C’est un superbe écrin pour ses vins que la cave Alma Cersius inaugure ce vendredi 16 octobre à Cers. Après dix-huit mois de travaux, ce nouvel outil à la fois technique et commercial devrait permettre à la cave...
C’est un superbe écrin pour ses vins que la cave Alma Cersius inaugure ce vendredi 16 octobre à Cers. Après dix-huit mois de travaux, ce nouvel outil à la fois technique et commercial devrait permettre à la cave coopérative créée voici près de 90 ans, et qui rayonne dans le monde entier, de basculer "dans une autre dimension", selon les mots utilisés par son président, Marc Robert. Visite.
Tout à la fois. Vaisseau haut de gamme. Outil de production moderne et optimisé. Écrin quatre étoiles pour dégustations privilégiées. Élégante carte de visite. La nouvelle cave coopérative Alma Cersius, sortie de terre en 18 mois à l’entrée de Cers, impressionne par la qualité de ses finitions déployées sur 8 200 m2 de bâtiments. Il faut dire qu’il s’agit d’une réalisation des architectes biterrois Marty (ils ont notamment conçu les nouvelles halles de Béziers). Et "ils ont eu carte blanche", souligne Marc Robert, le président de la cave. À quelques jours de l’inauguration officielle, les derniers aménagements du somptueux caveau sont en cours.
Les bouteilles ont commencé à prendre place.
Mélissa Alcoléa / Midi Libre
Les ouvriers s’affairent sur la mezzanine, les employés mettent en place les bouteilles sur les étagères en bois. Au plafond, des suspensions monumentales conjuguent allure et acoustique. Alors que du sol, s’élèvent d’immenses mégalithes, colonnes faites d’un unique bloc de granit de Sidobre (Tarn), symbolisant le terroir, du sous-sol à la feuille… explique encore le président.
"Cette année, on est sur une production de 125 000 hectolitres"Côté administration, les bureaux ont été investis pendant les vendanges. Tout comme la partie technique qui a commencé à fonctionner au même moment. "Cette année, on est sur une production de 125 000 hectolitres" qui peuvent être gérés grâce à la nouvelle capacité offerte par ce second site sur la commune de Cers. Le premier, dans le village, reste dédié à la vinification. Mais ensuite, les nectars sont transférés dans les nouveaux équipements. "116 cuves entrées par le toit", précise Marc Robert, fier de montrer, enfin, cette construction, fruit d’un projet né en 2019.
116 cuves ont été installées.
Mélissa Alcoléa / Midi Libre
"En centre-ville, nous étions à l’étroit." Le ballet des camions, notamment pour assurer la mise en bouteille, était contraignant. Le projet est né, irrigué par l’idée d’installer une véritable chaîne de mise en bouteilles au sein de la cave. Le terrain est repéré par le maire de l’époque, Didier Bresson. "Mais il a fallu passer par les fourches caudines de l’administration", résume Marc Robert pour évoquer les embûches et le retard pris. Soutenu par les élus locaux, Alma Cersius acquiert les 5 hectares nécessaires (elle en revendra une partie à l’Agglo pour l’aménagement des voies d’accès) et finit par obtenir le permis de construire soumis à l’intégration de deux bassins de rétention et d’un autre espace de récupération des eaux sur le toit.
10 millions de bouteilles par an"Le défi était de faire du 3 en 1". Avec d’abord la partie process incluant les assemblages, le stockage et la chaîne de mise en bouteilles, laquelle a été déléguée à un prestataire à demeure : "Ils ont 1 200 m2 dédiés et peuvent faire 8 000 bouteilles à l’heure. On a signé un contrat de 10 millions de bouteilles par an pendant 10 ans", précise le responsable. S’ajoutent les parties administration (avec de spacieuses salles de réunion autour d’un patio intérieur) et commerciale.
"Les caveaux, on en avait déjà quatre mais ce n’est pas possible de ne pas faire de caveau. Aujourd’hui, on est sur 2 millions d’euros de chiffre d’affaires avec les quatre structures, on espère pouvoir doubler ce chiffre." La fameuse mezzanine a été pensée pour le développement d’une activité œnotouristique et l’accueil de séminaires d’entreprises. "On a déjà 5 ou 6 sociétés qui nous ont sollicités…"
La nouvelle cave a entraîné la création de quatre emplois, dont un lié à la mise en place d’un petit laboratoire œnologique. Ce qui porte l’équipe d’Alma Cersius à une cinquantaine de salariés, dont 35 personnes, œnologues et autres profils, travaillent sur place sous la houlette de son directeur général Gabriel Dietrich. Un vrai challenge puisque pas moins de 17 millions d’euros ont été investis, avec le soutien de France Agrimer, de l’Agglo, de la Région et des banques. "Mais le conseil d’administration était unanime, la mairie nous a trouvé les terrains… On va gagner sur le coût de la mise en bouteille, on espère gagner sur le caveau. C’est un pari sur l’avenir. Mais à tous les niveaux, on a des marges de développement."
"On a une carte à jouer, il faut y croire"Bien sûr, pour cette cave qui fédère quelque 180 vignerons sur divers terroirs de l’ouest Hérault (lire ci-dessous) et vend 80 % de sa production à l’export dans 40 pays différents, l’enjeu est aussi d’accroître encore sa capacité de production et son volume de bouteilles. "Bordeaux s’effondre avec son modèle, on a une carte à jouer, il faut y croire. On a déjà commencé à s’adapter au changement climatique, on a le réseau du Bas-Rhône. On travaille par exemple à une extension du goutte-à-goutte autour de Puimisson. On a aussi fait des progrès immenses sur la restructuration du vignoble. On est bon sur les trois couleurs. Et on a progressé sur le coût de production." Marc Robert aime parler de "rapport prix plaisir." "Et c’est pour ça qu’on prend des marchés."
Marc Robert peut observer la chaîne de mise en bouteilles depuis la salle de conférences.
Mélissa Alcoléa / Midi Libre
Alma Cersius affiche ainsi un palmarès de 234 médailles en 2025 et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, "en légère progression malgré le marasme." La philosophie de la cave, au-delà de la qualité reconnue par les nombreuses distinctions, c’est aussi d’aller plus loin : "Il faut que le vin amène des instants à part. Le vin, on a envie qu’il amène une émotion. Ça passe aussi par l’étiquette et le packaging. Et si en entrant dans le caveau, on ressent une émotion, avant même de voir la bouteille ou de goûter son vin, c’est déjà gagné."
Le caveau a été conçu, comme l’ensemble de la cave, par les architectes biterrois Marty.
Mélissa Alcoléa / Midi Libre
Fondée en 1937, la cave coopérative de Cers a fusionné en 1995 avec celle de Portiragnes, puis en 2008 avec Villeneuve-lès-Béziers, 2023 avec celle de Puimisson et 2024 avec Hérépian qui a apporté des vignes situées à 450 mètres d’altitude. Le tout offrant des possibilités d’assemblages variés. Alma Cersius représente aujourd’hui 180 vignerons et 1 800 hectares de vignes, entièrement classifiés en IGP Pays d’Oc, Coteaux de Béziers, Haute Vallée de l’Orb et Côtes de Thongue. Elle produit autour de 75 000 hectolitres pour 10 millions de bouteilles et encore 30 000 hectolitres de vrac. En 20 ans, notamment grâce au développement de la mise en bouteilles, elle est passée de sept à une cinquantaine d’employés.
L’inauguration de la cave est prévue vendredi 16 octobre à 19 h, avec au programme des dégustations évidemment (sur le schéma d’un verre acheté pour trois dégustations), des food-trucks et autres animations. Le primeur blanc et le primeur rouge y seront servis. Un rendez-vous ouvert à tous. Le caveau ouvrira ses portes au public dès le lendemain, samedi 17 octobre, au matin.