Alain Delon n’a jamais caché ses convictions politiques. Pourtant, certains de ses choix ont parfois surpris, même dans son propre camp.
Un monstre sacré du cinéma, un caractère bien trempé et des convictions politiques qui n’ont jamais laissé indifférent. Alain Delon n’était pas seulement une légende du septième art. L’acteur, disparu le 18 août 2024 à 88 ans, entretenait également un rapport très particulier avec la politique française. Admirateur du général de Gaulle, proche de Jean-Marie Le Pen, mais aussi capable de soutenir une personnalité de gauche, il a longtemps brouillé les pistes. Ce vendredi 9 octobre, France 3 diffuse à 21h10 le documentaire Le clan Delon, l’impossible héritage, consacré à la famille et à l’héritage de l’acteur. L’occasion de revenir sur une autre facette de sa personnalité : ses engagements et ses amitiés politiques.
Alain Delon et Jean-Marie Le Pen : les origines d'une relation qui fera beaucoup parlerDans un article publié le 18 août 2024, Libération retraçait justement le parcours de cet homme qui revendiquait son appartenance à la droite, sans jamais accepter toutes les étiquettes qu’on lui attribuait. L’histoire politique d’Alain Delon commence notamment avec son engagement dans la Marine à 18 ans. Envoyé en Indochine, il revient profondément marqué par cette expérience, avec un fort attachement au drapeau français et des convictions anticommunistes.
C’est également durant cette période qu’il aurait croisé Jean-Marie Le Pen, de sept ans son aîné. Une rencontre qui débouchera sur une longue amitié, même si les deux hommes ne commenceront à s’afficher publiquement ensemble que plusieurs décennies plus tard.
Les déclarations d'Alain Delon sur Jean-Marie Le Pen qui avaient provoqué un tolléDans les années 1970 et 1980, Alain Delon soutient surtout la droite traditionnelle. Il appelle notamment à voter pour Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et en 1981, face à François Mitterrand. Mais en 1984, ses confidences à Paris Match provoquent une vive polémique. À propos de Jean-Marie Le Pen, il déclare : “C’est un ami. Il est dangereux pour la faune politique parce qu’il est le seul à être sincère.”
Deux ans plus tard, l’acteur invite même le fondateur du Front national à sa cérémonie de remise de l’ordre des Arts et des Lettres. En 1987, Alain Delon confirme publiquement son amitié avec Jean-Marie Le Pen sur Antenne 2. “L’extrême droite, c’est quand même la droite”, affirme-t-il, avant de préciser avoir des points d’accord et de divergence avec lui.
"Je suis de droite, point" : l’acteur refusait l’étiquette d’extrême droitePourtant, l’acteur n’appellera jamais ouvertement à voter pour Jean-Marie Le Pen ou sa fille Marine à une élection présidentielle. Cela ne l’empêche pas d’approuver publiquement, en 2013, la progression du Front national. Une déclaration qui ravit Jean-Marie Le Pen, mais qui confirme aussi les ambiguïtés de son positionnement. En 2019, avant de recevoir une Palme d’honneur au Festival de Cannes, Alain Delon décide de clarifier les choses.
“J’ai toujours été gaulliste”, affirme-t-il, expliquant se rendre chaque 18 juin à Colombey-les-Deux-Églises. Il rejette alors l’étiquette d’extrême droite : “Non, je suis de droite, point.” À sa disparition, Marine Le Pen saluera “une petite partie de la France que l’on aime”, alors même que Delon lui reprochait d’avoir écarté son père du parti.