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Sur le champ de bataille ukrainien, les robots terrestres font désormais le sale boulot

Дата публикации: 08-10-2026 04:31:15

Autour de Lyman, le 3e corps ukrainien a mené une attaque combinant drones aériens, robots terrestres, guerre électronique et vieux blindés transformés en engins explosifs télécommandés. Plus qu’une démonstration technologique, l’opération Vivaldi esquisse une nouvelle façon de donner l’assaut. ...

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Les images sont saisissantes : pilotés à distance, deux vieux véhicules de transport BTR-60 soviétiques bourrés d'explosifs sont lancés contre des positions russes autour de Nove et Katerynivka, au nord de Lyman. Dans le même secteur, des robots terrestres déminent des routes, transportent des munitions et attaquent des fortifications. Certains sont même directement largués derrière les lignes russes par des drones bombardiers lourds.

Diffusée en septembre par le 3e corps d'armée ukrainien, cette séquence compte parmi les épisodes les plus spectaculaires d'une opération baptisée Vivaldi. Lancée plusieurs mois auparavant dans le secteur de Lyman (oblast de Donetsk), elle a permis aux Ukrainiens de reprendre plusieurs localités et, selon Kyiv, 176 km² de territoire.

La guerre des robots

L'emploi de robots terrestres n'est pas nouveau en Ukraine. Depuis 2024, ils sont principalement utilisés pour transporter des munitions, ravitailler des positions isolées ou évacuer des blessés sous le feu. Leur intégration massive au sein d'une offensive combinant drones, VBIED (véhicules piégés) et fantassins, en revanche, est bien plus récente.

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À Shandryholove, le 3e corps affirme avoir déminé environ 30 kilomètres d'itinéraires en deux nuits à l'aide de robots. D'autres machines ont miné les routes empruntées par les renforts russes. L'unité spécialisée NC13 les emploie quant à elle directement contre les positions ennemies. Certains modèles ont ainsi été équipés de lance-roquettes antichars, quand d'autres transportent directement une charge explosive.

Plusieurs de ces robots ont été largués jusqu'à dix kilomètres derrière les lignes russes à l'aide de drones bombardiers. Selon "Makar", commandant de NC13, l'unité travaillait depuis plusieurs mois sur cette combinaison entre drones aériens et terrestres.

D'abord, neutraliser la surveillance

Avant de donner l'assaut, les Ukrainiens ont d'abord cherché à aveugler et isoler leur adversaire en frappant les routes, dépôts, postes de commandement et équipes de drones russes sur plusieurs dizaines de kilomètres. Les unités de guerre électronique et de lutte antidrones ont en parallèle dégradé les capacités de surveillance russe au-dessus du secteur.

Dans une analyse publiée par le Modern War Institute de West Point, le chercheur Robert G. Rose estime que les Ukrainiens ont cherché à obtenir temporairement une forme de "domination des drones" sur une portion limitée du front, comparable à la recherche de la supériorité aérienne dans les précédents conflits. Le colonel autrichien Markus Reisner développe une lecture comparable. Dans une analyse récente, il décrit le front ukrainien comme un "champ de bataille de verre", où la densité des drones de reconnaissance et d'attaque permet de détecter rapidement les concentrations de troupes et de véhicules, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de la ligne de contact.

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À Lyman, le 3e corps a donc tenté de réduire cette surveillance avant de faire avancer ses propres forces. Les drones ont frappé dans la profondeur, la guerre électronique a visé les appareils adverses, les robots terrestres ont ouvert certains axes et attaqué des positions fortifiées. Et les fantassins sont intervenus une fois ces défenses affaiblies.

Plus de 100 000 missions réalisées par des robots terrestres

L'opération intervient alors que l'armée ukrainienne augmente rapidement son parc de systèmes terrestres. Selon une étude publiée au printemps par le KSE Institute, 22 unités disposaient déjà de sous-unités spécialisées en la matière. Le ministère ukrainien de la Défense a recensé de son côté plus de 100 000 missions réalisées par des robots terrestres au cours des huit premiers mois de l'année, très majoritairement des missions de ravitaillement et des évacuations.

Cette progression reste sans commune mesure avec celle des drones aériens, désormais omniprésents sur le front. Mais plusieurs commandants ukrainiens veulent accélérer l'usage de ces engins terrestres. Dans une interview accordée en septembre à Reuters, le chef du 3e corps, Andrii Biletskyi, présentait les UGV comme la prochaine grande étape de cette transformation et appelait les armées occidentales à ne pas reproduire, selon lui, le retard initial ukrainien dans l'adoption massive des drones.

L'opération Vivaldi ne signifie évidemment pas que les robots sont sur le point de remplacer l'infanterie. Les véhicules terrestres restent sensibles aux obstacles, au brouillage et aux ruptures de liaison, tandis que leur autonomie demeure limitée. Les gains obtenus autour de Lyman n'ont, par ailleurs, pas débouché sur une percée profonde. Dans son analyse, Robert G. Rose souligne que les forces russes ont pu reconstituer des positions plus à l'Est.

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L'intérêt de l'opération se trouve ailleurs. L'opération Vivaldi esquisse et met en valeur une nouvelle forme de combat interarmes dans laquelle les premières étapes de l'affrontement sont confiées aux machines : repérer et frapper les arrières, aveugler l'adversaire, ouvrir des passages, miner ses axes de renfort ou attaquer ses fortifications. L'infanterie intervient ensuite sur un terrain que drones et robots ont déjà contribué à façonner. Plus que les BTR chargés d'explosifs ou les robots largués par drones lourds pris isolément, c'est leur intégration dans une même manœuvre qui constitue l'évolution la plus significative de l'opération Vivaldi.

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