S'il avait été élu président de la République, Hugues Aufray aurait financé les accordéonistes de rue pour en faire un véritable métier.
Hugues Aufray président de la République ? Le chanteur avait en tout cas une mesure toute trouvée pour son premier jour à l'Élysée. Invité d'un podcast de Ouest-France en 2020, comme le souligne Télé-Loisirs, l'interprète de Santiano, alors âgé de 91 ans, expliquait qu'il verserait une subvention aux accordéonistes pauvres pour qu'ils jouent dans la rue, et qu'il ferait même de cette activité un métier à part entière. Six ans plus tard, celui qui a soufflé ses 97 bougies le 18 août dernier n'a jamais brigué la présidence, mais il n'a pas raccroché la guitare pour autant.
Président Hugues Aufray, une subvention pour les accordéonistes de rueTout part de son répertoire. Au micro de nos confrères, dans ce
podcast intitulé Hugues Aufray tient bon la barre, l'artiste
revendiquait de chanter "les délaissés, les paumés, les
exploités", ces figures d'un folklore qui le passionne.
"C'est du folklore ! [...] C'est des aveugles, des gens qui
jouaient autrefois sur les trottoirs de l'accordéon",
détaillait-il alors.
De là à imaginer une mesure d'État, il n'y avait qu'un pas, que le
chanteur a franchi. "Moi, si j'étais Président de la
République, je subventionnerais des gens pauvres qui jouent de
l'accordéon, mais bien hein !", lançait-il à
Ouest-France.
Pas question, pour autant, de s'arrêter à un simple coup de pouce financier, puisqu'il réclamait aussi un vrai statut pour ces musiciens du bitume : "Pour qu'ils jouent dans la rue et qu'ils soient reconnus comme joueurs de rue. Que ce soit un métier : accordéoniste de rue". À l'époque, Hugues Aufray remettait en avant son album Autoportrait, paru en juillet 2020, soit 56 ans après son tube Dès que le printemps revient. Ce dernier lui avait d'ailleurs permis de représenter le Luxembourg à l'Eurovision en 1964.
Pas un mot d'anglais, mais des tubes venus d’ailleursCe même podcast levait aussi le voile sur sa drôle de méthode de travail. Santiano ? Une adaptation du chant marin Santy Anno. Stewball ? Une ballade anglo-saxonne dénichée dans un cabaret de New York. Car le chanteur préfère revisiter les morceaux des autres plutôt que d'écrire les siens. "Les gens peuvent se dire que c'est de la paresse mentale mais ça ne m'intéresse pas d'écrire des chansons, moi", confiait-il à Ouest-France. Sa démarche répond pourtant à une contrainte bien concrète, puisqu'il ne parle "pas un mot d'anglais". "Comment vous pouvez écouter des chansons et les aimer sans comprendre ce qu'il y a dedans ? Il faut bien les traduire", justifiait-il.
Ce goût pour la traduction l'a aussi conduit à adapter en français plusieurs titres de Bob Dylan. Même son nom de scène doit quelque chose au hasard : né Hugues Auffray, il a perdu un f sur l'affiche d'un de ses premiers spectacles, puis a choisi de garder cette nouvelle orthographe. Six ans après ce podcast, le chanteur reste d'ailleurs sur le devant de la scène. En avril dernier, il démentait lui-même dans une vidéo publiée sur Facebook les rumeurs de sa mort, lancées par des escrocs en ligne, et rassurait ses fans : "Je vous préviens, je suis en parfaite santé", affirmait-il, selon Paris Match Belgique. Le magazine rapportait d’ailleurs en juillet qu'il se réjouit d'être considéré comme "le plus vieux chanteur en activité au monde", un titre que son plus grand fan tente de faire certifier auprès du Guinness World Records.
À propos de l’auteur
Ses derniers articles