La résidence La Goulfie à Agen est confrontée depuis trois ans à une invasion de punaises de lit, affectant particulièrement ses résidents en situation de handicap psychique. Malgré des traitements réguliers, la...
La résidence La Goulfie à Agen est confrontée depuis trois ans à une invasion de punaises de lit, affectant particulièrement ses résidents en situation de handicap psychique. Malgré des traitements réguliers, la situation persiste, entraînant isolement et anxiété. Les protocoles de désinfestation sont stricts et coûteux, rendant la lutte difficile.
La résidence La Goulfie, à Agen, accueille depuis trois ans des colocataires dont elle se serait bien passée. Mère d'un habitant, Isabelle* déplore l'invasion de punaises de lit dans les logements. Et elle n'est pas la seule.
"Mon fils et les autres résidents restent cloîtrés dans leurs appartements, par peur de la prolifération", soupire-t-elle. Car une fois installées, les punaises de lit sont redoutables à éliminer. Ces nuisibles sont transportés dans les sacs, sur les vêtements, lors de déplacements... et se multiplient rapidement. Ils apprécient les endroits sombres, confinés, étroits. De préférence difficiles d'accès.
Les dégâts des punaises de lit ne se limitent pas à la chambre à coucher. En se dissimulant dans les plinthes, elle engendrent de vraies saletés.
Photo fournie
"C'est un souci récurrent", reprend Isabelle. "Malgré des traitements réguliers, et les passages de la société de nettoyage, nous sommes toujours infectés."
L'association Amicale, qui propose des sorties et des activités aux résidents de La Goulfie, tout en les accompagnant dans leur quotidien, développe : "Ils ne sont pas confinés chez eux, mais pour éviter la transmission des punaises, il leur est fortement déconseillé d'aller les uns chez les autres. Aussi, nous avons dû restreindre les activités, les sorties, ainsi que suspendre tous les séjours avec les résidents depuis trois ans."
Protocoles extrêmement strictsOr, la résidence La Goulfie abrite des personnes en situation de handicap psychique, dont le fils d'Isabelle. Des personnes ayant besoin de repères, d'une routine, d'un cadre bien défini. "Une population très fragile, vulnérable", déclare Sarah*, membre de l'Amicale. "Au quotidien, tous doivent suivre un traitement spécifique... Cette situation est déjà pénible à vivre pour une population "classique", mais là... Certains souffrent d'un isolement profond à cause de ça. Mais si les punaises de lit étaient faciles à éradiquer, le problème serait réglé depuis longtemps."
Pour Isabelle, la prolifération des punaises rend le contexte anxiogène. Afin de désinfester l'appartement de son fils, elle a fait appel à une société qui lui a facturé 540 euros, sans compter l'investissement dans trois literies complètes.
Une autre société locale de dératisation, spécialisée dans les punaises de lit, en charge du traitement à La Goulfie, confirme l'existence de protocoles extrêmement stricts à respecter, ce qui complique encore les choses. De son côté, Jean Bizet, directeur d'Agen Habitat, bailleur social de la résidence, déclare que ses équipes font "le nécessaire depuis plus d'un an avec le prestataire".
Pour éviter la prolifération de ces insectes, il est préconisé de passer régulièrement l'aspirateur, de ne pas encombrer le logement avec des objets inutiles, afin de réduire le nombre d'endroits où les punaises de lit peuvent se cacher. Il est aussi fortement conseillé de boucher les fissures, joindre les plinthes, recoller les revêtements, laver le linge infesté à plus de 60 °C. Ils doivent ensuite être conservés dans des sacs plastique jusqu'à la fin de l'infestation.