Alors qu’il affiche un objectif de 312 millions d’euros d’économies, l’exécutif régional lâche du lest sur l’administration. Le ministre du Budget Dirk De Smedt a renoncé au plafonnement des barèmes, laissant un trou de 9 millions d’euros qu’il faudra compenser. ...
Le gouvernement bruxellois l'a martelé haut et fort au sortir de son conclave budgétaire : il entend réaliser 312 millions d'euros d'économies sur l'ensemble de la législature. Mais sous la peinture fraîche de la rigueur affichée, de premières fissures apparaissent déjà.
Sur ce total, quelque 75 millions doivent être dégagés au sein d'une administration régionale censée être mise à la diète. Pour concrétiser cette ambition élevée — qui doit être atteinte sans aucun licenciement sec —, Dirk De Smedt (Anders) devra pourtant se passer d'un levier majeur. Le ministre du Budget et de la Fonction publique a reculé sur l'une des mesures phares annoncé dans son accord de gouvernement : le plafonnement des barèmes des fonctionnaires.
"Afin de garantir l'attractivité de la fonction publique et malgré les contraintes budgétaires, nous avons réussi à préserver les barèmes des agents", confirme une source socialiste.
Le budget bruxellois tient-il vraiment debout?45 échelles d'anciennetéLe gouvernement bruxellois s'était en effet entendu, en février lors de ses accords de la Saint-Valentin, sur une limitation barémique à 29 ans d'ancienneté maximum et une révision des barèmes supérieurs. Mais cette limite a été levée lors des arbitrages du week-end. Le système actuel, qui permet de grimper jusqu'à 45 échelles d'ancienneté, restera donc pleinement en vigueur.
L'économie attendue via ce gel devait pourtant limiter la hausse des plus hauts salaires et rapporter gros : 9 millions d'euros sur les exercices 2026 et 2027. Contacté par La Libre, le cabinet De Smedt confirme que ces montants devront être déduits des recettes de ces budgets. Ils devront donc impérativement être compensés. L'enjeu est loin d'être anecdotique : au total, ce ne sont pas moins de 18 millions d'euros qui s'envolent sur l'ensemble de la législature (selon le tableau budgétaire des accords de la Saint-Valentin.)
Les administrations bruxelloises dans le flou des décisions budgétaires: "On fait croire que ces gens sont des paresseux""Ne pas se mettre les agents à dos…""Dirk De Smedt avance à marche forcée sur ses réformes. Mais ayant fait carrière dans la fonction publique [notamment comme patron de Finance. brussels], il sait pertinemment qu'il ne peut pas restructurer l'administration en se mettant les agents à dos", glisse une source régionale. Depuis le début de l'année 2026, les administrations régionales auraient ainsi perdu 517 équivalents temps plein. Au sein du gouvernement, on cite le chiffre de 1 800 postes d'ici à la fin de la législature.
Du côté des partenaires du libéral francophone, on avertit toutefois : "Il a estimé que le rendement de la mesure était faible face au risque d'une grogne sociale majeure, ajoute une source libérale. Mais nous attendons désormais qu'il formule des propositions concrètes pour compenser ces 9 millions. Sinon, cela ne passera pas."
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