Bluff, patience, observation : le poker ne se résume pas à retourner de bonnes cartes. Ce week-end des 5 et 6 septembre, à Pratgraussals, 374 joueurs ont pris place autour de 43 tables pour le 14e championnat d’Albi...
l'essentiel Bluff, patience, observation : le poker ne se résume pas à retourner de bonnes cartes. Ce week-end des 5 et 6 septembre, à Pratgraussals, 374 joueurs ont pris place autour de 43 tables pour le 14e championnat d’Albi Poker 81. Un record pour le club. Parmi eux, "Happyfish", du club d'Albi, qui a remporté dernièrement le championnat de France amateur
Assise derrière son pupitre, Christine Basile voit arriver les premiers éliminés des tables. Beaucoup râlent, ils pensaient pouvoir l'emporter, sûrs de leur main et se sont fait sortir par un coup qu'ils n'avaient pas vu venir. "C'est ça le poker", commente la cheville ouvrière de la compétition et également la présidente d'Albi Poker 81, qui compte 87 licenciés. Ce week-end, le club organisait son 14e championnat, dans la salle de Pratgraussals.
À lire aussi : Albi Poker 81 : tournoi réussi au Samy’s
Quarante-trois tables installées autour desquelles se sont dressés 374 joueurs, venus d'un peu partout : Paris, Bordeaux, Agen, Perpignan... Un record pour le club. Il faut dire que le tournoi est bien doté avec plus de 80 lots offerts pour sept compétitions. Parmi eux, on trouve Frédéric Massoutier, surnommé "Happyfish", du club d'Albi. Il a remporté dernièrement le championnat de France amateur et s'envolera prochainement pour Las Vegas (son lot) avec plusieurs membres du club. "C'est une fierté", assure Christine Basile.
À lire aussi : Festival Albi poker 81 : le champion du monde se met à table
L'ambiance ? Rien à voir avec l'image que peut s'en faire un néophyte. On est loin du film "Les Joueurs" avec Matt Damon et Edward Norton... Ici et là, on entend applaudir. Les joueurs sourient et apprécient les bons coups. L'ambiance est bon enfant. Peut-être que cela sera différent quand il ne restera que les meilleurs... Peu de femmes autour des tables. Elles ne représentent que 20 % des joueurs en France.
" Ici, on ne joue pas d'argent""Ici, on ne joue pas d'argent, on est un club sans but lucratif. Il n'y a pas d'enjeu financier. On ne se prend pas la tête", prévient de suite la présidente. Mais, il y a des règles. "Les vraies règles des casinos". Et quand elles ne sont pas respectées, "on sanctionne pareil". "L'organisation est très cadrée. C'est comme un tournoi international", ajoute-t-elle.
"Cruel" est le mot qui vient tout de suite à l'esprit de la présidente quand on lui demande de définir ce sport. "On peut avoir le meilleur jeu du monde et perdre. Parfois, on a les mains liées, c'est la petite part de chance", souligne-t-elle.
Pour elle, le poker c'est "une école de la vie. Le reflet intégral de votre personne". Les joueurs doivent avoir la tête sur les épaules. Le poker demande de la patience, ce que n'ont pas certains joueurs, ce qui les perd. "On sait quand ça commence et on ne sait pas quand ça finit. À 20 heures ce soir, on arrête et on reprend à 10 heures jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus qu'un".
Outre les cartes, le poker se joue sur l'humain. Certains peuvent bluffer. "On tente un coup, on crée une histoire. Mais dans ce cas-là, il faut la tenir tout au long du jeu", explique Christine Basile. Il faut aussi savoir observer les autres. "Chacun fait des mouvements sans s'en rendre compte. Il y a plein de petits trucs. On essaie de détecter quelque chose. Mais parfois, c'est à contresens", continue la présidente. Pour ceux qui voudraient s'exercer avant le tournoi de l'an prochain, il existe une bible sur les tells au poker.