Avec « les Mots et les Choses » et « Surveiller et punir », le philosophe dont on fête les 100 ans de la naissance, a été la grande figure intellectuelle et médiatique, évinçant jusqu’à Sartre. Sa pensée n’a pourtant pas toujours été bien accueillie…
Michel Foucault en 1965. MARC GARANGER/AURIMAGES VIA AFP
« Quel talent, nom de Dieu ! » Le compliment est lâché par Gaiffier, le personnage porte-parole de Louis Aragon dans son roman « Blanche ou l’oubli » (1967, cité par Antoine Compagnon, « 1966, année mirifique », Gallimard, 2026). Il est adressé à l’essai dont tout le monde parle depuis sa sortie en 1966, « les Mots et les Choses » de Michel Foucault. Pourtant, Aragon est un communiste orthodoxe, et le Parti n’aime guère Foucault. Dans le même temps, Jean-Luc Godard, maoïste, dézingue dans son film « la Chinoise » (1967) « des livres qui confondent les mots et les choses, qui se font les valets de la pensée réactionnaire ».
Alors, où situer l’essai sur l’échiquier politique du moment ? Est-il avant-gardiste ? Conservateur ? Pas facile à dire. Une chose est certaine : c’est un phénomène de société. Et, qui plus est, inattendu. Un essai de philosophie certes divinement écrit, mais à la lecture passablement ardue, qui, à …
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