Face au développement exponentiel de l’intelligence artificielle, doit-on sincèrement craindre pour l’avenir de l’humanité ? Ou faut-il se méfier d’un discours marketing ? Pour en débattre, « le Nouvel Obs » a réuni l’ingénieur et militant Maxime Fournes, à la tête de l’association Pause AI, et le sociologue Irénée Régnauld.
Pour le sociologue Irénée Régnauld, l’enjeu qu’il y a à garder le contrôle de l’IA n’est pas tant lié à un « risque de voir une entité autonome s’échapper des labos » qu’à un réel danger pour le climat le travail. J STUDIOS/GETTY IMAGES
C’est la question existentielle qui a enflammé la rentrée : le développement de l’intelligence artificielle (IA) menace-t-il l’avenir de l’humanité ? La fièvre est partie du réseau social X, le 9 septembre, quand Jacob Coxon, un ingénieur britannique passé par les deux leaders du secteur, Anthropic et OpenAI, a expliqué que ses ex-employeurs « jouaient à la roulette russe avec nos vies ». De quoi exacerber le débat sur les risques d’une technologie naissante avec, d’un côté, ceux qu’on appelle les doomers (ou « catastrophistes »), confortés dans leur vision apocalyptique de l’IA, et de l’autre, les boomers (ou « accélérationnistes »), tenants d’un technosolutionnisme quasi-béat. Au centre, des individus oscillant entre angoisse et scepticisme.
Pour y voir plus clair, « le Nouvel Obs » a réuni Maxime Fournes, président de l’association internationale Pause AI, qui réclame en urgence un moratoire sur l’IA, et le sociologue Irénée Régnauld, spécialiste du numérique et du travail.
Le mouvement Pause AI, fondé aux Pays-Bas en 2023, réclame depu…Article réservé aux abonnés.
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