Mistral AI a présenté son nouveau modèle, Mistral Large 4 baptisé "le Chonk." Avec plus de mille milliards de paramètres, ce nouveau modèle massif ambitionne de montrer que Mistral AI reste dans la course face à la concurrence.
Mistral AI a présenté son nouveau modèle, Mistral Large 4 baptisé "le Chonk." Avec plus de mille milliards de paramètres, ce nouveau modèle massif ambitionne de montrer que Mistral AI reste dans la course face à la concurrence.
Mille milliards de paramètres : le nouveau modèle de Mistral AI souhaite mettre en avant ses gros chiffres pour se distinguer.
Sur ce total, le modèle affiche 49 milliards de paramètres actifs, et 1,6 milliards de paramètres dédiés à la reconnaissance visuelle.
Le nouveau modèle entend se distinguer sur plusieurs tâches jugées stratégiques pour les performances des modèles de langage.
Les premières évaluations indépendantes valident le positionnement du modèle français face aux solutions concurrentes sur des tâches analytiques complexes.

Pour illustrer ses compétences en matière de cybersécurité, la société met en avant les performances du modèle sur des bancs d'essai demandant aux modèles de résoudre des épreuves de compétition de type "capture the flag" ou de trier des logiciels malveillants.
« Ces capacités de cyberdéfense permettront aux entreprises et aux gouvernements de se défendre contre les acteurs malveillants qui piratent les modèles fermés pour mener des cyberattaques », indique Guillaume Lample, le responsable scientifique de Mistral AI.
Le modèle entend aussi se distinguer sur ses capacités de reconnaissance visuelle, un autre domaine où les modèles d'intelligence artificielle sont attendus. Enfin, Mistral Ai met en avant les capacités de son nouveau modèle en matière de recherche documentaire. "Parmi les modèles à poids ouverts, Le Chonk est à l'état de l'art sur les tâches de cybersécurité, sur les tâches liées à la production industrielle et à la finance, ainsi que sur l'usage multimodal" assure la société.
Le modèle a été entraîné pendant 2 mois au sein des centre de données de Mistral AI, sur 4000 puces Grace Blackwell de Nvidia. À titre de comparaison, OpenAI a mobilisé environ 100 000 GPU pour l'entraînement de ses derniers modèles. Mistral compense ce déséquilibre par des méthodes d'apprentissage optimisées.
Un aperçu avant le coup d'envoiDans un premier temps, le modèle est uniquement disponible en préversion au travers d'une API. Mistral AI explique que lors de cette période de test, Mistral large 4 sera mis à la disposition de partenaires chargés de tester et d'éprouver le modèle dans des versions aux restrictions allégées et offrant des possibilités plus larges en matière de cybersécurité.
La version en poids open source est attendue pour le 27 octobre, au terme de cette période de test. Les utilisateurs pourront alors choisir de faire fonctionner le modèle sur site ou dans un cloud privé, et de l'affiner avec des outils dédiés.
Nul doute que Mistral AI voit dans les récents évènements de sécurité qui touchent le monde de l'IA une opportunité. Les solutions propriétaires d'Anthropic ou d'OpenAI, capables de restreindre l'accès à leurs API de manière unilatérale, poussent en effet les entreprises à reconsidérer la résilience de leur cyberdéfense. En adoptant pour certains donc le modèle on-premise ou cloud privé.
Mistral AI veut rester dans la cour des grandsLa publication de ce modèle intervient un peu moins d'un an après la dernière version du modèle Mistral Large 3, présentée en décembre 2025. Face à la concurrence internationale, qui présente de nouveaux modèles à un rythme soutenu, Mistral AI est donc un peu à la traîne. Le fait est que la société ne dispose pas des capacités de calcul de certains grands acteurs américains, qui ont des ressources financières et techniques bien plus considérables.
Alors que l'industrie américaine accuse certains laboratoires chinois de distiller ou copier les données des modèles occidentaux, Mistral dit ne s'inspirer d'aucune technologie concurrente.
La startup française est aujourd'hui en pointe en matière de technologies d'intelligence artificielle en Europe. Ce positionnement lui a permis de lever un peu plus de 3 milliards d'euros au début du mois de septembre, pour une valorisation de 21 milliards. Mais ses besoins importants en capitaux nourrissent également des inquiétudes à l'égard de son positionnement sur la souveraineté.
La société a ainsi ouvert son capital au coréen Samsung ou a annoncé des partenariats avec Microsoft. La société pourrait également être tentée par une introduction en bourse pour financer son développement et sa croissance, bien que pour l'instant ses dirigeants n'aient pas encore évoqué cette idée.