs mairies, à Quimper et Lorient notamment, après les manifestations du 17 octobre et les violences en marge de cette mobilisation qui ont occasionné de très nombreux dégâts.
Il y a 5 h
L'info d'ici, ICI Breizh Izel
Le 18/10/2026
L'info d'ici, ICI Breizh Izel
Le 17/10/2026
L'info d'ici, ICI Breizh Izel
Le 16/10/2026
Invité d'ICI Breizh Izel après les violences survenues samedi 17 octobre 2026 à Brest, le maire Stéphane Roudaut revient sur les dégradations subies par la ville, dénonce l'action de groupes très organisés et lance un appel au calme.
Le 19/10/2026
Christophe Kirgo, directeur de cabinet du préfet du Finistère, fait le point sur ICI Breizh Izel ce vendredi sur le mouvement des lycéens, la situation de sécheresse et la campagne de prévention aux risques hivernaux.
Le 09/10/2026
Les lycéens mobilisés à Quimper ont profité du week-end pour préparer la suite de leur mobilisation. De nouveaux mouvements de protestation lycéenne sont prévus, à l'échelle bretonne comme nationale, dès ce lundi 6 octobre.
Le 05/10/2026
La Maison des Femmes de Brest est inaugurée lundi 28 septembre, mais elle a ouvert ses portes sur le site de l'hôpital Morvan depuis le 10 août. Un lieu dédié à la prise en charge pluridisciplinaire des femmes victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques.
Le 28/09/2026