Pour la sortie du film « Englouti » de Brian Duffield avec Austin Abrams et Josh Brolin, « Le HuffPost » a posé cette question existentielle au chercheur du CNRS Jérôme Spitz.
Pour la sortie du film « Englouti » de Brian Duffield avec Austin Abrams et Josh Brolin, « Le HuffPost » a posé cette question existentielle au chercheur du CNRS Jérôme Spitz.
Par Maxime Birken et Albane Guichard
EN BREF
• Le film « Englouti » de Brian Duffield, adapté de « Whalefall », suit un plongeur avalé vivant par un cachalot.
• Le HuffPost a interrogé Jérôme Spitz (CNRS) sur la probabilité d’un tel évènement.
• Austin Abrams et Josh Brolin se donnent la réplique dans ce thriller survivaliste haletant.
L’IA au HuffPost.
Hollywood aime piocher dans le monde animal pour renouveler ses monstres de cinéma. Preuve en est avec la sortie ce mercredi 14 octobre du film Englouti avec Austin Abrams et Josh Brolin dans les rôles principaux.
Adapté du roman de 2023 Whalefall de Daniel Kraus, le film raconte la quête de Jay, jeune homme à la recherche de la dépouille de son père au fond de l’océan. Malheureusement, le pauvre plongeur endeuillé est avalé vivant par un cachalot. Ne disposant que d’une petite heure d’oxygène, il va tenter par tous les moyens de ressortir vivant de l’animal.
Avec un tel synopsis, il était impossible de ne pas chercher à questionner la faisabilité d’un tel scénario. D’autant que les histoires confrontant l’homme à un grand cétacé ne datent pas d’hier (coucou Moby Dick)… Pour en avoir le cœur net et enfin savoir si une telle interaction est possible, Le HuffPost a interrogé Jérôme Spitz, co-directeur de l’Observatoire Pelagis et chercheur du CNRS au Centre d’études biologiques de Chizé.
Spécialiste de ce paisible géant des mers, il décrypte les images de la bande-annonce de ce film qui risque d’égratigner un nouvel animal marin passé à la moulinette hollywoodienne. N’est-ce pas Steven Spielberg ?
Un scénario « très peu probable »Si Jérôme Spitz n’a pas eu l’occasion de voir Englouti avant sa sortie, nous oui. Et il faut reconnaître que ce film de survie est particulièrement réussi. Et ce, même si certains ressorts utilisés dans le scénario ne collent pas vraiment avec la réalité décrite par le chercheur du CNRS.
Il reconnaît que « techniquement » un humain pourrait être avalé vivant par cet animal, bien qu’aucun cas n’a été documenté avec un cachalot. Mais « d’un point de vue écologique, c’est très très peu probable », tranche l’expert sur la tragique situation qu’Austin Abrams.
Nous, on pardonne un peu plus facilement les quelques prises de liberté du film avec la réalité, car la promesse claustrophobique d’Englouti est, elle, tenue. On y suffoque au même rythme que le personnage de Jay durant ce périple dans les différents parties du cachalot : d’abord dans sa gueule, puis dans ses estomacs, où un simple oubli de gant se transforme en erreur fatale. D’ailleurs, certains éléments évoqués avec Jérôme Spitz sont bel et bien visibles dans le film : comme les déchets humains ingurgités par l’animal ou la présence d’une zone très acide dans l’un de ses estomacs.
Immersion totaleLe récit, lui, est ponctué de souvenirs de Jay avec son père, incarné par un Josh Brolin peu commode (pour ne pas dire complètement toxique) avec son fils. Cette partie du film est encore plus clichée que l’hypothèse d’être avalé vivant par un cachalot. Mais c’est très vite oublié quand le réel ressurgit : car les minutes filent et l’oxygène s’amenuise dans cet environnement hostile où Jay doit s’appuyer sur les leçons de son paternel pour s’en sortir.
Ainsi, une méduse se transforme en lampe torche capricieuse lors d’une tentative d’évasion et un bec de céphalopode, d’abord source d’horreur, devient compagnon d’infortune du protagoniste. Il le surnomme même « P’tit Bec », et là, on pense évidemment au fameux Wilson de Tom Hanks dans un autre film de survie : Seul au Monde.
Dans le film, si l’immersion est aussi réussie, c’est en grande partie dû à la construction d’une véritable animatronique de cachalot. L’économie d’effets spéciaux, couplée à des effets pratiques réalistes une fois à l’intérieur de l’animal, aide beaucoup à rendre ce piège cauchemardesque crédible. Le reste du mérite revient à son comédien principal, Austin Abrams, que l’on proclame sans discussion possible meilleur « scream King » du cinéma américain. L’enchaînement Weapons, Resident Evil, Englouti parle pour lui. Même s’il est peut-être temps que Hollywood laisse sa nouvelle coqueluche souffler un bon coup, de préférence loin d’un océan.