Un homme de 21 ans a été condamné à un an de prison à effectuer sous bracelet électronique par le tribunal correctionnel de Béziers, ce lundi 12 octobre, après avoir été arrêté avec près de 37 000 € de stupéfiant dans...
Un homme de 21 ans a été condamné à un an de prison à effectuer sous bracelet électronique par le tribunal correctionnel de Béziers, ce lundi 12 octobre, après avoir été arrêté avec près de 37 000 € de stupéfiant dans une voiture qu’il conduisait, à Sérignan. Un début dans le narcotrafic étonnant pour un jeune semi-professionnel de BMX et primo-délinquant, passé à tabac par ses donneurs d’ordre, dans le quartier de La Paillade, à Montpellier.
Du FISE de Montpellier au box des prévenus du tribunal correctionnel de Béziers. Ce lundi 12 octobre, la trajectoire de ce primo-délinquant a détonné, lors de son audience de comparution immédiate. Devant ses parents, ce jeune de 21 ans, semi-professionnel de BMX et au casier judiciaire vierge, a tenté d’expliquer dans quel engrenage il a mis le doigt, sans réussir à en sortir. Et qui l’a conduit à être interpellé mercredi 7 octobre, à Sérignan, avec une grande quantité de stupéfiants. "Quelqu’un m’a ajouté sur Snapchat, en me disant que si je faisais telle chose, je prenais tant, a-t-il expliqué. Mais au final, moi aussi, je me demande ce que je fais là."
S’il se retrouve au palais de justice biterrois c’est que, le 7 octobre dernier, des militaires du Psig de la compagnie de gendarmerie de Béziers repèrent un véhicule circulant à vive allure et qui leur refuse la priorité. Après être parvenus à le rattraper, les gendarmes interpellent le prévenu de 21 ans ainsi qu’un mineur de 16 ans. À l’intérieur de la voiture, un grand nombre de cartons à peine dissimulés avec de nombreux sachets de conditionnement sont retrouvés, ou encore près de 800 € en liquide et des flyers d’offre de stupéfiants. Et, surtout, de la drogue pour 37 000 € de valeur, de tous les types possibles et imaginables.
"J’ai voulu arrêter et ils sont venus me chercher alors que je faisais un futsal, ils m’ont emmené à La Paillade à Montpellier"Des faits intégralement reconnus par le prévenu qui a expliqué avoir commencé des missions de livraison en septembre pour 1 200 € par semaine. "J’ai voulu arrêter et ils sont venus me chercher alors que je faisais un futsal, ils m’ont emmené à La Paillade à Montpellier. Là-bas, ils m’ont menacé de me couper le doigt, a-t-il relaté, l’œil encore tuméfié par le passage à tabac. Moi j’avais pas envie, je leur ai envoyé un faux contrat pour montrer que j’avais du travail, ils m’ont dit : "C’est pas grave, tu travailleras de 20 h à minuit"." "Quand on met un pied dans ce monde, on n’en sort pas comme on veut", lui a répondu la présidente du tribunal.
Après son enlèvement à Montpellier, les donneurs d’ordre lui fournissent un téléphone pour récupérer une voiture à Sérignan, qu’il devait conduire à Béziers, route de Bessan, avant que ce Montpelliérain d’origine ne soit interpellé. "Pour moi, on parle de quantités astronomiques de drogue, a dénoncé la représentante du ministère public. Il y avait tout le panel d’un trafic de stupéfiant particulièrement lucratif avec 37 000 € de valeur marchande. Oui vous avez été contraint à faire tout ça mais vous aviez tout le loisir de contacter les forces de l’ordre pour les aviser. D’autant que vous avez encore des stigmates de cette agression. Même si je sais que cette quantité saisie va entraîner un risque de représailles, au vu de la masse d’individus présents lors de son déferrement."
Une peine lourde de deux ans de prison avec maintien en détention a ensuite été requise, ce qui a provoqué l’effondrement en larmes de la maman du jeune homme, qui a déjà participé en tant qu’amateur au célèbre FISE de Montpellier.
"On parle d’un tout petit maillon de la chaîne"Des réquisitions qui ont étonné l’avocat de la défense, Me Marc Gallix. "Je n’attendais pas une peine demandée aussi lourde face à quelqu’un qui n’a jamais été condamné, a-t-il plaidé. Il faut laisser sa chance à un garçon qui a clairement agi sous la contrainte. Et comme vous l’avez dit madame la présidente, et je le répète avec les classes d’élèves présentes aujourd’hui dans la salle d’audience : à partir du moment où vous mettez un doigt dans l’engrenage, c’est extrêmement dur d’en ressortir. Pour autant, mon client a coopéré, sans donner le nom de ses donneurs d’ordre, je le précise. On parle d’un tout petit maillon de la chaîne. Deux ans de prison, ce serait une catastrophe pour lui et ses proches… Je vous supplie de faire preuve de bienveillance."
Ce qu’a accepté de faire le tribunal de Béziers en condamnant son client à un an de prison ferme, à effectuer à domicile avec un bracelet électronique. Ce ne sera pas à Sérignan où il vivait, puisqu’il a été interdit d’y séjourner pendant trois ans, tout comme Béziers.